Les 12 conséquences d'une faillite de la Grèce

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La banque nationale du Canada, repris sur le blog du journaliste canadien Richard Dufour, a résumé en 12 points le scénario d'une faillite de la Grèce.

Une partie de la nervosité observée sur les marchés semble être liée à la participation du secteur privé à l?opération d?échange d?obligations de la Grèce dont les détails doivent être révélés plus tard cette semaine. Ceux qui sous-estiment le mélange explosif que forment les coûts de sauvetage accrus et le ressac géopolitique qui suivrait une défaillance désordonnée de la Grèce et sa sortie de la zone euro le font à leurs risques et périls. C?est l?avis de l?analyste géopolitique Pierre Fournier, de la Banque Nationale, qui énumère aujourd?hui par ordre chronologique les 12 conséquences d?une faillite de la Grèce et de son exclusion de la zone euro, repris sur le blog de Richard Dufour puis celui de Lupus.

1. Les créanciers de la Grèce seraient forcés d?accepter des décotes de 80 à 90%.

2. Les pays créditeurs seraient contraints d?honorer leurs garanties à l?égard du fonds de secours et de recapitaliser la BCE. Et cela, après avoir longtemps assuré à leurs populations que ce scénario ne se produirait jamais, ce qui attiserait l?hostilité grandissante à l?endroit des partis au pouvoir et des élites politiques de l?UE.

3. Les banques européennes seraient exposées à des niveaux encore plus élevés de pertes des secteurs public et privé. Après être venues au secours de pays lourdement endettés, elles seraient forcées de secourir des banquiers impopulaires sur le plan politique.

4. L?attention des marchés se tournerait immédiatement vers le prochain maillon faible: le Portugal. Redoutant un défaut de paiement, les investisseurs se mettraient à vendre massivement leurs titres de créance portugais.

5. Les contrôles des mouvements des capitaux mis en place par la Grèce après sa faillite et sa sortie de la zone euro seraient vus par les Portugais et par d?autres comme un signal impérieux de retirer leur argent de leurs banques tant qu?ils le peuvent encore. Cette panique serait accentuée par la vue de voitures et de bateaux que l?on fouille dans les ports et aux frontières pour empêcher les Grecs de fuir le pays en emportant des euros.

6. Pour limiter la contagion, l?UE serait forcée d?échafauder un deuxième plan de sauvetage, cette fois pour le Portugal.

7. Le fonds de secours ou la BCE, voire les deux, seraient contraints d?acheter des obligations espagnoles et italiennes en grande quantité pour empêcher leurs taux de monter en flèche. Fortement exposée au Portugal, l?Espagne en souffrirait particulièrement.

8. L?effondrement de la Grèce, le ralentissement économique au sein de l?UE et les pressions du public sur la scène intérieure conduiraient les gouvernements de l?Irlande et du Portugal à exercer plus de pression en faveur de la radiation partielle de dettes. Cela irait à l?encontre des promesses faites par l?Allemagne, la France et d?autres pays que l?annulation partielle des dettes accordée à la Grèce serait un cas unique.

9. Même en faillite, la Grèce aurait encore besoin d?une aide financière importante, car la drachme ne serait pas immédiatement acceptée comme moyen de paiement hors du pays. La Grèce aurait donc besoin de l?aide de l?UE ou du Fonds monétaire international (FMI) pour régler ses importations d?aliments, de médicaments et d?énergie, ainsi que pour recapitaliser son système bancaire. Les citoyens des pays créditeurs seraient encore plus en colère lorsqu?ils constateraient que leurs impôts continuent d?être envoyés à la Grèce même après sa faillite.

10. L?appel à des fonds supplémentaires pour calmer les marchés coïnciderait avec des niveaux record d?opposition à de nouveaux sauvetages dans les pays créditeurs. Déjà supérieure à 60% en Allemagne et aux Pays-Bas, par exemple, l?opposition aux sauvetages grimperait à plus de 80% après l?effondrement de la Grèce. Puisque tout le temps et l?argent investis pour sauver ce pays l?auraient été en vain, bien peu de gens seraient favorables à ce que l?on recommence tout le processus pour le Portugal et pour d?autres.

11. Les appuis à d?anciens partis marginaux anti-UE, à l?extrême gauche ou à l?extrême droite, augmenteraient fortement, ce qui entraînerait l?éclatement des coalitions gouvernementales en Finlande et aux Pays-Bas.

12. L?effondrement de la Grèce et la détérioration de la conjoncture en Europe conduiraient l?Italie, l?Espagne et même la France à mettre ouvertement en doute la sagesse de l?approche d?austérité défendue par l?Allemagne. Ces pays feraient probablement ensemble pression sur l?Allemagne afin qu?elle assouplisse sa politique consistant à consentir de l?aide en échange de mesures d?austérité sévères. Il deviendrait d?autant plus difficile pour les pays de l?UE de trouver un terrain d?entente.

Plus d'information sur le "blog de la bourse" de Richard Dufour

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Commentaires
a écrit le 12/03/2012 à 20:04 :
Beaucoup d'économie-politique fiction dans cet article qui ne dégage aucune ligne forte. Or, on sait qu'il y a plus qu'un simple océan -tout un monde en réalité- entre les théories économiques et la réalité économique. Cela tient au fait que l'action des acteurs économiques est beaucoup plus imprévisible qu'on ne le laisse croire. Sinon, comment expliquer l'imprévision de la crise. En fait, les crises viennent d'une divergence fondamentale entre les visées des institutions et celles traduites par les comportements des citoyens. Elles ne sont que l'expression de rapports de force en présence sur les marchés. D'où l'émergence spectaculaire de prophéties à vocation autoréalisatrice visant à fabriquer de toutes pièces un scénario dans l'espoir qu'il se réalisera. Ne serait-ce pas le cas présentement ?
a écrit le 08/03/2012 à 11:37 :
Lisez cet article sur la dette Grec dans le FT. svp, avant de vous "décider" sur une oppinion definitive.

Greece?s private creditors are the lucky ones
...up paying for most of the losses deriving from Greece?s past, current and future insolvency. The writer is chairman of Roubini Global Economics and professor at the Stern School of Business, NYUBy Nouriel Roubini.



a écrit le 08/03/2012 à 11:16 :
Quand va-t-on enfin cesser cette gigantesque mascarade ?
a écrit le 08/03/2012 à 9:18 :
Aujourd'hui on va savoir si le maillon faible de l'Europe est mis en défaut . Si c'est le cas l'Europe a quelques soucis à se faire car les spéculateurs vont s'attaquer aux autres : Portugal , Espagne , Italie et bientôt la France . La BCE qui n'a pas le rôle qu'elle devrait avoir va solliciter les pays donc les contribuables . Et voilà c'est reparti pour un tour !
a écrit le 08/03/2012 à 8:39 :
Vous oubliez une hypothése ,la zone euro se repie sur quelques pays et laisse tomber les autres !!
a écrit le 08/03/2012 à 8:31 :
Conclusion : il faut continuer à laisser le trou s'agrandit !
a écrit le 08/03/2012 à 7:29 :
Le système financier a tellement été complexifié (à dessein pour nous enfumer) qu'il faut le ramener à la raison. Je me doute que ceux qui en profitent vont vouloir le faire perdurer, ils en ont effectivement les moyens et je les pense "jusquauboutistes". Le conflit sera alors inévitable, il s'appelle révolution.Il est faux de croire que nos sociétés policées, raisonnables sont devenues incapables de réaction. Les temps viendront.
a écrit le 08/03/2012 à 1:32 :
Les politiques d austérité conduisent à la révolution et de ce point de vue c est tant mieux . La cupidité , la voracité des banksters et la vénalité de la caste politique européenne à qq exceptions prêt aura conduit le capitalisme financier à sa perte : il y a une logique interne à l'oeuvre : baisse tendancielle du taux de profit du capital, suraccumulation des capitaux , accroissement de l'exploitation des travailleurs, baisse des recettes fiscales, augmentation du crédit privé et public, rétrécissement des débouchés , développement de la spéculation financière , crise monétaire, crise systémique et menace de faillite des banques et des états ! Bienvenue à la révolution socialiste !
Réponse de le 08/03/2012 à 8:14 :
Un marxiste sur le site de la Tribune, pas mal!!
a écrit le 07/03/2012 à 17:23 :
C'est assez juste dans les grandes lignes. Bon, par rapport au site quotidien.com, il a juste 3 ans de retard, mais bon ...
a écrit le 07/03/2012 à 14:01 :
Est-ce qu'un analyste géopolitique de la Banque Nationale du Canada peut et veut faire une analyse non biaisée de l'état des finances européennes? J'en doute fortement! Le système bancaire international dépend de la confiance de ses clients et ils feront tout pour la sauvegarder et c'est ce que le présent article tente de faire.

La preuve qu'il s'agit d'un article biaisé: il ne dit absolument rien sur l'alternative - la faillite de la Grèce - probablement parce que favorable aux grecs versus les créanciers -

Pour être crédible il faudrait un expert totalement indépendant et une analyse portant sur toutes les solutions alternatives.
a écrit le 07/03/2012 à 13:35 :
Quand on lit ce scénario, on a la nette impression d'une discussion de café : il ne repose sur aucune donnée réelle que des suppositions dont aucune n'est argumentée. "Avec des si, on mettrait Paris en bouteille". Mais il n'y a que les gens qui s'y connaissent et qui ont des données chiffrées qui sont capables de contruire, au moins, une maison à défaut d'un village.
Réponse de le 08/03/2012 à 18:00 :
l'homme qui marche ne peut diriger ses pas l'histoire l'a prouvees. j"espere que vous allez le publier merci
Réponse de le 12/03/2012 à 19:47 :
données chiffrées vous avez dit ? Genre bilans ENRON ou statistiques grecques ? Laissez-moi rire, si les chiffres économiques avaient quelque chose à voir avec autre chose que leur propre "réalité", on n'en serait pas là ! La comptabilité mondiale n'existe pas, d'ailleurs on n'en a pas besoin, dès l'instant où il y a consensus entre les majors, c'est ce consensus qui fait la "réalité".
a écrit le 07/03/2012 à 12:50 :
13. Les banques émettrices de CDS sur la Grèce, le Portugal, l'Irlande... vont devoir passer à la caisse !!!! Et j'ai comme l'impression que ce ne sont pas les établissements européens qui sont les plus exposés !!!!!!!!!!!!!!!!!!! Oups...
a écrit le 07/03/2012 à 12:15 :
Tout ceci n'a qu'un but, faire peur aux créanciers de la Grèce afin qu'ils participent à l'opération d'échange de titres décotés. Cet accord éloignerait un temps, le spectre de la faillite de la Grèce s'ils sont effectivement plus de 66% à y participer, ni plus, ni moins.
C'est simplement gagner du temps pour permettre au système de continuer à fonctionner. Ca ne durera pas.
a écrit le 07/03/2012 à 12:03 :
Pul on attend, plus la catastrophe sera importante et les conséquences difficiles à supporter. Il faut arrêter ce système le plus vite possible. Le scénario précédent n'est pas plus certain qu'autre chose. Regardez un peu du côté de l' Argentine par exemple . La maîtrise de la monnaie intrinsèque reste le facteur déterminant . En revanche, si la fuite en avant continue, que les euro crétins nous entraîne dans la même direction, pensez-vous que les colonels seront de retour à Pâques ou à Noël ?
a écrit le 07/03/2012 à 11:42 :
à comparer avec l'Islande qui a dit m... à tout ce beau monde et qui est même en train de les traduire en justice :-))
Réponse de le 07/03/2012 à 12:08 :
Amusant, la fin mussolinienne de l'euro!!!
Réponse de le 12/03/2012 à 20:12 :
Très juste. Qui serait prêt à envahir l'Islande pour récupérer son argent ? La Grèce aurait pu aussi se mettre en faillite toute seule. Dommage que ce soit elle qui ait été choisie pour l'exemple : faire peur aux autres, aux plus gros. Les grecs pourront-ils nous pardonner, eux à qui on doit quasiment toute notre civilisation et à qui il se pourrait que les Allemands doivent encore plusieurs milliards de DM de dettes de la dernière guerre mondiale !
a écrit le 07/03/2012 à 11:37 :
Tout d'abord, la BANQUE NATIONALE DU CANADA est une banque privée dite là bas banque à charte elle n'a rien à voir avec la BANQUE DU CANADA l'équivalent de notre Banque de France ou de la Resrve féderale Us ou de La Buba.
Il faut donc prendre avec de trés grandes précautions l'analyse présentée, c'est une analyse privée d'une banque privée et le scénario catastrophe qui est présenté s'apparente plus à de la propagande qu'à une analyse sérieuse.
Réponse de le 07/03/2012 à 13:13 :
Ca devient n'importe quoi...
Réponse de le 07/03/2012 à 22:54 :
@voltaire51 !!
Je crois qu'il y a confusion !
RBC ou BRC => Royal bank of canada est bien un banque privée !
Et NBC ou BNC => National Bank of Canada
a écrit le 07/03/2012 à 11:06 :
Ou alors, on stop toutes les aides a la Grece et on sort de la zone Euro.
Réponse de le 07/03/2012 à 13:40 :
On fait surtout attention de ne pas prendre des vessies pour des lanternes, en l'occurence de croire tout ce qu'on lit. Une banque canadienne n'est pas nécessairement bien placée pour savoir ce qui se passe et peut se passer dans l'U.E. Quand je veux savoir comment c'est la Chine, je préfère m'adresser à un Chinois qu'à un Français surtout s'il n'a jamais mis les pieds en Chine.
Réponse de le 07/03/2012 à 14:54 :
Le chinois ayant sans doute aussi beaucoup de mal à savoir ce qui se passe en Chine, tout juste peut-il parler de ce qu'il a alentours mais guère plus loin.
a écrit le 07/03/2012 à 10:42 :
Je réitère mes propos, c?est la Grèce qui nous tient plus que nous la tenons. En cédant dès le début au chantage grec, nous nous sommes mis dans la peau du débiteur éternel et les grecs vont continuer à jouer avec nos nerfs de plans d?aides en plan d?aide ! Ils n?ont de toute façon rien à perdre car ils ne seront jamais en capacité de rembourser les milliards d?armes et autres achats auprès des européens !
a écrit le 07/03/2012 à 10:28 :
Mr. Dufour adore se faire peur. La réalité est que la Grèce est en faillite et est INSOLVABLE. Le bailout en cours ne résout pas le problème grec, il s'agit de cavalerie qui, comme toute cavalerie, ne fait que gagner du temps et qu'accroître les problèmes futurs. Donc ça sufit, arrêtons les frais !
a écrit le 07/03/2012 à 10:01 :
le monde peut bien s'écrouler, j'ai mon forfait Free
Réponse de le 07/03/2012 à 12:14 :
Amusant : free devrait monter une succursale en Grèce , le forfait à 2 € les arrangerait bien en ce moment :-)
a écrit le 07/03/2012 à 9:58 :
Le défaut de la Grèce étant inévitable à terme, autant le faire maintenant qu'après avoir essayé de la re-pomper chaque année à coups milliards ... que nous n'avons pas.

En revanche, celui-ci étant acté par les politiques, j'espère que ces derniers ont élaboré un plan B. Immédiatement après l'annonce de la faillite Grecque, je ne vois ce plan B que sous la forme de l'annonce d'un assouplissement de la politique monétaire restrictive de la BCE en vue de renflouer indéfiniment les pays en difficulté restants (Portugal et Irlande) : c'est à dire faire fonctionner la planche à billets comme les américains font avec le dollar. Les Allemands devront céder sur ce point, car sinon c'est effectivement le scénario évoqué par la banque du Canada qui se déclenchera : il en sera de leur intérêt. Et la Grèce servira d'exemple aux tricheurs. Tout comme Lehman B a servi d'exemple en son temps.
a écrit le 07/03/2012 à 9:47 :
Il est pour moi evident que l'Europe telle qu'elle existe ne peut plus exister. Elle n'est qu'une assemblee sans tete qui favorise le pays ayant le conportement le plus predateur pour ses voisins. Je ne sais pas si le scenario de cet article est le plus probable mais il est realiste. Et Hollande volant renegocier me semble bien naif. En effet en Europe renegocier ne va pas faire avancer les reformes necessaire de l'Europe mais au contraire bloquer la situation jusqu'a ce qu'une crise violente oblige les etats a bouger mais il sera alors certainement trop tard.
a écrit le 07/03/2012 à 9:18 :
Un monde s'écroule sous nos yeux.
a écrit le 07/03/2012 à 8:53 :
La Grèce est déjà en faillite et nous aussi.Vive la Norvège et la Suisse qui ne sont pas dans l'union européenne. Les habitants de ces pays ne vont pas crever de faim, ils n'ont pas à engraisser le grand stratège Von Rompuy et ses acolytes non élus.
a écrit le 07/03/2012 à 8:53 :
cette banque doit avoir des intérêts dans la dette grecque pour faire ce scenario et empocher la différence.
Réponse de le 07/03/2012 à 11:40 :
c'est la stratégie adoptée par tous les banquiers et leurs conseillers : nous faire peur pour que les peuples acceptent plus facilement la mise esclavage pour les sauver eux . mais une faillite est une faillite ...
a écrit le 07/03/2012 à 8:45 :
Cela revient cher de gagner du temps! Mais que ne ferions nous pas pour quelques minutes de plus vie face au bourreau! Ne dit on pas que plaie d'argent n'est point mortelle! A condition que l'on en fasse pas tout un plat! Il n'y a que le stress qui peut vous atteindre!

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