La Grèce a "une chance sur trois" de sortir de l'euro, selon S&P

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L'agence de notation Standard & Poor's estime possible une victoire des partis opposés à l'austérité lors des élections du 17 juin, ce qui risque de mener la Grèce hors de la zone euro. Une perspective qui serait désastreuse pour le pays mais comporterait des risques de contagion limités, surtout en cas de réponse politique forte.

"Nous pensons maintenant qu'il y a au moins une chance sur trois que la Grèce sorte de la zone euro", avance Standard & Poor's dans un rapport publié lundi soir. A moins de quinze jours de la nouvelle élection législative décisie pour la Grèce, l'agence de notation estime "possible" une victoire des partis anti-austérité, ce qui conduirait "à la formation d'un gouvernement fondamentalement opposé à la mise en oeuvre des conditions du programme" de rigueur tel qu'il a été imposé par les créanciers d'Athènes (Union européenne et Fonds monétaire international) en échange de leur aide.

Les risques du "Grexit"

Vendredi dernier, Alexis Tsipras, chef de file de Syriza, principal parti de la gauche radical avait clairement annoncé la couleur: en cas de victoire de son parti, il annulerait la mise en application du "mémorandum" sur l'austérité sur lequel la Grèce s'était mis d'accord avec l'UE et le FMI. Mais une série de sondage avait laissé présagé la victoire de ses opposants, Nouvelle Démocratie, parti de centre droit qui souhaite le maintien dans la zone euro, coûte que coûte. 

La perspective du "Grexit" (sortie de la zone euro) est particulièrement crainte dans le pays. Une inquiétude que partage S&P. L'agence prévoit qu'un retour à la drachme serait "probablement très coûteux pour la population grecque" et qu'il "ne réglera durablement en lui-même aucun des problèmes fondamentaux de l'économie", du pays. Pire, il risque au contraire de provoquer des retraits bancaires massifs, un phénomène qui commence déjà à se faire sentir et menace le secteur bancaire grec. Standard and Poor's prévoit en outre de nombreuses faillites d'entreprises alors que la Grèce connaît déjà une situation de récession, avec un produit intérieur brut prévu pour chuter de 5% en 2012 ainsi qu'un très fort niveau de chômage : une personne sur cinq est au chômage selon les derniers chiffres communiqués qui remontent au mois de mars.

Une contagion limitée?

Pour S&P, les risques de propagation au reste de l'Europe son limités. L'agence ne considère "pas pour l'instant qu'un retrait grec aurait automatiquement de conséquences négatives permanentes sur les perspectives d'autres pays périphériques de rester membres de la zone euro", écrit-elle dans son rapport. Et "une sortie de la Grèce en elle-même ne provoquerait pas automatiquement de nouvelles actions de dégradation des notes souveraines ailleurs", prévient-elle. En effet, selon elle, l'effet dissuasif jouerait à plein : "les difficultés dont souffrira la population grecque devraient dissuader les autres Etats membres de la suivre dans sa sortie de l'euro", même si les plus fragiles de la zone euro pourraient subir des pressions. L'Espagne et le Portugal en particulier, toujours en proie à leur propre crise de la dette, qui se double désormais d'une crise bancaire, se sont déjà inquiétés d'un possible "effet domino".

S&P attend une réponse politique forte

"Beaucoup dépendra de la réaction politique de l'Europe", estime Standard & Poor's qui met en garde : si la réponse n'est pas assez forte, il pourrait y avoir "des pressions à la baisse sur les notations souveraines" et ce "particulièrement, mais pas nécessairement seulement, dans la périphérie de la zone euro".

Afin de tenter une nouvelle fois de juguler cette crise, les dirigeants européens multiplient les rencontres. Du côté de la Commission européenne, un "plan d'ensemble" serait préparé par le président de la banque centrale européenne, Mario Draghi, le président de l'UE Herman Van Rompuy, le chef de la commission Jose Manuel Barroso et le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a-t-on appris ce week-end. De leur côté, les ministres des finances du G7 doivent se rencontrer ce mardi pour évoquer la situation. Enfin, un sommet européen est prévu pour les 28 et 29 juin.

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Commentaires
a écrit le 06/06/2012 à 11:35 :
Et pendant ce temps, que fait Hollande?
a écrit le 06/06/2012 à 9:21 :
la Grèce s'était mis'e' d'accord
Mais une série de sondage's' avait laissé présagé(er)
J'ai arreté de lire à ce moment là...trop mal aux yeux.
a écrit le 06/06/2012 à 8:37 :
Ôtez moi d'un doute, cela fait donc 2 chances sur 3 qu'elle n'en sorte pas... Pourquoi ne pas avoir titré ainsi l'article au lieu, encore une fois, de dégainer l'arme fatale ?
a écrit le 06/06/2012 à 1:46 :
Et ?
a écrit le 05/06/2012 à 23:20 :
Il y a 10 pays qui n'ont pas l'euro et qui ne sont pas soumis au diktat de l'Europe, la terre ne cesse pas de tourner si un pays sort de la zone Euro;
La Pologne occupe une place stratégique en Europe. la première destination des investissements étrangers, en particulier français. Elle a une forte capacité d'exportation.et elle est en pleine expansion. Mais ils travaillent et ne bayent pas aux corneilles eux!
a écrit le 05/06/2012 à 21:08 :
Il faut faire comme l'Islande.
Personne n'en parle, pourquoi?
Ou comme l'Argentine en son temps.
Bien sur, c'est un mauvais moment à passer! Mais la situation est-elle agréable en ce moment?
Réponse de le 06/06/2012 à 11:43 :
On voit que vous n'avez pas fait d'économies... En Argentine, les petits épargnants ont été "plumés" par l'Etat pour que celui-ci retrouve ses marges de man?uvre. D'ailleurs la France n'est pas à l'abri si l'effet domino, loin d'être virtuel, se produit. Eclatement de l'euro, donc de l'Europe pour partie, retour aux monnaies nationales, enrichissement des épargnants allemands, appauvrissement des épargnants français qui, comme chacun le sait, sont les premiers en Europe.
a écrit le 05/06/2012 à 18:58 :
Depuis le temps que l'on nous le dit ! c'est pour quand au juste ?

Combien la France (donc le contribuable) aura-t-elle perdu ?
Réponse de le 06/06/2012 à 11:46 :
1800 milliards d'euro divisés par 65 millions de français, soit près de 28000 euros par français. C'est le montant de la dette française vis-à-vis de ses épargnants mais surtout de l'étranger (fonds de pension, fonds souverains etc...)
a écrit le 05/06/2012 à 17:40 :
"une chance sur trois de sortir de l'euro" je retiens la phrase ! Ils auraient pu dire "une possibilité sur trois..." mais non... ce sera donc le mot "chance"
ça ne s'invente pas !
Je leur souhaite de sortir de l'euro, de retrouver leur souveraineté et donc de pouvoir prendre toutes les décisions souhaitables sans rendre compte. Ils s'en sortirons car il y avait une vie avant l'europe et sans dette. C'est bien l'affreuse crainte des européanistes, qu'ils s'en sortent et retrouvent leur quiétude et la maitrise de leur avenir. Après ce sera la chute en cascade d'un empire de papier.
Réponse de le 05/06/2012 à 18:59 :
Empire de papier : expression tout à fait juste
Réponse de le 06/06/2012 à 11:48 :
L'Europe (de Jean Monnet) a été construite essentiellement pour préserver les peuples des guerres qu'ils ont connu au cours du millénaire passé. Sans Europe, mêmes causes, mêmes effets.
a écrit le 05/06/2012 à 16:10 :
Il y a peu de possibilité que le pays sorte de l'euro. Il y a de fortes possibilités que le mécanisme économique de solidarité de l'euro lui soit compté. Le mini-euro ou mineuro ou G-euro devrait faire son apparition.
a écrit le 05/06/2012 à 14:45 :
Le Grèce aurait due être virée de l'Euro dès qu'il était évident qu'elle ne rembourserait jamais ses dettes, cad il y a un peu plus d'un an déjà ! Les esprits des décideurs sont décidément toujours aussi long à réagir !
Quand à l'effet domino, il suffisait simplement d'insister sur la différence entre la Grèce et les autres pays (Italie, Espagne, etc ...), qui, contrairement à la Grèce, possèdent eux la structure nécessaire à des pays "modernes" (même s'il est loin d'être parfait) et d'assurer un soutien financier (même simplement en théorie) correspondant.
A l'heure actuelle, on ne sait que mettre en place des plans d'austérité qui déstructurent les pays, démolissent le PIB et au final créent plus de dette qu'ils n'en remboursent, ce qui ne fait qu'accroitre le problème !
Bien sûr, la sortie de l'euro aurait provoqué un choc considérable à la Grèce ; mais à l'heure actuelle, qu'est-il en train de se passer là-bas, sinon un long et inexorable glissement vers le même état ...
Réponse de le 05/06/2012 à 17:33 :
"Les esprits des décideurs sont décidément toujours aussi long à réagir " n'oublie pas qu'on est en démocratie, ce qui veut dire: blablabla... pendant longtemps avant d'agir, alors qu'il est déja trop tard! Mais la liberté est a ce prix!
Réponse de le 06/06/2012 à 11:50 :
En tous cas, ce n'est pas la "concertation participative" des édiles de gauche au pouvoir qui va accélérer les blablas.
a écrit le 05/06/2012 à 13:47 :
Une chance ou un risque ?
a écrit le 05/06/2012 à 12:15 :
tout est dans l?emploi du mot chance toujours galvaudé par le Français contemporain digne de l?éducation nationale. Avoir une chance, est toujours bénéfique sinon on doit employer son contraire: risque. Donc une chance pour les Grecs de quitter l?Euro ? ou un risque ?

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