« Syriza est favorable à une Union bancaire en Europe »

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Georges Stathakis est l'un des conseillers économiques de Syriza en Grèce. Ce professeur d'économie à l'université de Crête vient d'être élu député aux dernières élections. /Copyright Elisa Perrigueur
Georges Stathakis est l'un des conseillers économiques de Syriza en Grèce. Ce professeur d'économie à l'université de Crête vient d'être élu député aux dernières élections. /Copyright Elisa Perrigueur
Georges Stathakis est l'un des quatre conseillers économiques de la coalition de gauche radicale Syriza en Grèce. Membre de Synaspismos, l'un des grands partis fondateurs de cette alliance, ce professeur d'économie à l'université de Crête est devenu député aux dernières élections. Il revient sur le programme économique de son parti et les dernières évolutions politiques du pays.

Syriza est-elle devenue « la » nouvelle force d'opposition en Grèce ?
Oui, nous représentons des travailleurs de couches sociales très différentes. Désormais, nous aurons une voix importante dans le débat, nous bloquerons certaines mesures du mémorandum 2 (salaires, coupures budgétaires...). Notre succès est dû à la critique de ce texte, à notre vision pro-européenne et à notre force de mobilisation. Syriza a en effet fédéré de nombreux politiques de différents partis (Pasok, KKE...)
 

Comment voyez-vous évoluer la situation dans les prochains mois ?
Antonis Samaras, le nouveau Premier ministre (Nouvelle Démocratie), va vivre un mandat difficile avec une énorme pression de l'Europe. La politique d'austérité va continuer, c'est une certitude, même si Samaras tentera de trouver des fonds pour soutenir la croissance et négociera deux ans supplémentaires pour l'application du mémorandum. Les Grecs manifesteront peut-être. Mais à Syriza, nous allons mener la bataille par notre travail d'opposition au parlement, sans appeler les gens à aller dans la rue.

Dans votre programme électoral vous évoquiez la nationalisation des banques, est-ce une nécessité ?
Les banques reçoivent beaucoup d'argent de la part de la troïka, ainsi 50 milliards d'euros vont être versés aux quatre principales. Nous voulons faire une nationalisation indirecte des établissements bancaires afin d'exercer un contrôle public. Ce n'est pas une nationalisation à proprement parler, simplement une seule personne qui supervise le système.

Certains contribuables ont eu très peur d'une faillite bancaire. Les retraits de dépôts s'étaient multipliés à l'approche du scrutin. Comprenez-vous cette réaction ?
Il y a une instabilité économique depuis deux ans en Grèce. Il y avait déjà un système très fragile, les dépôts bancaires étaient loin d'être stables. C'était donc un phénomène préexistant. Avec la médiatisation, les Grecs ont eu peur de deux choses : la banqueroute et le départ des entreprises de Grèce. Mais avec notre victoire, cela ne se serait pas produit, nous avions engagé des discussions avec des économistes, des milieux d'affaires, des banques pour prévenir ces deux risques.

Quels sont vos principales critiques contre le mémorandum 2?
Il instaure une nouvelle réduction des salaires dans le privé de 25%, soit 50% au total puisqu'il y déjà eu une première baisse de 25% déjà appliquée. Ensuite, nous n'acceptons pas cette politique orientée vers la récession. Si nous avions gagné, nous n'aurions pas annulé le mémorandum, mais l'aurions totalement renégocié. Sur le plan interne, notre programme économique est fondé sur davantage d'équilibre fiscal : taxer plus les riches et moins les plus pauvres. Nous sommes dans la pire récession jamais enregistrée dans n'importe quelle économie depuis 1929. J'ai peur que cela ne s'arrange pas l'année suivante avec l'austérité...

Qu'attendiez-vous du sommet européen ?
Pas grand-chose pour la Grèce. Mais nous allons suivre les évolutions sur le plan européen. Nous sommes favorables à une Union bancaire, une gestion commune de la dette mais surtout pas à l'Union politique proposée par Angela Merkel, elle impose l'austérité et chez nous, la récession. François Hollande semble plus mesuré avec un programme de développement européen plus équilibré.

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a écrit le 29/06/2012 à 22:39 :
"les problèmes de la disparité des compétitivités"
cette disparité des compétitivités est surtout due à des facteurs naturels et immuables.
S'il est vrai que la France et l'Allemagne pourraient arriver à une compétitivité comparable il n'en est pas de même pour d'autres pays de la zone Euro.
Des pays aussi peu industrialisés que le Portugal, la Grèce, l'Espagne et même l'Italie (cette dernière surtout pénalisée par les intérêt sur la dette de plus en plus élevés qu'elle doit payer, ce capital lui lui manque pour investir dans la croissance et l'infrastructure) ces pays ont donc peu de chance d'arriver à la même compétitivité que l'Allemagne ou la France (à moins de devenir tous des paradis fiscaux).
Leur demander d'augmenter leur compétitivité par le dumping social et par le dumping des salaires et illusoire. Des pays comme la Chine, l'Inde et d'autres pays asiatiques ne peuvent être égalés en ce qui concerne le dumping social.
Il faut tenir compte de la réalité, l'Allemagne étant le pays économiquement le plus fort de la Zone Euro a pu profiter de l'endettement des autres pays pour développer son industrie aux dépens des autres économies de la Zone Euro.
Depuis 18 ans l'Allemagne a un excédent de la balance commerciale de 17 Milliards PAR MOIS en moyenne. Cet excédent a été réalisé, surtout les dix premières années, dans la Zone Euro et grâce à l'endettement d'autres pays importateurs de bien allemand (y compris l'armement pour la Grèce)
Je ne pense pas que L'UE puisse survivre si l'Allemagne et la France n'acceptent pas de tenir compte de ces réalité et refusent de revoir les accords et de prendre les mesures qui s'imposent et qui permettrait de compenser ces disparités de compétitivité. L'avenir ou la disparition de l'UE en dépendent.
a écrit le 29/06/2012 à 20:36 :
ce type fait semblant d oublier qu il n y a plus de banque grécque faut lui rappeller que la gréce est morte et entérrée les grecs sont des morts qui profitent de l argent des autres tout comme les espagnols et autres portugais faut les foutre hors de la zone euro
Réponse de le 07/08/2012 à 10:40 :
Ironie malsaine ce sera bientôt votre tour avec ce genre d'arguments à courte vue.

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