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ÉconomieUnion européenne

Zone euro: la BCE prête à agir sur les marchés, affirme Jean-Claude Juncker

latribune.fr

Publié le 30 juillet 2012 à 04:56 - Mis à jour le 30 juillet 2012 à 05:06

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"Il n'y a plus de temps à perdre" pour l'Espagne et la zone euro est prête à agir avec la Banque centrale européenne (BCE), a déclaré au Figaro Jean-Claude Juncker. Le président de l'Eurogroupe précise qu'une décision sera prise d'ici quelques jours à l'examen des marchés. Il déplore "la dictature de la courte vue" des marchés et fustige l'attitude de Berlin accusé de "faire de la politique intérieure sur le dos de l'euro".

La zone euro est prête à agir de concert avec la Banque centrale européenne via son Fonds de secours, a promis dimanche Jean-Claude Juncker. "Nous agirons ensemble avec la BCE, sans toucher à son indépendance. Quand je dis "nous", il s'agit du fonds de sauvetage FESF, c'est-à-dire des 17 gouvernements", a annoncé le président de l'Eurogroupe dans une interview au quotidien français Le Figaro mise en ligne dimanche soir. Autrement dit, la zone euro se tient prête à activer pour la première fois son Fonds de secours et lui permettre de racheter de la dette d'Etat sur les marchés. Le ministre de l'Economie allemande s'est pourtant dit opposé à des rachats d'obligations souveraines à grande échelle par la Banque centrale européenne.

Vers une reprise du programme de rachat d'obligations par la BCE

"Nous déciderons à l'examen des marchés d'ici à quelques jours. Il n'y a plus de temps à perdre", a assuré Jean-Claude Juncker, après une semaine mouvementée où les taux d'emprunt espagnols ont atteint des niveaux record, au-delà de 7,5%, avant de se replier grâce aux promesses d'intervention de la BCE. L'institut monétaire a laissé entendre qu'il pourrait rouvrir son programme de rachat d'obligations, lancé en mai 2010 puis étendu l'été dernier pour freiner l'envolée des taux d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie. Ce programme avait été mis en sommeil mi-mars car la BCE estime qu'il appartient aux responsables politiques européens de résoudre la crise et aux fonds de secours, le FESF ou le MES appelé à lui succéder, de prendre le relais. Face à l'aggravation de la crise, l'institut monétaire a toutefois envoyé un signal d'ouverture et promis cette semaine de "faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l'euro. Et croyez moi, ce sera suffisant", a notamment déclaré son président Mario Draghi.

Détermination des dirigeants européens à calmer les marchés et à sauver l'euro

Vendredi, la France et l'Allemagne avaient elles aussi affirmé être "déterminées à tout faire pour protéger" la zone euro, sans détailler leurs intentions. Elles ont été suivies ce dimanche par l'Italie à l'occasion d'un entretien téléphonique entre le chef du gouvernement italien, Mario Monti, et la chancelière allemande, Angela Merkel. Le scénario d'une intervention du FESF sur le marché de la dette, avant une action de la BCE avait été évoqué vendredi dans Le Monde. L'idée avancée par le quotidien français était que le FESF achète des titres de dette lors d'une émission obligataire (sur le marché primaire), avant que la BCE ne prenne le relais et intervienne sur le marché secondaire où s'échangent les titres en circulation. "Il faut une décision politique des 17 avant une intervention du FESF, mais si la pression est là, on agira dans des délais plus brefs", confiait dès vendredi un diplomate européen de haut rang.

Le FESF pourrait intervenir sur les marchés primaire et secondaire

Le FESF n'a encore jamais acheté de dette souveraine car cela suppose la signature d'un mémorandum et la mise en place de nouvelles réformes, ce que Madrid ou Rome se sont refusés à faire jusqu'ici. Quatrième économie de la zone euro, l'Espagne pourrait toutefois obtenir des conditions assouplies, confiait le diplomate européen. "Tout est envisageable. On a mis sur pied une aide sur mesure pour les banques espagnoles. Pourquoi ne serait-ce pas possible ?", soulignait-il. Les achats de dette du FESF sur le marché primaire concernent les Etats qui bénéficient déjà d'un programme d'aide. Le Fonds peut alors acheter 50% des obligations mises sur le marché et laisser le reste aux investisseurs traditionnels. Il peut également racheter de la dette d'Etats en difficulté sur le marché secondaire. Dans ce cas, il intervient sur demande d'un Etat, et après une analyse de la situation par la BCE. Madrid doit emprunter 50 milliards d'euros d'ici la fin de l'année et doit procéder jeudi prochain à une émission obligataire test qui sera très surveillée.

"La dictature de la courte vue" des marchés

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Jean-Claude Juncker déplore "la dictature de la courte vue", estimant que les marchés "se trompent lourdement". Le problème de l'Espagne, souligne-t-il, "sera réglé". "Nous n'allons pas nous agenouiller devant les faux médecins des marchés. Cela vaut aussi pour l'Italie". Il épingle en outre l'attitude de l'Allemagne, qu'il accuse de "faire de la politique intérieure sur le dos de l'euro". "La zone euro n'est-elle plus qu'une succursale de la République fédérale?", lance-t-il. Jean-Claude Juncker estime néanmoins que le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, lui "semble avoir toutes les qualités requises" pour lui succéder à la tête de l'Eurogroupe.

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