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ÉconomieUnion européenne

Les Pays Bas, bientôt fer de lance d'une remise en cause des engagements européens?

Ivan Best

Publié le 29 août 2012 à 15:35 - Mis à jour le 29 août 2012 à 15:36

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Les principaux candidats aux élections législatives du 12 septembre contestent de plus en plus la gestion de l'euro. Les futurs dirigeants, issus de ce scrutin pourraient remettre en cause les engagements, difficilement tenables, de réduction du déficit. Une brèche ouverte dans laquelle le gouvernement français pourrait s'engouffrer...

C'est un économiste proche du PS -français- qui s'exprime, tout en tenant à conserver l'anonymat, tant le sujet est tabou, au sein de l'exécutif: « il est clair qu'en dépit de ce qui sera affiché fin septembre par Bercy, la France ne parviendra pas à revenir à 3% de déficit en 2013, faute de croissance. La seule question, c'est celle du timing de la remise en cause de cet engagement. Le gouvernement français ne peut pas tirer le premier. Les Pays -Bas pourraient être le déclencheur d'un changement dans l'échéancier, tant la situation y est intenable ».

Un plan d'austérité inapplicable
De fait, la campagne électorale qui s'y tient, dans la perspective d'élections législatives le 12 septembre, témoigne d'une hostilité croissante à la gestion actuelle de la zone euro, et d'une volonté des futurs dirigeants néerlandais de remettre en cause les engagements de leur pays. Le premier ministre libéral sortant, Mark Rutte, fait part de son mécontentement à l'égard du dérapage de certains pays, et a imposé au sien un plan d'austérité intenable, de 12 milliards d'euros, soit 60 milliards à l'échelle de la France. Un plan inapplicable, en fait... De quoi précipiter le pays dans la récession, ce qui amènera assez vite Mark Rutte à abandonner, s'il est reconduit à la tête du gouvernement, l'objectif d'un déficit public inférieur à 3% du PIB en 2013 (il serait de 4,5% en 2012).

Le soialiste promet de revenir à 3% de déficit en...2015
Un autre premier ministre possible après le 12 septembre, si l'on en croit les rapports de force actuels au sein l'électorat, serait le socialiste Emile Roemer. Lui a carrément promis à Bruxelles d'être un « empêcheur de tourner en rond » et ne veut pas entendre parler d'un retour sous les 3% de déficit avant....2015.
D'autres leaders, qui ne devraient certes pas parvenir à la tête du gouvernement néerlandais, se font bien entendre : c'est le cas du chef de file des populistes, Geert Wilder, qui préconise tout simplement d'abandonner l'euro, et a su se faire entendre pendant la campagne électorale qui s'achève bientôt.
La probabilité est donc forte de voir un gouvernement des Pays Bas déclenchant un vrai débat sur le rythme de la réduction des déficits en Europe. Evidemment, le poids de La Haye ne peut-être prépondérant, s'agissant d'un petit pays. Mais la crise économique et sociale est déjà telle en Hollande, un pays du Nord, qu'on ne peut accuser de laxisme budgétaire (Grèce) et qui ne doit pas payer le prix de l'explosion d'une bulle spéculative (Espagne), que le futur gouvernement néerlandais ne pourra rentrer de Bruxelles en annonçant qu'il cède purement et simplement aux injonctions de la commission européenne et ses pairs.

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Une réduction du déficit intenable au sud de l'Europe
L'exécutif français pourrait alors s'engouffrer dans la brèche, en négociant un aménagement de son propre calendrier de réduction des déficits. Après tout, il est possible de concentrer un peu moins l'effort sur 2013, tout en maintenant l'objectif d'un retour à l'équilibre de finances publiques en 2016.
Dans une étude publiée récemment, les économistes de Natixis ont tenté de chiffrer les pertes de croissance qui seraient constatées en cas de volonté intangible de respecter en 2013 les engagements pris, au sein des grands pays de la zone euro, aux prises avec les défcits. La France verrait son taux de croissance amputé de 0,9 point en 2013 (au lieu de croître de 0,7%, le PIB baisserait de 0,2%), tandis que le PIB italien serait diminué de 1,7 point. Il reculerait alors de 2,3%. C'est en Espagne que la situation serait la plus critique, la récession pouvant aller jusqu'à -11,8% en 2013, selon les calculs de Natixis. L'effet des restrictions budgétaires y est particulièrement fort.

Ivan Best

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