Espagne : la Catalogne, une épine dans le pied de Mariano Rajoy

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Alors que le Premier ministre espagnol espère toujours que le seul effet d'annonce de la BCE suffira à limiter durablement les coûts d'emprunts du pays et que le Trésor s'apprête à placer plusieurs milliards d'euros de dette sur les marchés, la Catalogne revendique son indépendance budgétaire.

Après le roi Juan Carlos, mardi, Mariano Rajoy a à son tour appelé à l'unité nationale face aux revendications indépendantistes en Catalogne. A la veille d'une réunion avec le président de la région Artur Mas, Le chef du gouvernement espagnol en a appelé à la "responsabilité" des dirigeants politiques catalans. "Le pire, c'est de s'obstiner dans l'erreur", a-t-il déclaré devant les députés. Arthura Mas réclame l'indépendance budgétaire de la région et a annoncé la signature d'une convention créant "un embryon" de ministère du Budget pour la région.

Le roi intervient dans le débat politique

Hier, dans une lettre ouverte diffusée sur le site web de la Maison royale, Juan Carlos avait tiré la sonnette d'alarme face au "défi que représenterait l'indépendance de la Catalogne", rapporte le journal El Pais. "Le pire qui puisse nous arriver serait de poursuivre des chimères", a déclaré le souverain, en allusion aux revendications séparatistes de la Catalogne qui s'étaient exprimées lors d'une manifestation réunissant des centaines de milliers de personnes à Barcelone le 11 septembre. 

"Ce n'est pas le moment de générer plus de problèmes"

Le "pacte budgétaire" défendu par le président de la Catalogne viserait notamment à octroyer à la région la possibilité de lever elle-même l'impôt. "Ce n'est pas le moment de générer plus de problèmes ni une instabilité politique", a martelé Mariano Rajoy, qui tente de rassurer ses partenaires européens sur le redressement des comptes du pays.

La Catalogne "a beaucoup de problèmes"

"Nous, les représentants politiques, avons un surcroît de responsabilité", a affirmé M. Rajoy. "Et si nous nous trompons ou nous allons trop loin, et si les choses nous échappent, nous ne devons pas nous laisser emporter par les évènements", a-t-il poursuivi, faisant allusion aux pressions des indépendantistes estimant que tout irait mieux sans lien avec l'Etat central. Car, a ajouté le chef du gouvernement, la Catalogne "a beaucoup de problèmes, comme d'autres régions d'Espagne". Et "ce qu'elle ne peut pas faire, c'est rejeter la faute de tout ce qui se passe sur les autres ni générer de l'instabilité en prenant des décisions erronées", a-t-il estimé.

Des conditions strictes requises pour obtenir l'aide européenne

A 1,3065 dollar vers 18h, l'euro peinait à trouver une direction aujourd'hui. "Les opérateurs se demandent si la situation [dans la zone euro] est aussi rose et optimiste que ce qu'il semblait il y a quelque temps" après le coup de pouce de la BCE, expliquaient des analystes de Commerzbank, cités par l'AFP. Selon eux, "le cas de l'Espagne montre clairement que les conditions requises [de la part des pays en difficulté] pour obtenir des crédits européens ne font pas l'unanimité".  Cette semaine, devant une chaîne de télévision allemande, Jean-Claude Juncker a assuré que la zone euro imposerait « des conditions très dures » à l'Espagne en échange d'une aide financière.

L'Espagne testera les marchés demain

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy espère toujours que le seul effet d'annonce de l'autorité monétaire suffira à limiter durablement les coûts d'emprunts du pays, pourtant l'impatience des marchés est déjà palpable. Reste à savoir de quelle façon elle se manifestera demain lors de l'adjudication de dette à long terme de demain : le Trésor espagnol tentera de lever 3,5 à 4,5 milliards d'euros de dette à trois ans et d'augmenter la taille d'un emprunt obligataire à dix ans.

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a écrit le 20/09/2012 à 12:47 :
L'indépendance budgétaire puis l'indépendance tout court; C'est la loi des plus riches qui s'imposent aux plus pauvres. l'Italie du Nord et dieu sait que l'Italie vient quasi juste de naître comme entité politique avait le même espoir. Toujours plus d'asservissement pour une majorité c'est le résultat du moindre partage.
Réponse de le 21/09/2012 à 19:16 :
Ce que les Catalans veulent, et beaucoup d'autres régions d'Europe, c'est pouvoir disposer de leur argent alors qu'ils doivent mendier á Madrid l'argent que¡i leur a éte volé. Ils veulent surtout, une Europe des peuples et non une Europe des nations comme nous avons á ce jour.
a écrit le 20/09/2012 à 10:20 :
Les ressorts de l?action politique se résument au maniement de pulsions élémentaires en l'occurence la peur tout d'abord et ensuite le repli sur soi. Je suis effaré de voir que cela marche toujours.
a écrit le 20/09/2012 à 9:08 :
Avec une dette s'élevant à 20% de son PIB (à l'égal du Luxembourg) soit 42 Milliards d?, la Catalogne indépendante serait l'une des économies les plus stables d'Europe et du monde. Elle n'aurait aucun problème pour emprunter sur les marchés. Aujourd'hui, à cause des lois et des décrets espagnols sur le financement des régions autonomes d'Espagne, la Catalogne est dans l'obligation de passer par l'économie centralisée espagnole qui penne à lever des fonds sur les marchés à cause de sa mauvaise image.
Réponse de le 20/09/2012 à 10:33 :
Quelle solidarité de la part de ces Catalans. Je ne vois pas ce qu'on peut attendre d'eux sur l'échiquier européen.
Réponse de le 20/09/2012 à 10:55 :
@ Pierre Barcelone,
ce que vous dites est le cas pour beaucoup de régions d'Europe. Pour ces régions favorisée par des facteurs naturels l'indépendance est bien sur tentante et serait avantageuse en un premier temps.
Cependant ce que nous voulons c'est une Union Européenne et non un parcellement encore plus fort de l'Europe!
Réponse de le 20/09/2012 à 11:04 :
Tout le monde n'est pas comme les "français" qui aiment (?) payer pour les autres !
Tous les petits pays ont une économie bien plus florissante que les grands pays (cf pays de l'europe du nord) il n'y a donc aucun intérêt à voir son économie "vampirisée" par les autres.
Réponse de le 20/09/2012 à 13:11 :
Autres solutions, qui serait certainement la plus économique structurellement parlant : une Europe des Peuples/Régions avec une super structure Européenne légère en charge des droits régaliens : justice, armée, affaire étrangère, monnaie.

Dans l'affaire, économie d'échelle pour tout ce qui est militaire avec une armée plus efficiente, la suppression des Etats Nations tel la France et l'Allemagne en conflit d'intérêt permanent au détriment de la majorité et surtout une seule voix face aux américains, aux chinois, aux japonais ... c
Réponse de le 20/09/2012 à 13:57 :
Ah oui ? Ben en France ça se traduirait par le retour des féodalités : c'est à dire des petits roitelets avec leurs palais et leurs cours...bonjour le clientélisme et le népotisme ! Non merci ...
Réponse de le 20/09/2012 à 14:46 :
Bonjour,
La Catalogne n'est pas une région riche et insolidaire. Il n'y a pas de Lega Nord à Barcelone. Simplement, la fiscalité qui pèse sur la Catalogne au XXIème siècle est héritée de l'histoire (vaincue militairement au XVIIIè, la Catalogne se voit imposer une fiscalité punitive). Les catalans demandent depuis des décennies une fiscalité juste et moderne, mais Madrid ne veut pas lâcher la manne qui lui permet de construire des infrastructures inutiles partout (la moindre bourgade a son TGV et son aéroport international) et maintenir une classe oisive. Peu de catalans sont vraiment indépendantistes, mais beaucoup sont désabusés et pensent que l'équité fiscale n'arrivera jamais. Si vous voulez absolument comparer, pensez plus aux cahiers de doléances français qu'aux fachos nationalistes de la Lega.

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