L'économie irlandaise en panne

L'économie irlandaise n'a pas créé de croissance au deuxième trimestre, après une lourde chute de 0,7 % au trimestre précédent. Le modèle du "tout export" montre ses limites.
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

L?Irlande fait du surplace. L?économie de l?île verte n?a pas progressé au deuxième trimestre 2012, loin des rêves des économistes qui tablaient en moyenne sur une progression de 0,7 % du PIB irlandais entre avril et juin.

Modèle économique bancal

Mais, conséquence des plans mis en ?uvre après l?appel du pays au Fonds européen de stabilité financière (FESF), l?économie irlandaise est bancale. Elle ne marche que sur un pied : celui de l?export. Les mesures prises par les gouvernements irlandais depuis 2009 et l?appel à l?aide à l?Europe pour sauver son secteur bancaire ont provoqué une baisse des salaires, une hausse de la compétitivité des entreprises industrielles et donc des exportations. Mais aussi un recul fort de la consommation et des dépenses de l?Etat.

Les exportations pas assez dynamiques

Jusqu?à ce dernier trimestre, les exportations irlandaises en données corrigées et à prix constants progressaient. Mais au cours du second trimestre, en raison du ralentissement du commerce mondial, elles ont reculé, pour la première fois depuis la fin 2010, de 0,5 %. Leur hausse nominale de 6,2 % n?a pas été suffisante. Quant aux autres composantes du PIB, elles continuent à s?effondrer : -0,4 % pour les dépenses personnelles, - 3,9 % pour les administrations publiques et -29,4 % pour l?investissement (chiffre gonflé artificiellement par l?arrêt de commandes d?avions par les compagnies nationales). Par secteur, on constate que seule l?industrie a créé de la valeur. Du coup, l?économie irlandaise n?avait plus de moteur de croissance au deuxième trimestre. Et sans le ralentissement du déstockage, c?était la récession assurée puisque le PIB irlandais avait déjà reculé de 0,7 % au premier trimestre.

Limite de la stratégie européenne

Ce chiffre relativise le succès de l?Irlande, chanté sur tous les tons en Europe comme preuve du succès de la méthode austère du FESF et bientôt du MES. Certes, l?économie irlandaise résiste mieux que l?ensemble de la zone euro dont le PIB s?est contracté de 0,2 % sur le deuxième trimestre. Mais la méthode basée sur la seule compétitivité externe montre ses limites. Même pour une économie aussi ouverte, industrialisée (l?industrie représente un quart de la création de valeur du pays) et petite que l?Irlande. 

Les bons points

Les perspectives de l?économie irlandaise ne sont cependant pas si mauvaises. L?indice PMI des directeurs d?achat continue à se situer au-dessus de 50, soit dans la zone d?expansion et désormais le pays a restauré largement la confiance des marchés. Dublin a de nouveau accès au marché. Mais l'avenir de l'Irlande dépend largement de la conjoncture européenne. Et, à plus long terme, le défi pour le pays sera la reconstitution d?une demande intérieure suffisante pour apporter un peu de stabilité à l?économie en cas de choc externe. Voilà qui sera sans doute long et périlleux.
 

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 11
à écrit le 21/09/2012 à 6:12
Signaler
'Irlande c'est ou? En tant qu'allemand je me dis qu'après tout l'Allemagne peut quitter l'UE si bon lui semble. Pour le moment, grâce a nôtre excédent de la balance commerciale de 15 Milliards PAR MOIS et ceci depuis plus de quinze ans, nous profiton...

à écrit le 20/09/2012 à 21:30
Signaler
Ahh le modèle "libéral exportateur" idéal ... n'est pas si idéal !!! lol sans déconner quelle découverte !!! Evidement que l'austérité généralisée n'amènera rien de bon même pour les économies exportatrices dont certaines comme l'Irlande ont quand m...

à écrit le 20/09/2012 à 19:11
Signaler
Toujours la même méthode qui vise à miser sur les exportations alors que partout dans le monde l'économie est à bout de souffle. Qui va acheter si tout le monde se désendette ? Il est temps de s'interroger sur la viabilité d'un système de consommatio...

à écrit le 20/09/2012 à 18:58
Signaler
On peut tres largement imaginer que l europe actuelle est la preuve la plus flagrante qu un escrocquerie planétaire est encore possible !!!

à écrit le 20/09/2012 à 18:42
Signaler
il y avait le communisme qui était l'arnaque du 20éme siècle maintenant on a l'union européenne qui risque d?être l'arnaque du 21éme

le 21/09/2012 à 1:00
Signaler
La plus grosse arnaque, le plus grand hold-up est quand même le fait du libéralisme, accentué, par l'ultra et le néo.

le 21/09/2012 à 9:39
Signaler
Communisme et libéralisme sont deux idéologies productivistes qui conduisent non plus au progrès (comme dit Allègre, porte parole des productivistes) mais à la dégradation progressive de notre environnement générant maladies, intoxications et créatio...

à écrit le 20/09/2012 à 18:27
Signaler
Quittons cette Europe de Bruxelles qui nous coule tous !

à écrit le 20/09/2012 à 18:00
Signaler
Tenez bon nous vous envoyons Montebourg !!!

le 21/09/2012 à 2:26
Signaler
Je m'en lasse jamais de celle ci !

à écrit le 20/09/2012 à 17:37
Signaler
Si on estime la valeur d'un pays européen à sa capacité à emprunter de l'argent, c'est que nous sommes tombés bien bas.

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.