Hollande cherche majorité pour voter le traité budgétaire européen

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Le traité budgétaire européen, largement soutenu par l'opinion publique, selon les sondages, a toutes les chances d'être ratifié par le Parlement. Mais il provoque des craquements importants au sein de la majorité. EELV s'est prononcé contre sa ratification samedi, et seul l'UMP s'apprête à voter comme un seul homme un texte négocié par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était au pouvoir.

La manifestation contre le traité budgétaire européen et  les politiques d'austérité de dimanche a été qualifiée de "coup de semonce" pour François Hollande dans la presse. Et pourtant, à la veille de son vote au Parlement, et pour la troisième fois de suite, un sondage donne le "oui" vainqueur si les Français étaient invités à se prononcer sur son adoption par référendum. Et plus encore, il progresse. Selon un sondage BVA publié lundi dans le Parisien, 64% des personnes interrogées sont favorables à l'adoption du traité.

Le camp du "non", mobilisé mais minoritaire

Très en verve à la suite de la manifestation qui a réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues de Paris, Jean-Luc Mélenchon, le co-président du Parti de gauche en lutte contre le traité, considère que la France est désormais sur la voie du "non". Pourtant, si l'on compare avec la semaine précédente, le camp des opposants au traité semble plutôt se réduire comme peau de chagrin. Il y a une semaine, les "nonistes" représentaient encore 48% des personnes interrogées par l'institut CSA pour l'Humanité. A 36% des sondés contre le traité, et seulement 25% opposés à la règle d'or, la bataille de l'opinion semble gagnée pour François Hollande.

Le "oui" de gauche parait compliqué à obtenir

Mais le problème est ailleurs pour le chef de l'État. Le texte ne sera pas soumis à référendum, et doit être ratifié par le Parlement, par crainte de reproduire le choc de 2005, lorsque les Français avaient rejeté le traité constitutionnel. Un mode de ratification finalement approuvé par l'opinion à une courte majorité (52%), après avoir été décrié dans le sondage de CSA une semaine auparavant. Mais le risque politique n'est pas négligeable pour François Hollande. Car le sujet fait débat au sein de la majorité. Samedi, les militants d'Europe écologie - Les verts (EELV) ont rejeté la ratification du traité, après le psychodrame de la semaine dernière. Mettant ainsi dans l'embaras les deux ministres de leur parti, Cécile Duflot et Pascale Canfin, obligés de se livrer à un numéro d'équilibristes afin de se tenir à la position officielle du gouvernement. Et cette ligne anti-rigueur trouve un soutien de poids en la personne de Jean-Vincent Placé, président du groupe EELV au sénat qui aura son importance lors des discussions à la chambre supérieure. Par ailleurs certains députés socialistes, de l'aile gauche du parti, ruent eux aussi dans les brancards et menacent, sinon de voter non, au moins de s'abstenir.

L'UMP au rapport pour une alliance inédite ?

Malgré tout, la ratification du traité comme la loi organique pour la mise en place de la règle d'or ont toutes les chances de passer. Car la droite, hormis souverainistes comme Nicolas Dupont-Aignan, votera en faveur du traité. Début septembre, François Hollande avait même trouvé un allié surprise en la personne de Jean-François Copé, le patron de l'opposition et candidat à sa propre succession à la tête du parti. Son argument ? Le traité n'a pas été renégocié par François Hollande et n'a pas changé depuis l'accord qu'avait trouvé Nicolas Sarkozy avec Angela Merkel. Argument que n'a pas balayé Jean-Marc Ayrault la semaine dernière sur le plateau du 20h de France 2. Même si a tout de même depuis été adjoint au volet rigueur un volet croissance de 120 milliards d'euros d'investissement en Europe, la fameuse taxe sur les transactions financières et le projet de supervision des banques. Les positions des deux partis, alliés de circonstance ont une explication simple. D'un côté, l'UMP ne peut se dédire, de l'autre, François Hollande souhaite rester crédible en Europe, afin d'être en capacité de peser face à Angela Merkel. C'est en tout cas l'argument servi par Jean-Marc Ayrault aux partisans du "non."

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a écrit le 01/10/2012 à 17:48 :
Et l'avis du peuple !!!!!! au toilette!!!!! Magnifique cette démocratie européenne qu'ils veulent nous imposer!!!!
a écrit le 01/10/2012 à 17:34 :
On fait dire ce que l'on veut aux sondages, cela ne vaut pas les 80 000 voire plus, du non au Traité Européen, sans modification, dimanche 30 septembre 12
a écrit le 01/10/2012 à 17:06 :
"Largement soutenu par l'opinion publique" ? C'est plus simple sans débat. Avant 2005, on était dans cet ordre de grandeur et quand les Français se sont intéressés de près au TCE, ils ont perçu le danger. Faîtes de même avec ce traité et vous verrez le résultat final.
a écrit le 01/10/2012 à 16:00 :
Cette fois il ne peut même pas compter sur Bayrou, il n'existe plus.
a écrit le 01/10/2012 à 15:54 :
Toujours l'hypocrisie de L'europe selon la façon dont on pose la question on obtient la réponse que l'on souhaite. Si l'on demande aux français êtes vous pour ou contre un encadrement du déficit de l'Etat à 3% du PIB une majorité des français vont répondre qu'ils sont pour la logique voulant même qu'ils souhaitent que ce déficit soit ramené à 0. Si par contre on pose la question: êtes vous pour ou contre le fait que le budget de la France soit placé sous le contrôle des instances européennes là une majorité serait contre.
a écrit le 01/10/2012 à 14:53 :
Largement approuvé par l'opinion publique ????
Approuvé par des personnes qui ne l'ont pas lu, serait plus exact. J'ai lu, que dans un sondage 70% des personnes interrogées souhaitaient un référendum, alors approuvé ...
Je trouve que nos politiques ont un réel problème avec le fait démocratique.
Réponse de le 01/10/2012 à 17:04 :
Je trouve surtout que trop de personne ne comprennent pas que la démocratie ne se résume pas au référendum. Ratifier un traité par voie parlementaire ce n'est pas moins démocratique que soumettre par référendum.
Réponse de le 01/10/2012 à 17:57 :
Sauf que ça engage la nation de manière importantissime, pas comme une petite loi. Et on perçoit tout l'aspect pernicieux de la représentativité en 2005. UMP, PS et autres étaient pour. Le peuple non à 54 %. Sur ces questions, les élus ne représentent rien d'autres que leurs professions de foi, pas leurs électeurs. Il y a une nette fracture, dont ils se moquent éperdument.
Réponse de le 01/10/2012 à 19:21 :
Oui, il s'agit du sondage de la semaine dernière dans l'Huma de CSA. Cette semaine, le sondage BVA pour le Parisien dit que les pro référendum ne représentent plus que 46%. C'est comme ça. Les sondages peuvent se tromper. En attendant c'est quand même ce qu'ils disent.
a écrit le 01/10/2012 à 14:25 :
Le leurre est parfait. Pas de campagne, un harcèlement des médias européistes, pas d'information sur la perte de souveraineté, des citoyens non informés.
Faut-il rappeler qu'avant le vote référendaire sur le traité constitutionnel, les sondages donnaient le oui gagnant ?
Réponse de le 01/10/2012 à 15:57 :
La perte de souveraineté est un point très positif dans tout cela: la fédéralisation de l'Europe va aboutir à une marginalisation de tous les partis extrêmistes de chaque pays et nous préserver des errements politiques des Etats à des fins électorales. On va converger vers une politique centriste, raisonable et stable... américaine, quoi.
Réponse de le 01/10/2012 à 17:04 :
Et vous vous réveillez quand ?
Réponse de le 01/10/2012 à 17:05 :
Mais en quoi la fédéralisation de l'europe aboutirait à une marginalisation des partis d'extrêmes ? Ce n'est absolument pas ce qui est observé pourtant.
Réponse de le 02/10/2012 à 12:05 :
"On va converger vers une politique centriste, raisonable et stable... américaine, quoi." très drôle !!!
a écrit le 01/10/2012 à 14:18 :
Il ne peut pas le faire voter il devait d'abord le faire rectifier .........il devait aussi faire rajouter un volet croissance ........"".Moi président de la république "" ou en sommes nous de ces beaux discourts ???

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