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ÉconomieUnion européenne

Le tandem franco-allemand à l'épreuve de la crise

Fabien Piliu

Publié le 27 avril 2013 à 16:13 - Mis à jour le 27 avril 2013 à 16:19

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L'exécutif français s'est empressé samedi de tempérer les propos virulents de certains ténors du Parti socialiste contre l'Allemagne.

C'est le branle bas de combat. Dans deux tweets qu'il a pris soin de publier en français et en allemand ce samedi, Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre a déclaré que "l'amitié franco-allemande est indispensable pour redonner un nouvel élan au projet européen et trouver les voies du retour de la croissance". Il ajoute qu'"on ne résoudra pas les problèmes de l'Europe sans un dialogue intense et sincère" entre les deux pays.

Thierry Repentin, le ministre des Affaires européennes assure de son côté "que dans le tandem, il n'y en a pas un qui pédale et l'autre qui tient le guidon". "Il y a un dialogue franc. Nous ne taisons pas nos divergences", affirme-t-il dans un entretien samedi au site lejdd.fr.

Pourquoi ces déclarations rassurantes ? L'amitié franco-allemande est-elle menacée ? Si l'exécutif tient de tels propos, c'est pour éteindre le feu provoqué par les déclarations toutes fraîches de plusieurs hauts responsables socialistes qui semblaient vouloir pousser le gouvernement à une confrontation avec Berlin, accusée d'être le seul responsable de la politique d'austérité menée actuellement en Europe.

Vendredi, la direction du PS a ainsi déposé un projet de texte d'une vingtaine de pages mettant en cause l'Europe de la droite, et qualifiant Angela Merkel de "chancelière de l'austérité", à "l'intransigeance égoïste". "Affronter démocratiquement la droite européenne, c'est se confronter politiquement à la droite allemande", ajoutait ce document virulent, outrepassant largement la "tension amicale" que revendiquait fin mars François Hollande dans la relation franco-allemande.

L'Allemagne, bouc émissaire ?

Samedi, Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS aux questions européennes qui avait chapeauté la rédaction de ce texte, a annoncé à l'AFP qu'il en présenterait mardi, au bureau national du Parti, une nouvelle mouture. Celle-ci sera expurgée de "toutes les références à Mme Merkel" car "il s'agit d'un combat politique, pas de stigmatiser telle ou telle personne".

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Toutefois, ce texte n'est pas le premier appel à la confrontation lancé dans les rangs de la majorité. "Pour moi, c'est la tension tout court et, s'il faut, la confrontation", avait déclaré Claude Bartolone dans un entretien accordé au Monde. Le 21 avril, le commissaire général à l'investissement, Louis Gallois avait dénoncé "une addition des politiques d'austérité" en Europe "qui conduit dans le mur".

L'Elysée calme le jeu

A l'Elysée, cette flambée, à la limite de la germanophobie au PS, n'avait guère été appréciée. "La France, dans le concert européen, a le choix entre deux rôles: être l'allié constructif de l'Allemagne pour réorienter l'Europe vers quelque chose de plus équilibré, c'est ce qu'on essaie de faire au quotidien, ou être les ambassadeurs des pays du Sud. Le deuxième rôle ne mène pas loin. Ceux qui disent qu'il faut arrêter l'effort budgétaire, tout relâcher, ce sont des gens qui ne proposent rien si ce n'est de pouvoir faire une victoire politique de court terme", expliquait dès vendredi un conseiller de François Hollande.

L'Elysée fait également valoir qu'Angela Merkel, confrontée à des élections en septembre, est "en train d'évoluer et qu'elle a besoin elle aussi d'avoir de la croissance pour l'activité dans son pays et pour sa propre stabilité". En Allemagne, la politique menée par la Chancelière est au centre des critiques formulées par l'opposition. Invité samedi au congrès des Verts allemands à Berlin, le chef des sociaux-démocrates allemands, Sigmar Gabriel, avait fustigé de son côté la cure d'austérité imposée par Angela Merkel pour régler la crise de l'euro, affirmant qu'elle conduit l'Europe à "l'anorexie".

Fillon, Juppé et Barnier interviennent

L'opposition saisit la balle au bond. Deux anciens Premiers ministres UMP sont montés au créneau pour tirer la sonnette d'alarme. "On a rarement eu des relations aussi mauvaises" entre Paris et Berlin, a ainsi dénoncé François Fillon, pour qui François Hollande fait une "erreur gravissime" en misant sur une défaite de la chancelière à l'automne pour obtenir un changement de politique. Dans un entretien au Monde daté de dimanche-lundi, Alain Juppé met en garde contre "le péril mortel" d'une telle confrontation avec l'Allemagne.

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Le commissaire européen Michel Barnier, membre de l'UMP, a dénoncé samedi dans une série de tweets "certaines attaques françaises insensées" contre Mme Merkel, conseillant de "regarder ce qui marche en Allemagne plutôt que de critiquer".

Fabien Piliu

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