"José Manuel Barroso n'a jamais dit que la France était réactionnaire"

 |   |  427  mots
Alain Lamassoure. Copyright Reuters
Alain Lamassoure. Copyright Reuters (Crédits : Parlement Europeen)
Le député européen Alain Lamassoure soutient le président de la Commission européenne José Manuel Barroso qui affirme dans les colonnes du quotidien Les Echos daté de ce jeudi que le conflit au sujet de l'exception culturelle avec la France est "complètement artificiel". José Manuel Barroso assure qu'il n'a jamais critiqué ni même mentionné le gouvernement français dans cette affaire. Alain Lamassoure confirme.

Pensez-vous comme José Manuel Barroso que ce conflit entre Paris et Bruxelles sur l'exception culturelle est "complètement artificiel"? 

J'étais encore ce matin avec José Manuel Barroso pour un mini sommet qui s'est achevé sur le Budget européen. Il n'a jamais dit que la France était réactionnaire. Tout est parti d'un article du Herald Tribune puis d'une dépêche de l'AFP. Déontologiquement la Commission européenne ne doit jamais s'attaquer à un pays en tant que tel. Il peut y avoir des divergences, certes, mais pas d'attaques. C'est d'autant plus absurde que le Portugal (pays d'origine de José Manuel Baroso, ndlr.) a toujours défendu l'exception culturelle. Lorsque j'étais ministre des Affaires européennes, quand il a été question de l'introduction de l'exception culturelle dans les accords de Marrackech (instituant l'OMC, ndlr.), José Manuel Barroso, qui était alors le ministre portugais des Affaires étrangères soutenait la position française. 

Pourquoi cette question de l'exception culturelle a-t-elle tourné au vinaigre?

Il existe des divergences sur ce que nous attendons d'un accord de commerce avec nos autres partenaires, comme dans l'accord de libre-échange que nous négocions avec les Etats-Unis. Dans toute l'Europe du Nord et dans les milieux communautaires, la frilosité française détonne et navre. La première préoccupation des Français est d'être défensifs, que ce soit pour la culture, l'agriculture ou encore l'industrie. "Il faut se protéger", estiment les Français. Pourtant, le premier moteur de la croissance est à l'étranger, dans les pays émergents et même aux Etats-Unis. Il faut donc aller ouvrir les marchés des autres. Toute la Commission européenne se situe du côté de ceux qui voient le commerce international comme une opportunité plus qu'un enjeu. 

José Manuel Barroso a laissé entrevoir la possibilité que le secteur de l'audiovisuel fasse partie des négociations entre l'UE et les Etats-Unis si Barack Obama le souhaite. La question de l'exception culturele n'est-elle donc pas complètement réglée?

De ce côté, vous pouvez être tranquille. Lorsque le Traité de Lisbonne a été rédigé, avec ma modeste contribution, nous avons introduit une clause selon laquelle les négociations commerciales internationales donnent lieu à un accord à la majorité pour les gouvernements sauf sur la culture. Si un pays estime qu'il y a danger, il peut utiliser son droit de veto. Or tout le monde sait que la France utiliserait son droit de veto si la question revenait sur le tapis. Il n'y a donc pas d'inquiétude à avoir. 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 28/06/2013 à 19:21 :
Barroso veut une Europe démocratique à la chinoise (cherchez l'erreur !) Mr Lamassourd ! Heureusement il y a non pas Findus mais Arno Arno Arno ce cavalier surgit hors du gouvernement et qui défendra les opprimés !!
a écrit le 28/06/2013 à 18:21 :
monsieur Lamassoure : j'aime la FRANCE autant que mais je n'aime pas votre Europa fédérale Européen convaincu autant que vous j'ai toujours voté NON et j'en suis fier...
a écrit le 28/06/2013 à 9:05 :
Mais si on est réactionnaire et surtout aux imbéciles . D'ailleurs les votes aux prochaines élections pour l'Europe vont aller droit vers des gens réactionnaires et allergiques aux commissaires européens surpayés et imbus de leur fonctions (même pas élus en +)
Réponse de le 28/06/2013 à 10:12 :
+1000. "Dans ces temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire" (1984/ORWELL)
Réponse de le 28/06/2013 à 11:41 :
l'extrême droite, il faut quand même oser... Pourquoi pas Jean Moulin pendant que vous y êtes ?
a écrit le 27/06/2013 à 23:30 :
Mr Baroso, il n y a pas 4 chemins, mais un seul pour l Europe qui est technologique, que vous niez. Faites votre travail !
a écrit le 27/06/2013 à 23:24 :
Gouvernément, parlément, l ensemble finit par ment. Et on bousille l humanité ! Le pib par tête ne cesse de se réduire. C est le diable en personne et le diable on le combat ! Comme de Gaulle autrefois, résistons !
a écrit le 27/06/2013 à 22:33 :
Le débat amont que rien n'effacera porte sur la légitimité de Barroso, hors il n'est pas élu donc illégitime. Pour ce qui concerne l'ouverture du marché transatlantique, il n'y a aucun doute que l'Europe va se faire emmancher comme tous les pays qui traite avec les US, c'est une question d'échelle, dans tous les domaines les US en sortent vainqueur par KO, au plan économique et culturel , pour exemple le traité US/ Mexique OU COMMENT L'ALENA a ruiné des millions de petits paysans mexicains exposé à une agriculture américaine très largement subventionnée avec notamment un rapport de 1 à 30 sur le maïs 700 ? pour le paysan US, 21000 ? pour l'US et je ne parle pas des différences de rendements...! ; le bilan de cet accord est sans appel : deux millions d?emplois agricoles perdus, deux millions d?hectares en jachère, et huit millions d?agriculteurs mexicains obligés d?émigrer aux Etats-Unis et parler la langue du vainqueur, suprême humiliation. Bravo les US et demain ce sera à l'identique pour nous si nous continuons de laisser l'Europe se faire avec le cheval de Troie, Barroso et nos politiques nationaux incompétents.
a écrit le 27/06/2013 à 19:49 :
Exact, il a dit que certain pseudo intellectuels (ou ayant la prétention de l'être) de gauche le sont. Et je suis d'accord avec lui.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :