Historique : Mario Draghi promet des taux bas pour longtemps

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Mario Draghi a, pour la première fois dans l'histoire de la BCE, donné une visibilité à la politique monétaire sur "une longue période de temps." Une première qui vise à contrer l'effet de la stratégie de la Fed.

Du jamais vu! Pour la première fois depuis sa création, la BCE a donné un aperçu de ce que sera sa politique monétaire dans les prochains mois. Son président Mario Draghi a, dans sa déclaration préliminaire, annoncé que « tous les taux clés de la BCE resteront au niveau actuel ou à un niveau plus bas pour une longue période de temps. » Taux qui sont demeurés ce mois-ci inchangés, le taux directeur demeurant à 0,5 %. C?est la fin du légendaire « we never precommit » (« nous ne nous engageons jamais à l?avance sur la politique monétaire ») asséné par ses deux prédécesseurs et par lui-même jusqu?ici à chaque conférence de presse.

Contrecarrer la stratégie de la BCE

Pourquoi un tel tournant ? Sans doute pour rassurer les marchés sur le fait que la BCE rester durablement sur une ligne accommodante, à la différence de la Fed qui, depuis le 22 mai, tente d?organiser sa stratégie de sortie de crise. Evidemment, Mario Draghi ne veut pas l?avouer, il a affirmé à qui veut l?entendre que sa conduite n?a pas été dictée par « la politique d?une autre banque centrale », mais enfin les signaux sont clairs. Au cours de sa conférence de presse, il n?a pas manqué une occasion de souligner que « la sortie de crise était encore loin. »

Faiblesses de l?économie

Dans le même ordre d?idées, Mario Draghi a insisté sur les faiblesses persistantes de l?économie de la zone euro, se démarquant ainsi d?un certain optimisme qui commence à dominer parmi les observateurs. En particulier, il a mis en relief le fait que les conditions de crédit toujours difficiles pouvaient « affecter » la situation économique. Du côté de l?inflation, il a indiqué que les risques sont « équilibrés », n?excluant pas un risque déflationniste qui n?est plus guère anticipé par les économistes ces temps-ci.

« Colombe »

C?est donc clairement un Mario Draghi « colombe » qui a parlé ce jeudi, insistant sur la possibilité de voir les taux encore être abaissés et ne disant rien d?autre sur cette « longue période de temps » que le fait qu?il ne s?agissait « ni de 6 mois, ni de 12 mois. » Il a également prévenu que l?institution demeurait prête à dégainer ses armes non conventionnelles : taux de dépôt négatif, action spécifique sur les PME et OMT. Sur ce point, néanmoins, il s?est voulu beaucoup plus modéré. A la différence du mois dernier, il n?a plus promis le « cadre légal » de l?OMT avant sa mise en place effective. Un élément important car en maintenant un halo de mystère autour de l?OMT, il espère le maintenir toujours aussi redoutable tout en repoussant sa mise en place effective.

Grincements de dents en Allemagne

Ce mouvement inédit de la BCE doit donc venir apaiser les craintes des marchés que la BCE ne s?inscrive dans les pas de la Fed. Au cours des dernières semaines, de nouvelles tensions sont apparues autour des taux périphériques de la zone euro, dans la foulée de cette stratégie de la Fed. C?est ce qu?a voulu contrer Mario Draghi ce mercredi. Mais cette stratégie doit faire grincer des dents à la Bundesbank où l?on ne goûte guère cette anticipation qui enferme la BCE dans sa proche stratégie de communication, alors même que la reprise outre-Rhin risque de faire renaître la volonté de remontée des taux en Allemagne. Il sera donc intéressant d?observer la réaction de la Buba dans les prochains jours.


 

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a écrit le 05/07/2013 à 16:01 :
M Draghi vient de regonfler la bulle financière d'un bon coup ! Et presque tout le monde s?en félicite (sauf les allemands)... y compris les ennemis déclarés du casino financier... comprenne qui pourra...
a écrit le 05/07/2013 à 13:10 :
conclusion ; on est dans la merde pour longtemps !!!
a écrit le 05/07/2013 à 12:20 :
Du blabla car ici je ne vois qu'un cadeau à GS. La compétition de dévaluation monétaire qui ne dit pas son nom est belle et bien enclenchée.
Le pire est donc en cours. Seuls les réseaux courts citoyens s'en sortiront.
a écrit le 04/07/2013 à 19:31 :
La bourse ne représente plus rien, complétement déconnecté de l'économie réel, il faudrait la fermer d'urgence.
A quand la justice pour ces traitres ? On attends quoi en fait la ? qu'ils fassent pire ? qu'ils provoquent une guerre pour s'en mettre encore plus plein les fouilles avec leurs amis marchands d'armes ?
Ils me font penser à des truands qui de plus en plus gourmands finissent très souvent par se faire choper.
Et mieux vaut pour eux que ça arrive vite car la situation en EU est de pire en pire et plus le temps passe plus la sentence populaire risque d?être violente.
Réponse de le 05/07/2013 à 0:07 :
Il me semble que la justice consiste d'abord à réfléchir et à trouver des preuves avant d'accuser à tord et à travers sans discernement et sans reflexion comme vous le faites avec une profonde stupidité.
a écrit le 04/07/2013 à 19:27 :
ous sommes au coeur du problème, la preuve a l' état pure, a la vue et entendu de tous, contestée par peu, contestable je n y suis pas encore convaincu ; qu' il existe une éllite financière de façade au moins, qui "parasite" ou "vampirise" notre économie, principalement par ce jeu d interets inexpliqué ou illégitime au choix.
a écrit le 04/07/2013 à 17:42 :
Il suffit que Draghi parle pour que les bourses s'envolent, sur du vent. Qui les fait monter ? Vos gestionnaires bien sûr, à qui vous confiez vos actions (pour ceux qui en détiennent). Regardez bien les fondamentaux économiques et réfléchissez ...!!!?? A bon entendeur...
a écrit le 04/07/2013 à 17:38 :
Waouh, "open bar" pour les banques : on achète avec de la planche à billets et ce sont les contribuables européens et leurs enfants qui paieront l'addition.
Réponse de le 04/07/2013 à 20:01 :
C'est que nous sommes en compétition avec des coriaces, pas questions pour FED de se souler toute seule.
a écrit le 04/07/2013 à 17:07 :
Il ne fait que repousser le problème (en pire) comme tous ses collègues et nos chers gouvernants depuis 2008.
Réponse de le 04/07/2013 à 17:26 :
En plein accord. Super Mario va faire du QE au maximum comme les USA. Nous allons tous tomber de très haut, mais tout le monde s'en fout...!!?
Réponse de le 04/07/2013 à 17:32 :
test test
a écrit le 04/07/2013 à 16:38 :
C'est dingue. Il annonce que ça va mal et que ça va continuer dans les mois à venir ; et .... la bourse s'envole !!
Réponse de le 04/07/2013 à 16:56 :
Logique c'est "open Bar" pour les banques, spéculer pour pas cher sans risques... Que demande le peuple ;-)
Réponse de le 04/07/2013 à 17:20 :
Le métier de banquier étant pratiquement cloisonné, cela reste pour mon avis, de la corruption,de l' association de malfaiteurs à très grande échelle
Réponse de le 05/07/2013 à 10:22 :
Vous délirez ? Personne ne vous empêche d'être actionnaire de la BNP ou de GLE, qques euros suffisent. Quant aux taux bas, ils profitent à toutes les entreprises qui empruntent pour investir (et accessoirement embaucher), mais vous manquez apparemment de culture économique pour comprendre cela.
Réponse de le 05/07/2013 à 16:34 :
Et vous semblez ne pas comprendre que les banques ne prêtent plus qu'aux spéculateurs qui ont déjà des rentes pour garantir leurs prês, et non aux PME qui auraient besoin d'investir.

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