Bruxelles beaucoup moins optimiste sur la croissance dans la zone euro en 2014

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(Crédits : Forex)
La Commission a revu à la baisse de 1,2 % à 0,6 % ses prévisions de croissance pour 2014. La croissance des exportations restera trop faible pour entraîner le reste de l'économie.

La reprise sera faible, très faible en Europe, si l'on en croit les prévisions d'automne de la Commission européenne publiées ce mardi. Certes, Bruxelles confirme que « le deuxième trimestre de 2013 a vraisemblablement marqué la fin de la récession qui a débuté fin 2011 », mais, globalement, les prévisions ont été revues à la baisse par rapport à celles d'avril dernier.

Ainsi, la contraction du PIB de la zone euro sera de 0,7 % cette année, contre 0,4 % attendu en avril, tandis que la reprise ne sera que de 0,6 % en 2014 contre 1,2 % prévu en avril. En 2015, la Commission prévoit une croissance de 1,3 % pour les 18 pays qui, alors, formeront l'union économique et monétaire.

Révision à la baisse notable des prévisions

Cette révision n'est donc pas aussi « modérée » que le prétend la Commission dans son rapport. Pour 2014, la croissance sera en effet deux fois moindre qu'attendu. Pourquoi ? Pour résumer, parce que la stratégie européenne de réduction massive et rapide de l'endettement public a échoué lourdement. Cette dernière espérait que les exportations, dopées par les gains de productivité acquis par les politiques d'austérité, allaient entraîner le reste de l'économie. C'est manqué.

Le moteur des exportations ne fonctionne guère

Les exportations de la zone euro ne bondiront pas comme prévu en avril de 2,2 % en 2013 et de 4,9 % en 2014, mais respectivement de 0,6 % et 1,9 %. Pas assez pour servir de locomotive au reste de l'économie. Du reste, la demande intérieure restera en berne l'an prochain. Les investissements ne progresseront pas de 2,3 % comme prévu en avril, mais de 0,3 % seulement ! Quant à la consommation des ménages, elle sera à nouveau en croissance en 2014, mais de 0,3 % seulement. Autrement dit, elle restera largement atone.

L'Allemagne n'est pas une locomotive

C'est donc une reprise beaucoup trop faible pour la zone euro. Géographiquement, l'Allemagne affichera encore en 2014 une croissance un peu plus solide que les autres grandes économies que l'UEM (1,7 % contre 0,9 % pour la France), mais preuve est une nouvelle fois faite que la République fédérale n'est guère une « locomotive » de la zone euro. Sa croissance sera tirée par les exportations vers les pays tiers et la progression de sa consommation interne ne profite guère à ses partenaires européens.

Du mieux à la périphérie, mais sans grand entrain

Concernant les pays périphériques, le tableau est certes plus encourageant. A l'exception de Chypre (-3,9 %) et de la Slovénie (-1 %), les autres pays de l'UEM devraient tous revenir à la croissance en 2014, notamment la Grèce (+0,6 %), le Portugal (+0,8 %) et l'Espagne (+0,9 %) et l'Italie (+0,7 %). L'amélioration des prévisions est très nette par rapport à avril pour le Portugal, mais on voit que la croissance demeurera très faible, inférieure à 1 %. Et les prévisions très optimistes pour 2015 (2,9 % pour la Grèce, par exemple) doivent être observées avec beaucoup de précaution.

Le chômage restera élevé

Surtout, il faut garder à l'esprit que ces économies sortent de sévères récessions et que ces chiffres ne règlent donc pas tous les problèmes, notamment les difficultés politiques et sociales et le poids de la dette. Du reste, Bruxelles doit le reconnaître : le chômage va demeurer élevé en zone euro. En Grèce, la Commission prévoit un taux de chômage de 26 % en 2014. En Espagne, il sera de 26,4 %, au Portugal de 17,7 %, à Chypre de 19,2 %....

Olli Rehn appelle l'Allemagne à agir

Olli Rehn, le commissaire en charge des affaires économiques et monétaires et un des artisans et défenseur de la politique de désinflation compétitive n'a évidemment pas reconnu l'échec de la stratégie qu'il a si fortement défendu.

Mais il a bien été contraint de reconnaître que les déséquilibres au sein de la zone euro ne se sont pas réduit trois ans après le début de la crise de la dette. Aussi a-t-il appelé l'Allemagne a réduire son excédent courant, prévu encore en 2014 à 7 % du PIB, en créant « les conditions d'une hausse générale des salaires » (il a proposé notamment de réduire les impôts sur les hauts salaires) et « plus de compétition dans les services. »

Mais à Berlin, on reste droit dans ses bottes, ne voulant accepter aucune critique concernant sa compétitivité. Le rejet violent des critiques récentes en provenance des Etats-Unis l'a montré. Bref, la zone euro demeure encore dans les sables mouvants.

 

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a écrit le 06/11/2013 à 4:46 :
En tant qu'allemand et fonctionnaire je me dis que pour le moment, grâce a nôtre excédent de la balance commerciale de 16 Milliards PAR MOIS en moyenne et ceci depuis plus de 16 ans, nous profitons plus que quiconque de l'UE et de l'Union Monétaire, ceci aux dépens des pays moins favorisés que nous. Les quelques petits milliards que l'Allemagne doit verser à Bruxelles tous les ans ne sont rien par rapport à l'excèdent commercial que nous réalisons grâce à cette petite cotisation. Excèdent commercial énorme qui nous permet d'exporter nôtre chômage vers les pays de l'union monétaire économiquement plus faibles et qui, a cause des traités imposés à l'UE et surtout à l'Union Monétaire par l'axe franco-allemand, ne peuvent ni empêcher ni taxer l'avalanche de produits Made in Germany qui étouffe et empêche leurs propres économies de se développer. Les bénéfices ainsi réalisés dans les pays sur-endettés, y compris la Grèce, le Portugal, l'Italie et la France étant souvent réinvestis par nos grandes entreprises hors de la Zone Euro, souvent dans les pays de l'ancien bloc soviétiques que nous sommes en train de coloniser d'ailleurs en rachetant tout ce qui est privatisé, ce qui va nous donner le contrôle économique sur ces pays. Que la Grèce, l'Espagne, le Portugal et autres affichent un chômage des jeunes qui dépasse déjà les 50% n'intéresse ni M Weidmann, ni M Sarrazin, ni ma pomme, et Merkel s'en balance, en fait cela nous arrange, nous récupérons ainsi l'élite de ces pays, puisque nous manquons de jeunes hautement qualifiés. Quand à M Klaus Regling, qui se dit inquiet pour l'Italie (production industrielle en baisse de plus de 25% depuis 2007), croyez moi, c'est bien le dernier des soucis des Allemands. L'Italie est destinée à faire partie du tiers monde à plus ou moins brève échéance, la France également mais à très long terme. Les accords UE ne garantissent pas une qualité de vie similaires dans les pays de l'Union Monétaire, le fait que les pays pauvres deviennent toujours plus pauvres et les pays riches toujours plus riches le prouve. Une sorte de néocolonialisme en somme. Et qui nous empêchera de quitter ce cirque qu'est l'UE, une fois que nous aurons reconquis en en prenant le contrôle économique, les « Ostgebiete » perdus après la deuxième guerre mondiale? Déjà une bonne partie de ces territoires est au main du gros capital allemand.
a écrit le 06/11/2013 à 4:43 :
Moins optimiste mais encore trop optimiste!
a écrit le 05/11/2013 à 17:55 :
Tres optimiste sur la fin de cette europe mafieuse et de sa monnaie d'escroc !
a écrit le 05/11/2013 à 17:43 :
Mais non, mais non L'Europe négocie l'entrée de la Turquie dans l'Europe, ce sera bon pour la croissance.
A moins que les guignols de Bruxelles travaillent à l'éclatement de l'Europe.
Quant à nos politiques, ou prétendues tels, ils sont aux abonnés absents;
a écrit le 05/11/2013 à 17:39 :
Comme le dit l' adage, on ne change pas une équipe qui gagne....là ! Le compte n'y est pas
En bons professionnels qu'ils sont, la logique voudrait qu'ils dégagent...vivement mai 2014 .
a écrit le 05/11/2013 à 17:34 :
Comme le dit l' adage...on ne change pas une équipe qui gagne , là force est de constater que le résultat n' y est pas .
a écrit le 05/11/2013 à 16:01 :
C'est pas avec l'argent que je vais dépenser dans cette Europe de mer.. Qu'il réduire leur déficit. Vivement les élections pour que tout cela change.
a écrit le 05/11/2013 à 15:04 :
sortons vite de la , nous courons a la catastrophe , ils y en a qui sont en train de nous coulez et personne ne dit rien , je parle de nos dirigeant, il faut stopper l hémorragie , la france est attaquer de toutes parts , sortons de la politique bruxelloise , tout ces technocrates, qui coutent la peau des fesses, et faisons ce qu il faut , ce n est pas de reformes qu il faut , car pour nos gouvernements cela veut dire taxer , il faut de la protection , résonné ,faire en sorte que Bruxelles ne met plus leurs nez dans nos affaires
Réponse de le 05/11/2013 à 18:59 :
on sait effectivement qu'on court à la catastrophe, que ces dingues de technocrates vendus aux lobbies mondialistes, et que nos gouvernements complices ou paralysés - ou à la masse - ne feront rien..
Agir donc localement, parler avec ses voisins, ses collègues de boulot, sa famille, déja pour s'organiser. C'est pas simple, mais c'est la base. Et s'INFORMER vraiment!
Et surtout, surtout, se méfier des banques!!!
a écrit le 05/11/2013 à 13:28 :
Bruxelles se plante, le FMI se plante, notre gouvernement se plante... Peut-être changer tous les modèles censés être agiles, flexibles, réactifs?
a écrit le 05/11/2013 à 12:51 :
La France qui comptait échapper aux réformes structurelles avec une reprise vigoureuse sur les marchés extérieurs se trouve au pied du mur, monsieur le président il est tant d agir pour le bien du pays même si les réformes seront difficiles

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