Femmes administratrices : l’Allemagne devrait rejoindre le club des pays imposant des quotas

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Conservateurs et sociaux-démocrates allemands se sont accordés sur le principe d'un quota de femmes au sein des conseils de surveillance des entreprises.
Conservateurs et sociaux-démocrates allemands se sont accordés sur le principe d'un quota de femmes au sein des conseils de surveillance des entreprises. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les femmes devraient prochainement avoir leurs places réservées dans les conseils de surveillance des grandes entreprises outre-Rhin. C’est déjà le cas en France, en Norvège, en Italie ou encore au Rwanda.

Angela Merkel a perdu la partie. L'Allemagne pourrait imposer prochainement un quota de 30% de femmes au sein des conseils de surveillance des sociétés cotées d'ici 2016. Le parti conservateur de la chancelière et les sociaux-démocrates, en pleine négociation sur la formation d'une coalition, se sont mis d'accord lundi sur le principe d'un tel projet.

Victoire pour la "déclaration de Berlin"

La chef du gouvernement allemand a combattu ce principe jusqu'à la campagne en vue de sa réélection. Elle s'est ainsi opposée au projet de quota proposé au niveau européen par la commissaire Viviane Reding. Pour l'application de ces quotas en Allemagne, elle a d'ailleurs été confrontée à l'opposition d'une partie de son propre camp.

Dès 2011, 24 femmes appartenant à la majorité avaient signé la "déclaration de Berlin" pour réclamer ces quotas. Un an et demi plus tard, en avril 2013, l'opposition sociale-démocrate tente de faire voter une loi en ce sens mais échoue. L'une de ses ministres les plus populaires, Ursula von der Leyen, chargée du Travail, en profite pour exiger que la loi figure au programme d'Angela Merkel. La chancelière a cédé. 

Six pays imposent des quotas

La défaite des réfractaires aux quotas obligatoires outre-Rhin devrait donc faire entrer le pays dans le club des États ayant choisi la coercition pour féminiser les instances dirigeantes des entreprises afin de respecter le principe de parité.  

Parmi eux, la Norvège a ouvert la voie, instaurant en 2008 une série de sanctions pouvant aller jusqu'à la dissolution de l'entreprise en cas d'infraction. Ce seuil avait été fixé dès 2002, mais reposait sur la seule base du volontariat. Résultat : le taux de féminisation des conseils d'administration des entreprises cotées à Oslo avait certes augmenté, passant de 6%à 25% trois ans plus tard, mais il restait bien en dessous du seuil de 40% obligatoire dans le royaume.

La France en avance sur son calendrier?

En Europe, la Belgique, l'Italie et bien sûr la France ont suivi ce mouvement. Les deux premiers imposent un tiers de femmes dans les conseils.

Dans l'Hexagone, le quota de 20% imposé en 2011 par la loi Copé-Zimmerman a été dépassé. Les entreprises françaises du CAC 40 comptent d'ailleurs en moyenne près de 30% de femmes selon l'étude de l'observatoire Ethics and Board. Le nouveau seuil de 40% pourrait ainsi être atteint avant 2017. Plus globalement, si l'on ajoute les entreprises du SBF 120, les groupes cotés français comptent 24% de femmes administratrices, comme l'indique l'enquête du cabinet Ernst and Young datant d'octobre. A noter : aucun quota n'est imposé dans les comités exécutifs.   

Au Rwanda aussi

Ailleurs dans le monde, l'Islande et le Rwanda imposent également des quotas. La question fait toujours débat notamment aux Etats-Unis et au Canada. Ses opposants estiment notamment que la discrimination positive est contraire à la liberté des entreprises, prive les personnalités les plus compétentes de places au sein des conseils d'administration. Leurs défenseurs estiment au contraire que c'est le seul moyen vraiment efficace de forcer le plafond de verre. 

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Commentaires
a écrit le 25/11/2013 à 14:03 :
C est avant tout l environnement culturel qui est un facteur clef de succès : à partir du moment où vous posez la diversité de réflexion non pas comme un facteur de ralentissement mais au contraire comme un facteur d enrichissement mutuel et une source de création de richesse, on bascule dans une optique différente. Plutôt que de se plier à une efficacité de court terme les organisations doivent viser le développement d une richesse dans le temps, durable... Il faut donc privilégier la création de valeur à l efficacité court-termiste et mixer les approches différenciantes, seules sources d enrichissement, à commencer par le genre ! Le gouvernement français a eu recours à l instauration de quotas pour faire bouger les lignes mais il est clair qu il faut ouvrir un grand chantier pour que culturellement nous puissions dépasser cette première approche et nourrir des viviers de talents féminins en haut des pyramides (top management) de manière, lors des nominations, à ne plus se poser de questions sur le sexe mais uniquement sur les compétences. La préoccupation principale vise à apporter une solution très concrète à l égalité professionnelle des hommes et des femmes. La parité a une valeur économique très importante en plus de l aspect social. Partout, c est le même constat : même si il y a de plus en plus de femmes dans les entreprises, il existe une brèche très importante de 20 % en leur défaveur en matière de parité. Pourquoi ? Tout d abord parce que dans la plupart des pays du monde, quand il s agit de prendre des responsabilités domestiques et familiales, s occuper des enfants, veiller sur les parents vieillissants, les proches en difficulté, ce sont les femmes qui assument ces tâches. Ce sont elles également qui font des pauses professionnelles. Or, dans les mentalités, les entrepreneurs n envisagent les carrières que de façon très linéaire. Les modèles de carrière sont très rigides et défavorisent les femmes. Par ailleurs, la valeur de la mixité doit encore être démontrée. Malgré les études internationales qui attestent de façon patente la corrélation entre la performance des entreprises et la mixité, peu d entrepreneurs en sont encore convaincus et l ont intégrée dans leur schéma de croissance. Si l Union européenne, qui depuis toujours se veut exemplaire dans le domaine de la parité, veut jouer son rôle d aiguillon et faire évoluer les sociétés au bénéfice des citoyens, elle doit passer par la contrainte de la loi pour assurer l effectivité du principe de parité. Les quotas ne sont ni favoritisme, ni discrimination positive mais constituent la réponse efficace à la discrimination de fait à laquelle se heurtent les femmes.Je ne suis pas très favorable aux quotas, mais j apprécie les résultats qu ils engendrent car au rythme actuel il faudrait 40 ans pour parvenir à l équilibre entre hommes et femmes. Mon souhait le plus grand est que l on ait plus besoin de ministère des droits des femmes, ni en France ni en Europe, car cela signifierait que la parité aurait gagné. Mais on en n’est pas là quand on regarde les chiffres, là où on a dit « bonnes pratiques », rien n’a été réalisé. Il y a évidemment autant de gens compétents ou incompétents dans les deux sexes
a écrit le 21/11/2013 à 23:43 :
A quand le quota pour les idiots ? Ce n'est pas parce qu'on a aucune compétence qu'on n'a pas le droit de prendre des décisions, et ce, au nom de l'égalité !!!
a écrit le 19/11/2013 à 17:01 :
Vive les quotas de médiocrité au nom de l'égalitarisme.
Réponse de le 19/11/2013 à 23:33 :
Il faudra aussi ensuite créer un quota entre les viellies et les jeunes , puis un quota entre les moches et les pinup , puis un autre entre les brunes et les blondes : n'importe quoi !

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