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ÉconomieUnion européenne

Angela Merkel a-t-elle des raisons de regretter "Merkozy" ?

Photo de Romaric Godin

Romaric Godin

Publié le 28 février 2014 à 16:17 - Mis à jour le 15 septembre 2014 à 08:25

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Nicolas Sarkozy était de passage à Berlin où il a rencontré Angela Merkel. Un moment de nostalgie, mais la chancelière peut-elle regretter l'alliance avec son vieil ami ?

Un petit air de 2011 planait ce vendredi au-dessus de Berlin. Nicolas Sarkozy était l'invité de la Konrad Adenauer Stiftung, un groupe de réflexion proche de la CDU d'Angela Merkel. L'occasion pour l'ancien président de rencontrer son « amie » Angela et de reformer pour un court instant le couple « Merkozy » qui dirigea jadis l'Europe durant les deux premières années de la crise.

« Socle franco-allemand »

L'ancien président français n'a pas tari d'éloges sur la nécessité de la « coopération franco-allemande » dans son intervention berlinoise. Nicolas Sarkozy a aussi tenté de faire un brin de morale à son successeur François Hollande en affirmant que « le leadership est un devoir » et que le « socle franco-allemand » devait être défendu. « Sans ce socle il n'y a pas d'avancée en Europe », a conclu l'ancien locataire de l'Elysée.

Tensions avec François Hollande

Nul doute évidemment que Nicolas Sarkozy regrette la belle époque de « Merkozy. » Mais Angela Merkel ? Pas si sûr. Certes, entre elle et François Hollande, une vraie période de froid s'est instaurée au lendemain de l'élection du président français. Il est vrai que le candidat socialiste avait fait campagne sur la renégociation du pacte budgétaire, sur le refus de l'Europe de l'austérité et sur la mise en place de nouvelles solidarités intereuropéennes. Berlin ne voulait rien de tout cela et durant le mois de juin 2012, la tension a été palpable. La défiance a continué pendant plusieurs mois.

Le successeur de Nicolas Sarkozy n'a pas bloqué les projets allemands

Mais il faut également immédiatement préciser que, si Angela Merkel ne goûtait guère le nouveau président français, si le « moteur franco-allemand » s'est arrêtée, elle n'a pas pour autant eu à se plaindre du nouveau chef de l'Etat français. Lors du sommet de juillet 2012, François Hollande a sans broncher accepté le marché de dupes que lui proposait Berlin : faire voter le pacte budgétaire par le parlement français moyennant un fantomatique « pacte de croissance » dont l'existence n'a jamais été que rêvé. Parallèlement, Jean-Marc Ayrault enterrait les « euro-obligations », seule chance de construire un budget réellement européen.

Dans les mois qui ont suivi, les relations sont restées mauvaises entre Paris et Berlin et pourtant, le gouvernement français n'a jamais représenté une menace pour l'hégémonie allemande. Pierre Moscovici a laissé Wolfgang Schäuble ralentir l'union bancaire le plus qu'il était possible. Il l'a laissé remodeler cette union bancaire dans des conditions favorables à l'Allemagne, malgré l'urgence et en oubliant l'objectif initial d'une union rapide capable de briser le lien entre les risques souverains et bancaires. Paris a laissé le champ libre à Berlin sur le « sauvetage » de Chypre comme elle le laisse préparer en ce moment même la future aide à la Grèce.

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La conversion de François Hollande à l'harmonisation franco-allemande prônée par Nicolas Sarkozy

Mais surtout, depuis la conférence de presse du 16 janvier, François Hollande a abandonné toute velléité et toute apparence de résistance face à Berlin. Il a fait de « l'harmonisation franco-allemande » sa priorité, acceptant d'emblée de soutenir le choix allemand d'une zone euro composée de pays en concurrence les uns avec les autres. Des propos qui ressemblent à s'y méprendre à ceux que tenaient un certain... Nicolas Sarkozy fin 2011 dans son discours de Toulon. Bref, Angela Merkel n'a pas réellement perdu en marge de manœuvre en Europe avec François Hollande.

Nicolas Sarkozy s'est aussi confronté à Angela Merkel

Du reste, ce serait oublier que Nicolas Sarkozy a tenté à plusieurs reprises de jouer les contrepoids au pouvoir allemand. Après son élection, les tensions étaient aussi palpables qu'avec François Hollande cinq ans plus tard. En juillet 2007, Nicolas Sarkozy avait même demandé le renvoi de Peer Steinbrück, ministre fédéral des Finances alors qui avait osé faire la leçon au président français sur sa politique budgétaire dissipée et sur son bouclier fiscal. A l'époque, l'ambiance entre Paris et Berlin était détestable. En 2008, Nicolas Sarkozy avait critiqué l'attentisme d'Angela Merkel après la faillite de Lehman Brothers et en 2010, il avait tenté vainement de pousser Angela Merkel à agir plus vite sur la crise grecque. On se souvient qu'il avait même proposé des euro-obligations. Avant que Berlin siffle la fin de la partie et que Nicolas Sarkozy devienne le meilleur allié d'Angela Merkel et que « Merkozy » reconstruise l'Europe le temps d'une promenade à Deauville...

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Autant dire que la nostalgie de ce couple n'a aucune raison d'exister à Berlin. Que ce soit avec Merkozy ou avec Merkollande, le pouvoir au sein de l'Europe demeure dans les mains d'Angela Merkel.

Romaric Godin

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