Hollande et Merkel réunis à Paris pour un sommet qui soulève peu d'attentes

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La France attend une position commune concernant la taxe sur les transactions financières, a fait savoir Pierre Moscovici. (Photo : Reuters)
La France attend une "position commune" concernant la taxe sur les transactions financières, a fait savoir Pierre Moscovici. (Photo : Reuters) (Crédits : AFP)
En marge du conseil des ministres conjoint, la proposition de François Hollande de créer un "Airbus de l'énergie" n'a pas rencontré un grand succès en Allemagne. Peu de décisions concrètes sont attendues malgré des débats houleux sur la fiscalité.

Les gouvernements français et allemand se retrouvent à l'Elysée mercredi au grand complet pour un 16ème conseil des ministres conjoint, le premier depuis l'entrée au gouvernement des sociaux-démocrates aux côtés des conservateurs d'Angela Merkel. 

La situation en Ukraine, où les affrontements entre le pouvoir et l'opposition pro-européenne ont fait au moins 25 morts depuis mardi, devrait néanmoins s'imposer dans les discussions entre les chefs des diplomaties allemande et française. 

Défense, fiscalité, énergie ou protection des données, quelques décisions devraient sortir de ce conseil des ministres hors normes mais selon une progression à pas comptés.

  • Coopération militaire en Afrique

Présentée à Paris comme un "symbole fort", la décision la plus concrète devrait être l'officialisation du déploiement en juin au Mali d'un contingent de quelque 250 soldats de la brigade franco-allemande. "Davantage de convergences sont possibles", notamment dans la coopération militaire au Mali et en Centrafrique, a souligné samedi la chancelière allemande.

Il y a un mois, le ministre des Affaires étrangères allemand Frank-Walter Steinmeier avait toutefois prévenu que son pays n'enverrait pas de troupes de combat en Afrique. Sous commandement français, le contingent franco-allemand devrait donc se cantonner à des missions de formation des forces maliennes dans le cadre de la mission européenne (EUTM).

  • Créer un "Airbus de l'énergie" 

En marge du sommet, François Hollande  a appelé les deux pays à créer un "Airbus de l'énergie". La formule française n'a toutefois pas trouvé d'écho favorable en Allemagne. 

"Il y a une différence de culture entrepreneuriale entre les deux pays. Fonder une grande entreprise est encore difficile à imaginer", explique un diplomate allemand à Reuters en insistant sur la différence entre les politiques énergétiques des deux pays. 

Paris ne parle plus désormais que d'une simple "plateforme" de partenariats industriels et technologiques autour des réseaux, des énergies renouvelables ou du stockage de l'électricité. 

"Evidemment, la transition énergétique ce n'est pas l'aéronautique et 2014 n'est pas la fin des années 60", reconnaît-on à l'Elysée. Le rôle de l'Etat se bornera donc à "identifier des axes stratégiques de coopération" entre industriels, instituts de recherche et institutions financières.

  • Vers un agence pan-européenne de surveillance ?

Angela Merkel a plaidé de son côté pour la création d'un réseau européen de communications pour éviter que les données personnelles des Européens transitent par les Etats-Unis.

Si la France partage les préoccupations allemandes sur les révélations de l'espionnage à grande échelle auquel se serait livrée la NSA, François Hollande a clos le débat lors de son voyage aux Etats-Unis en déclarant que la "confiance mutuelle (avait) été restaurée", ce qui est loin d'être le cas côté allemand.

Paris n'a donc pas repris l'idée énoncée samedi par Angela Merkel de créer un réseau pan-européen de communications même si, de source français, on dit avoir "les mêmes idées".

L'Europe devrait donc pouvoir stocker, traiter et protéger ses données tout en empêchant les grandes plates-formes américaine de "verrouiller" le net.

"Est-ce que ça s'appelle un réseau de communication? On verra", avance un conseiller de François Hollande.

  • Programme de convergence fiscale

La France attend de ce conseil une "position commune" sur la taxe sur les transactions financières afin de parvenir à une proposition solide avant les élections européennes de mai, a souligné mardi le ministre des Finances Pierre Moscovici. Mais l'Elysée relève que des "travaux techniques" sont encore nécessaires.

Les équipes du chef de l'État avancent un "programme de convergence" avec un "travail immédiat sur la structure de taxation des entreprises" et les investissements croisés, ainsi qu'une "impulsion" qui serait donnée aux laborieuses discussions à Bruxelles sur une directive fixant une assiette commune de l'impôt sur les sociétés. 

Dans le secret de sa rencontre avec Angela Merkel, François Hollande pourrait aussi évoquer le débat sur la relance de la consommation intérieure d'une Allemagne forte d'un excédent record de sa balance commerciale de près de 200 milliards d'euros l'an dernier. 

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Commentaires
a écrit le 19/02/2014 à 19:56 :
Faudrait pas confondre "Titanic du Nucléaire" avec "Airbus de l’Énergie (renouvelable)" ! Quand les gouvernements français, de droite comme de gauche, ainsi que toute la Technocratie font de leur mieux pour bloquer le développement les énergies renouvelables et de la MDE depuis 30 ans, qui peut bien croire à la fable de l'Airbus de l’Énergie ?? L'Allemagne ne nous a pas attendu pour faire ses Airbus des énergie (renouvelables). Nous notre Nomenklatura Nucléaire prétentieuse nous enferme dans une industrie dangereuse qui n'a aucun avenir. Ici un article sur la (vraie) révolution énergétique qui se prépare partout: http://grist.org/climate-energy/solar-panels-could-destroy-u-s-utilities-according-to-u-s-utilities/
Réponse de le 19/02/2014 à 20:45 :
En effet nos politiciens ne sont que des caniches aux ordres de la toute puissante Technocratie Nucléaire. Cette dernière a décidé d'imposer l'atome comme seule et unique source d'électricité pour le France et rien ni personne jusqu'à présent n'a été en mesure de changer cela. Parler d'Airbus de l'Energie c'est une véritable insulte à l'histoire énergétique Française. Les Allemands doivent bien rigoler...
a écrit le 19/02/2014 à 15:28 :
A maintenant 1,37 dollar avec la bénédiction de Merkel, histoire d'enfoncer encore un peu plus les autres pays de la zone dans la merde. Ne voilà-t-il pas là le principal sujet de discussion à mettre d'extrême urgence sur la table, alors que l'on nous bassine avec des théories plus ou moins fumeuses sur la compétitivité des entreprises à l'export.
a écrit le 19/02/2014 à 14:57 :
tant mieux si ils arrivent à travailler ensemble, nos deux pays sont liés pour le meilleur et pour le pire depuis des siècles. Nos différences peuvent être une formidable occasion de nous compléter et les sujets concrets ne manquent pas, demain se construit dès aujourd'hui.
a écrit le 19/02/2014 à 14:08 :
Airbus de l/énergie est une nouvelle fumisterie de Hollande !
a écrit le 19/02/2014 à 13:04 :
Voici donc l'explication du voyage de FH aux USA. Les anglais étaient déjà pour l'abandon des libertés européennes au travers du traité de libre échange (a sens unique). FH est ensuite allé se faire laver le cerveau la semaine dernière, et maintenant il est prié d'empapaouter Angela qui est la dernière poche de résistance face a l'entube générale de cet accord non soumis a l'approbation des peuples. On n'a plus qu'a approvisionner les sacs de sable...
Réponse de le 19/02/2014 à 15:03 :
vu que ce sont les Allemands qui sont les champions de l'export en Europe et dans le monde, c'est eux qui sont les plus favorables à cet accord transatlantique... Pas besoin de sac de sable, mais plutôt de se retrousser les manches pour nous redresser et profiter encore plus de la mondialisation. C'est mal parti, car nombreux sont les Français aussi frileux que vous, pauvre de nous.
a écrit le 19/02/2014 à 12:16 :
Tout ça, pour ça ! comme d'hab!!
a écrit le 19/02/2014 à 11:31 :
Il est entrain de lui expliquer pourquoi il n a pu faire la bise à la first lady .
a écrit le 19/02/2014 à 11:16 :
L'Allemagne s'est lancée dans une transition énergétiques avec 45% de renouvelable en 2030.

Nous espérons 27% en 2030 mais aucun objectif contraignant n'a été fixé, ni aucune politique crédible

On comprend vite pourquoi l'Allemagne ne veut pas embarquer dans le même bateau!
Réponse de le 19/02/2014 à 15:16 :
Je ne suis pas sur de comprendre votre argumentation, c'est vrai que chez nous le lobby du nucléaire et EDF sont hégémoniques et freinent les évolutions, c'est peut être cela que vous voulez dire.
Mais si nous avions des champions européens des énergies renouvelables, et donc des intérêts économiques communs, cela nous permettrait justement d'avoir une politique convergente et crédible en matière de renouvelable et un autre lobby pouvant supplanter les tenants du tout nucléaire.
Bon après tout le monde sait que la meilleure solution c'est quand même de réduire notre consommation énergétique et pour ça pas besoin de champion européen. La responsabilité individuel de chacun à son tout petit niveau serait déjà un pas de géant.
a écrit le 19/02/2014 à 11:07 :
La France est toujours à la traîne de la RFA. Et cela ne va pas changer de si tôt.

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