La Banque de Suède frappe contre la déflation

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La Banque de Suède a recouru jeudi à la manière forte contre un risque latent de déflation, abaissant à 0,25% son taux d'intérêt directeur.
La décision de diminuer le taux de refinancement (ou "repo") d'un demi-point a surpris les économistes, qui s'attendaient à un quart de point de baisse. La conséquence immédiate a été une chute de la couronne suédoise, qui a perdu près de 2% de sa valeur face à l'euro et au dollar en quelques minutes. L'institut monétaire a en fait reconnu être beaucoup trop loin de l'objectif d'inflation de 2% qui lui est assigné. Cela fait en effet 19 mois consécutifs que le taux d'inflation est inférieur ou égal à 0,1%.
Pourtant l'activité économique progresse, à un rythme que beaucoup de pays d'Europe pourraient envier. Après 1,6% de croissance en 2013, la banque centrale table sur 2,2% en 2014.
Le taux directeur retrouve là le niveau historiquement bas qui était le sien au plus fort de la crise économique, de juillet 2009 à juillet 2010. La Banque de Suède l'avait ensuite remonté, estimant devoir combattre le risque d'inflation, jusqu'à le porter à 2% entre juillet et décembre 2011.
Cette décision radicale "est surprenante si l'on considère les changements relativement faibles des prévisions économiques de la Riksbank. C'est plus un rattrapage", a écrit sur Twitter une analyste de la banque SEB, Erica Blomgren.
La politique monétaire a fait l'objet de débats intenses dans le pays ces derniers mois, notamment depuis que l'économiste américain Paul Krugman, prix Nobel 2008, a accusé en avril la Banque de Suède de "sado-monétarisme". La banque centrale justifiait son action par un compromis difficile avec l'endettement élevé des ménages suédois, qu'elle ne voulait pas encourager à emprunter davantage.
C'est pourquoi le gouverneur Stefan Ingves souhaitait encore rester prudent, et a plaidé pour une baisse d'un quart de point. Mais il a été exceptionnellement mis en minorité au sein du comité de politique monétaire, à deux voix contre quatre.
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Même si la frénésie des emprunts immobiliers reste un sujet d'inquiétude à la Riksbank.
Une solution sur la fiscalité a notamment été évoquée. Mais une hausse de la fiscalité pour décourager l'achat immobilier serait très impopulaire, et il y a peu de chance pour que l'actuelle majorité prenne un tel risque à l'approche des prochaines élections législatives en septembre.
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