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ÉconomieFrance

Sarkozy prévoit un remaniement ministériel et une réorganisation de l'UMP

latribune.fr avec Reuters

Publié le 30 juin 2010 à 08:30 - Mis à jour le 30 juin 2010 à 08:35

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Entre la réforme des retraites à finaliser et les accusations contre Eric Woerth, le chef de l'Etat doit trancher. Son conseiller Alain Minc prône un changement de Premier ministre en 2011. L'opposition poursuit ses attaques. L'existence d'un micro-parti dans l'Oise dirigé par Eric Woerth alimente la polémique.

Le chef de l'Etat a annoncé ce mercredi à des parlementaires un remaniement du gouvernement en octobre prochain. La rumeur courait ces derniers jours dans les cabinets ministériels. Ce mouvement pourrait donner lieu au grand retour d'Alain Juppé que certains annoncent au ministère des affaires étrangères.

Il évoque aussi une réorganisation de l'UMP en pleine affaire Woerth qui cumule les fonctions de ministre (du Travail et auparavant du Budget) et de trésorier du parti recevant des dons privés, par exemple de Liliane Bettencourt, l'héritière de L'Oréal soupçonnée d'évasion fiscale.

Eric Woerth pourrait devoir abandonner sa fonction de trésorier de l'UMP... Mais il pourrait aussi être obligé de quitter le gouvernement après avoir mené à bien la délicate réforme des retraites, en raison des accusations de conflit d'intérêts le touchant ainsi que sa femme sur le dossier Bettencourt.

Proche de Nicolas Sarkozy, le conseiller et essayiste Alain Minc a estimé ce mercredi dans l'émission Questions d'Info LCP/France Info/AF, à titre "personnel", que le chef de l'Etat devrait changer de Premier ministre un an avant la présidentielle, car "avec la pression forte" un gouvernement "ne peut pas faire plus de quatre ans".  Il souligne avoir "toujours dit publiquement" que Valéry Giscard d'Estaing "n'aurait pas été battu en 1981 si un an avant l'élection présidentielle, il avait remplacé M. Barre par M. Monory".  "On ne fait pas un quinquennat avec un seul gouvernement, car les remaniements gouvernementaux ce n'est pas un changement de gouvernement".

Le gouvernement a dénoncé à nouveau ce mercredi la hargne de l'opposition envers Eric Woerth. L'annonce de Nicolas Sarkozy  qui compte attendre octobre pour remanier le gouvernement vise à faire baisser la pression. Des rumeurs au sein de la majorité évoquaient un remaniement anticipé sous la pression de l'affaire Woerth.

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La tourmente a néanmoins enflé pour le second jour consécutif à l'Assemblée nationale où la gauche a tenté de savoir si un micro-parti fondé par Eric Woerth dans son fief de l'Oise avait bénéficié de dons de l'héritière de L'Oréal. Le Premier ministre François Fillon a répliqué que l'acharnement du Parti socialiste était "indigne du grand parti de responsabilité" qu'il prétend être.

Auparavant, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux avait fustigé ceux qui, faute d'avoir un projet pour la France, "se consacrent exclusivement à une chasse à l'homme." "La vérité, c'est que vous ne parviendrez jamais à salir l'honneur d'Eric Woerth, ni à détourner le gouvernement de son action de réforme, ni la solidarité de la majorité parlementaire", a-t-il affirmé. Les propos tenus la veille par l'ex-candidate socialiste Ségolène Royal, dénonçant le "système Sarkozy corrompu", ont alimenté la contre-attaque gouvernementale.

UN CHÈQUE AURAIT ÉTÉ VERSÉ

"Votre hargne sape les fondements mêmes de notre démocratie et notre République ne doit pas faire les frais d'une surenchère, d'une primaire au sein du Parti socialiste", a lancé le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

Mais les élus socialistes, qui ont demandé le même jour la création d'une commission d'enquête sur la gestion du dossier fiscal de Liliane Bettencourt, ont mis le doigt sur un nouvel aspect de l'affaire : la création par Eric Woerth d'un "parti de poche".

Selon le site Mediapart, l'ex-ministre du Budget, également trésorier de l'UMP, est à la tête dans l'Oise, où il est maire de Chantilly, d'une "Association de soutien à l'action d'Eric Woerth" qui a le statut de parti politique à part entière. Cette association aurait touché par exemple en 2008 19.650 euros de "dons de personnes physiques" ainsi que des subventions de l'UMP, dont Eric Woerth est en même temps trésorier.

Dans Le Nouvel observateur, à paraître vendredi, l'entourage de Patrice de Maistre confirme que le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt a signé un chèque de 7.500 euros, le maximum légal, au micro-parti Eric Woerth.

Trois autres chèques, de 4.600 à 7.500 euros, auraient été versés, mais seulement deux encaissés, selon cette source. L'un serait allé à Valérie Pécresse, tête de liste de l'UMP aux régionales de mars 2010 en Ile-de-France, et l'autre à l'association de financement de l'UMP et non à Nicolas Sarkozy lui-même comme le suggéraient des enregistrements pirates de Patrice de Maistre.

Le député PS Christian Paul a donc demandé au gouvernement de confirmer lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée si ce chèque avait bien été encaissé. Réponse de François Fillon : "Il n'y a pas un membre du gouvernement qui soit en mesure de répondre à la question que vous posez parce que ce n'est pas son rôle."

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Le Premier ministre a expliqué que les lois permettaient aujourd'hui à quelque 300 partis politiques d'avoir une existence et "d'être contrôlés par la commission de contrôle des comptes de campagne, seule compétente". "La République et la démocratie, ce sont des règles et des principes et vous les bafouez en permanence", a jugé le chef du gouvernement. "Nous ne laisserons pas la démocratie se laisser entraîner sur ces chemins de traverse."

latribune.fr avec Reuters

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