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Agroalimentaire - La Tribune Bordeaux

Grippe aviaire : le trou d’air landais sera-t-il une bulle d’oxygène ?

Photo de Pascal Rabiller

Pascal Rabiller

Publié le 19 février 2016 à 14:42 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 04:09

Canards

Canards

Pascal Xicluna / Min. Agriculture

Le Quotidien Numérique

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La suspension pour quatre mois de la production de canards mise en place par le ministère de l’Agriculture afin d’enrayer la propagation de l’influenza aviaire est tout sauf une bonne nouvelle économique pour la filière aval qui emploie 5.000 personnes dans les Landes, 1.200 en Dordogne, hauts lieux de production. Mais dans les Landes, la CCI et la Chambre de métiers, en préparant le coup d’après, entendent faire de ce trou d’air industriel une bulle d’oxygène.

Sonder les 400 entreprises landaises de la filière aval palmipède gras constituait, depuis l'annonce de la suspension de production ("vide sanitaire") imposée par le ministère de l'Agriculture pour éradiquer l'épidémie de grippe aviaire, la priorité des priorités pour la Chambre de commerce et d'industrie et la Chambre de métiers du département des Landes.
Cette filière aval, qui va de la machinerie à la valorisation de co-produits, du transport à l'industrie du vêtement et linge de maison doté de plumes et duvets de canard, en passant par les abattoirs, emploie 5.000 personnes dans ce département.

"L'amont est très bien géré par les syndicats professionnels. Mais nous devions, rapidement, pour éviter un maximum de casse économique et sociale, connaître les besoins réels de cette filière aval", explique Guy Feugas, vice-président de la CCI des Landes, en charge de la commission industrie de la chambre consulaire. "Il était important de savoir si les actions mises en place par l'Etat, les collectivités et nos chambres consulaires est à la hauteur des enjeux."

En Dordogne, ce sont 120 entreprises de la filière aval, ce qui représente 1.200 salariés, qui ont été également sondées. Dans ce département aussi, la CCI rappelle que l'élevage est bien pris en charge, mais que la filière aval, durement impactée elle aussi par cette mesure qui aura des conséquences négatives jusqu'aux fêtes de fin d'année, période hautement stratégique pour le foie gras et ses dérivés, ne bénéficiera que du dispositif de chômage partiel "et ne sera donc que très faiblement indemnisée", souligne la CCI de Dordogne dans son dernier communiqué de presse.

"Montrer au monde que nous reviendrons plus forts"

Dans les Landes, jeudi 18 au soir, on s'est surtout appliqué, en les réunissant pour une première réunion de filière, à faire en sorte que ses acteurs aient le même niveau d'information sur ce dispositif clé baptisé, en réalité, activité partielle.
Ce dispositif permet à toutes les entreprises de la filière dont l'activité est réduite ou suspendue par la grippe aviaire de maintenir les salariés dans leur emploi, voire, et c'est un des objectifs prioritaires de l'Etat, de les former en bénéficiant d'une aide financière de l'Etat et de l'Unedic (100 % de prise en charge pour les emplois au smic). A l'heure actuelle, pour la filière de transformation, la perte d'activité, évaluée entre 20 et 40 % selon les entreprises, devrait nécessiter la demande de 500.000 heures en activité partielle. Pour le secteur de la collecte et transformation de plumes, ce chiffre est évalué à 70.000 heures.

"Puisque la filière n'a pas le choix, je crois que l'arrêt de la production doit être l'occasion pour elle d'une remise en cause technique, voire technologique, d'une montée en compétence de ses salariés, d'une action en faveur de la R&D", explique Guy Feugas."Le marché mondial a le regard tourné vers nous et attend de voir comment nous allons réagir. Je crois sincèrement que nous devons faire de ce trou d'air une opportunité. Ne pas subir. Montrer que nous sortirons plus forts, plus efficaces, plus sûrs et plus compétitifs de cette crise. Nous avons quelques mois pour envoyer un signal fort à nos clients du monde entier. Nous ne lésinons pas sur la qualité sanitaire de nos produits. Nous reviendrons plus forts sur ce marché mondial", explique Guy Feugas.

Plus forts et peut-être mieux adaptés car, profitant de cette crise, certaines entreprises commencent à plancher sur leur dépendance à la filière du palmipède.

"On assiste à une remise à plat des stratégies, à l'émergence de nouvelles pistes de réflexion autour du textile... et surtout, nous créons un observatoire sur les trois ans à venir qui va mesurer l'impact de cet arrêt de la production sur le tissus industriel  local et nous permettre de préparer les éventuelles prochaines crises."

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L'adaptation, dans ce département, on connaît bien. Deux tempêtes historiques, Martin en 1999 et Klaus en 2009, ont appris à la filière bois à se remettre en question pour faire beaucoup mieux que survivre.

Pascal Rabiller

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