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Agroalimentaire - La Tribune Bordeaux

Grippe aviaire : voici la porte qui ne renferme plus le virus !

Photo de Pascal Rabiller

Pascal Rabiller

Publié le 17 janvier 2017 à 13:17 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:57

porte de cage pour canard

porte de cage pour canard

Sté FAF

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Photo d'illustration de l'article
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Comme La Tribune l’évoquait vendredi 13 janvier, la seconde crise sanitaire de grippe aviaire qui secoue l’élevage de palmipèdes et de volailles dans le Sud-Ouest oblige la filière à repenser ses process de fabrication, de nettoyage, de transport… Exemple avec la nouvelle porte de cage de transport des canards et volailles produite en Aveyron à l’initiative d’Agrolandes.

Depuis l'épidémie de grippe aviaire de 2016 et alors qu'on ne savait pas qu'une deuxième crise se profilait déjà, dans les Landes, du côté de Haut-Mauco et du technopole Agrolandes, là où précisément on planche au quotidien sur l'agriculture et l'agroalimentaire du futur, on réfléchit à tous les moyens permettant de gérer au mieux ces virus difficilement évitables.

"On ne peut empêcher les oiseaux migrateurs de transporter ces virus, aussi nous travaillons d'abord sur : comment se débarrasser du virus présent dans le lisier des canards", explique Marc Chazeau, directeur d'Agrolandes."Aucun des trois modes de traitements proposés par l'Etat n'est efficace... aussi nous avons travaillé la piste de la méthanisation qui semble la plus à même d'éliminer efficacement le virus."

L'ancienne porte passera à la trappe

En collaboration avec le Cifog (Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras), les professionnels du transport et le professeur Jean-Luc Guérin, de l'Ecole nationale vétérinaire de Toulouse, Agrolandes a également travaillé sur la piste des déplacements des animaux et du virus.

"Le virus actuel est encore plus virulent que le précédent. Il se transporte aussi beaucoup mieux, et dans une filière canard qui est très segmentée, les déplacements de canards sont nombreux, nous devons les gérer au mieux", soutient Marc Chazeau.

Les partenaires ont identifié dès le printemps dernier un maillon faible récurrent dans la chaîne de biosécurité de la filière : les cages, et tout particulièrement leurs portes.

"Après avoir audité 13 stations de lavage des cages, nous avons identifié le fait que les portes des modèles actuels, que la filière utilise depuis 35 ans déjà, sont quasi impossibles à débarrasser totalement de la fiente, explique Marc Chazeau. Aussi on peut dire qu'à cause des trappes, ou portes d'accès actuelles installées sur les cages, ces dernières sont impossibles à traiter totalement contre le virus."

Pour y remédier, Agrolandes a lancé un appel à projets portant sur la réalisation de portes pouvant s'adapter aux cages actuelles.

"Elle devait répondre aux problématiques d'ergonomie, de nettoyage et de bien-être animal", précise Marc Chazeau.

Le résultat c'est une nouvelle porte, réalisée par la société de plasturgie FAF, située en Aveyron à Saint-Sernin-sur-Rance. Après avoir réalisé trois prototypes dans un temps record de deux mois, la PME a mis au point le moule de la porte en plastique qui répond aux attentes actuelles de la filière.

"Nous devions répondre au cahier des charges tout en proposant une porte à un coût limité afin que le remplacement des anciennes porte pour que ce modèle soit à la portée du plus grand nombre possible d'éleveurs qui sont déjà fortement affaiblis économiquement par les crises sanitaires successives", explique la société très présente dans le monde de l'aviculture et les équipements de gavage.

Validé, le modèle de porte avant et de trappe va d'abord être réalisé à 70.000 exemplaires.

"Nous espérons, dans un premier temps, permettre aux transporteurs d'équiper 30.000 cages de ces nouvelles portes, moyennant 5 euros d'investissement pour deux portes... là où le modèle précédant coutait 10 euros l'unité", souligne Marc Chazeau.

Après la porte, les cages bientôt au rancart ?

"Pour nous ce n'est pas une activité majeure économiquement", assure la direction de FAF, PME de 22 salariés, "mais elle nous permet de mettre un pied sur le marché des cages, où nous n'étions pas présent jusque-là", reconnaît la PME aveyronnaise.

Un positionnement judicieux car outre les portes, "maillon faible de la décontamination actuelle", les cages elles-mêmes semblent poser problème sur le plan de la bio-sécurité. Des cages de transport jusque-là produites par le groupe français Allibert qui coûtent entre 70 et 90 euros HT l'unité.

"Les cages en plastique, utilisées depuis des décennies, et faites initialement pour durer, sont extrêmement solides, mais s'altèrent forcément avec le temps, se rayent, deviennent parfois même poreuses. Résultat, le nettoyage de celles-ci peut lui aussi s'avérer impossible. Il nous faut étudier la possibilité de les réformer plus rapidement dorénavant", explique le directeur d'Agrolandes.


Outre la porte, FAF a également mis au point la trappe du dessus de cage qui semble la mieux adaptée pour faciliter son nettoyage.

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Nouveaux process de production et de décontamination, nouvelles portes, nouvelles cages, bâtiments faciles à nettoyer..., les crises successives de grippe aviaire ne font pas que bouleverser le modèle économique d'une filière du canard gras qui ne peut se permettre de remettre en cause un mode de production qui est le garant des labels de qualité. Les bouleversements qu'entraînent les crises sanitaires obligent la filière à une remise à niveau en matière de bio-sécurité qui ne sera pas sans conséquence sur les coûts de production. L'exercice difficile consistant, pour la filière, à s'adapter tout en restant dans les clous de la production sous label de qualité et en limitant les coûts et l'impact qu'ils auront sur les prix de vente aux consommateurs.

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Pascal Rabiller

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