L'affaire des Bassines enflamme la Chambre d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine

Jean-Philippe Déjean

Dominique Graciet
Pascal Rabiller

Jean-Philippe Déjean

Dominique Graciet
Pascal Rabiller
Le président de la Chambre d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine est d'abord revenu sur un bilan climatique régional très contrasté depuis janvier. Ce qui se comprend plus facilement quand on se rappelle que la Nouvelle-Aquitaine a la taille de l'Autriche et beaucoup moins de montagnes que ce pays alpin.
Des aides seront disponibles au cas par cas, précise-t-il ensuite en substance. Malgré ces impacts météo négatifs, l'agriculture régionale a aussi eu sa part de bonnes surprises, avec une hausse des prix pour les grandes cultures (céréales, oléagineux...), qui a permis de compenser la baisse des rendements. La production de fruits et légumes est restée bien orientée, tandis que la hausse des prix doit être confirmée pour le blé et le maïs, a observé Dominique Graciet, qui a qualifié cette année de "très atypique".
Il a ensuite glissé le plus naturellement du monde vers le sujet qui fâche : celui de la gestion de l'eau. Le tragique épisode du projet de barrage de Sivens (Tarn - 1,5 million de m3 de retenue prévue), où en 2014 Rémi Fraisse, jeune manifestant, a été tué par un tir de grenade de la gendarmerie, a marqué les esprits et donné une dimension inédite à la gestion des ressources en eau, témoignant de très fortes tensions. Un contexte qui ne modifie pas l'approche du président de l'agriculture néo-aquitaine, qui tient à défendre ses positions sans faire d'effets de manche.
"Pour gérer les périodes d'excès d'eau et celles de sècheresse, il faut construire des retenues. C'est impératif. Nous créons des réserves d'eau pour pouvoir y pomper l'été et protéger la nappe phréatique" explique-t-il, avant de citer deux exemples régionaux.
Et en premier lieu le projet de création d'une retenue sur le ruisseau de Caussade, en Lot-et-Garonne, à Pinel-Hauterive (dans le Villeneuvois). Ce projet de retenue, validé le 2 juillet par le préfet, a été attaqué devant le tribunal administratif par les associations de défense de la nature Sepanso et Sepanlog le 18 septembre, quelques jours après la conférence de presse de la Chambre d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine.
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Comme le précise la Mission régionale d'autorité environnementale (MRAE) Nouvelle-Aquitaine, ce projet se situe "sur le ruisseau de Caussade qui se jette dans le Tolzac de Monclar (un affluent de la Garonne -NDLR) à environ 500 m en aval du projet". Le site retenu est en dehors de tout périmètre d'inventaire ou de protection, mais compte plusieurs espèces végétales et animales protégées. Il s'agit de créer sur une vingtaine d'hectares une retenue qui doit "a minima fournir un volume voisin de 660.000 m3" pour satisfaire les besoins : soit environ 430.000 m3 pour les besoins agricoles et 230.000 m3 pour soutenir le débit du ruisseau de Caussade.
La MRAE adresse néanmoins une sorte d'avertissement aux porteurs de ce projet.
Dans tous les cas, le projet de Caussade n'a pas les dimensions de celui de Sivens, alors que Sepanso et Sepanlog font la comparaison. Une mise en perspective que ne partage pourtant pas la conseillère régionale EELV (Europe Ecologie Les Verts) Maryse Combres. Et puis Serge Bousquet-Cassagne, le président de la Chambre d''agriculture de Lot-et-Garonne, a déjà prévenu - dans les colonnes du quotidien agenais Le Petit Bleu - qu'en cas de blocage les paysans ont un plan B et qu'ils iront construire cette retenue avec leurs pelles. Mais c'est sur les Bassines des Deux-Sèvres que s'est concentré Dominique Graciet. Derrière cette appellation poétique se cache un projet de création, par la Coopérative de l'eau, de 19 retenues d'une capacité unitaire de 400.000 m3, pour un total de 7,6 millions de mètres cubes ! Les dimensions de ce projet à près de 60 M€ ne sont plus les mêmes mais pour Dominique Graciet les enjeux ne varient pas.
Dominique Graciet a ensuite dénoncé les importants retard pris par l'Etat pour accorder aux agriculteurs bio les aides auxquelles ils ont droit.
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Les prochaines élections consulaires dans l'agriculture auront lieu en janvier 2019 et Dominique Graciet, élu pour la première fois à la présidence de la Chambre d'agriculture des Landes en 2001, va entamer son dernier mandat. "Je vais me représenter à la présidence de la Chambre d'agriculture des Landes mais je ne finirai pas mon mandat parce que je vais prendre ma retraite en cours de route. Pour la région je ne sais pas. Ce qui est sûr c'est que je resterai dans l'agriculture" s'amuse le président. Prochain grand rendez-vous, la venu du ministre de l'Agriculture Stéphane Travert le 9 novembre à Bayonne pour les 20 ans de l'IGP (indication géographique protégée) Jambon de Bayonne.
Jean-Philippe Déjean