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Agroalimentaire - La Tribune Bordeaux

Grand Bordeaux : Loc'Halle Bio place les circuits courts au cœur de son modèle économique

Photo de Pierre Cheminade

Pierre Cheminade

Publié le 05 avril 2019 à 07:06 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:45

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CC by Pixabay

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La société coopérative d'intérêt collectif (Scic) Loc'Halle Bio réunit désormais 90 producteurs dans un rayon de 150 km autour de Bordeaux. A cette exigence locale et de rationalisation logistique, s'ajoute celle de l'agriculture bio. Cette structure de l'économie sociale et solidaire, unique en France, a dépassé l'an dernier les 1.000 tonnes de marchandises et prévoit à nouveau 9 % de croissance en 2019.

De l'ail rose frais au topinambour en passant par le concombre, la fraise et la pastèque, Loc'Halle bio propose environ 80 variétés de fruits et légumes frais cultivés exclusivement en Gironde, Charente-Maritime, Charente, Dordogne, Lot-et-Garonne et dans les Landes. Les 90 producteurs maraîchers associés (20) ou apporteurs (70) de ce groupement sont en effet tous situés à moins de 150 km de Bordeaux et tous bio. L'an dernier, la coopérative a acheminé et écoulé 1.000 tonnes de produits agricoles via le marché d'intérêt national (MIN) de Bordeaux Brienne. Une goutte d'eau parmi les 150.000 tonnes de marchandises qui transitent annuellement par la plateforme mais la dynamique est bien réelle depuis sa création en 2013.

"Nous avons enregistré une croissance d'environ 20 % par an au cours des premières années. 2018 s'est terminée autour de 10 % en raison des conditions climatiques difficiles et l'objectif pour l'année 2019 a été fixé à 9 %", explique Jean-Christophe Mado, le directeur général de la structure qui pilote une exploitation à Campugnan, près de Blaye. Après 2,3 M€ en 2017, Loc'Halle Bio a généré 2,5 M€ de chiffre d'affaires l'an dernier avec un modèle économique rentable permettant de dégager 18 % de marge nette pour les producteurs.

Rationaliser et mutualiser les flux logistiques

Au cœur de ce modèle se trouve la rationalisation des flux logistiques pour éviter qu'une palette de tomates cultivées dans le Marmandais ne passe par le MIN de Rungis, en Ile-de-France, avant d'atteindre le MIN de Brienne (1.200 km aller-retour). "Nous travaillons étroitement avec nos transporteurs dans chaque département pour optimiser les circuits de ramassage auprès de nos producteurs et mutualiser les trajets vers Bordeaux qui se font toujours avant 8h pour éviter les heures de pointe", détaille Jean-Christophe Mado. De quoi économiser quelques tonnes de CO2 et diviser par deux le coût du transport qui se situe entre 28 et 30 € par palette vers Bordeaux contre 65 € pour un transport vers Rungis. La coopérative est ainsi partie prenante des discussions en cours sur ces sujets entre Bordeaux, le Marmandais et le Réolais.

D'autant que le modèle lui-même est davantage rémunérateur pour les producteurs. "Nous fixons nos prix en partant systématiquement du coût de production pour être sûr que nos agriculteurs s'y retrouvent. Malgré cela, nos prix sont souvent inférieurs de 5 à 15 % à la concurrence conventionnelle", assure le dirigeant de la coopérative. D'autant que les producteurs écoulent leurs produits à des prix plus avantageux sur le marché de détail de Brienne que sur le marché de gros de Rungis.

Viser la restauration collective

La coopérative fournit des restaurateurs, les magasins Biocoop, des commerçants ou encore des structures locales comme Les P'tits Cageots, qui est à la fois un acheteur et un fournisseur. Au total, 95 % de la production est écoulée dans ce même rayon de 150 km autour de Bordeaux dont les trois-quart à Bordeaux Métropole.

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L'objectif est désormais de s'organiser pour être en mesure de répondre aux besoins croissants de la restauration collective en matière d'alimentation bio. "Nous allons regrouper et structurer notre offre sur Bordeaux pour être en mesure de répondre en 2020 à ce marché qui représente des volumes conséquents et des débouchés pour des fruits et légumes aux calibrages différents et parfois très rémunérateurs", indique Jean-Christophe Mado. Le syndicat intercommunal de Bordeaux-Mérignac sert ainsi plus de 23.000 repas par jour tandis que celui du Haut-Médoc assure plus de 6.000 assiettes quotidiennement. Les deux structures s'approvisionnent en bio à hauteur de 23 à 30 % et entendent bien accroître cette part dans les années qui viennent.

Loc'Halle Bio mutualise les trajets entre les départements de production et le MIN de Brienne, à Bordeaux, ici en photo (crédits : Mathieu Mamontoff, Artiste Associé).

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En kiosque !

Retrouvez dès ce samedi 6 avril 2019 en kiosque dans l'édition hebdomadaire de La Tribune un cahier de quinze pages dédié à ces relations d'interdépendance entre Bordeaux Métropole et les territoires alentours en matière d'eau, d'alimentation et d'électricité. A noter qu'il ne sera pas disponible dès le vendredi, comme à l'accoutumée, en raison d'une grève du distributeur Presstalis.
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Un appel à manifestation d'intérêt pour le MIN de Bordeaux Brienne

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Le 28 mars 2019, Bordeaux Métropole a publié un AMI (appel à manifestation d'intérêt) à l'attention des promoteurs immobiliers, investisseurs, architectes, entreprises utilisatrices des futures surfaces développées et bureaux d'études pour imaginer des projets de développement du MIN de Brienne à l'horizon 2025. Objectif : créer de nouveaux espaces pour les activités traditionnelles du MIN sur 15.000 m2 en rez de chaussée et développer de nouvelles activités privées innovantes dans les étages supérieurs, sur 40.000 m2, avec la réalisation d'une ceinture bâtie sur le pourtour du site. S'agissant des nouvelles activités, Bordeaux Métropole ambitionne d'y déployer un pôle d'innovation dans les métiers de la logistique urbaine, de l'alimentaire et de la restauration. La date de remise des propositions est fixé au 17 juin 2019 pour une sélection prévue en octobre. Le lancement de la procédure avec le ou les lauréats interviendrait alors au 1er trimestre 2020.

Pierre Cheminade

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