Agriculture biologique : les surfaces cultivées ont quadruplé en dix ans en Nouvelle-Aquitaine

Pierre Cheminade

Agriculture biologique
PC / La Tribune

Pierre Cheminade

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En 2018, la surface des exploitations certifiée agriculture biologique ou en cours de conversion a bondi de +20 % en Nouvelle-Aquitaine, selon les derniers chiffres de l'Observatoire régional de l'agriculture biologique (Orab)(*), qui propose une carte interactive des conversions intervenues au premier semestre. Si le bio est en croissance régulière depuis dix ans dans la région, le rythme s'est nettement accéléré depuis 2015 avec des évolution à deux chiffres. Ainsi fin 2018, la surface dédié à l'agriculture biologique dans la région aura presque quadruplé en dix ans.
Avec plus de 260.000 hectares cultivés en bio ou en cours de conversion, la Nouvelle-Aquitaine compte désormais 6.428 exploitations agricoles bio. La région devrait enregistrer entre 1.1000 et 1.200 conversions de plus sur la seule année 2018, contre 770 en 2017 et 742 en 2016. Une accélération qui concerne des producteurs de toute taille avec même une hausse de la surface moyenne des exploitations en conversion ces derniers mois.
Pour autant, la Nouvelle-Aquitaine, 1ere région agricole française, ne pointe qu'à la 3e place en nombre d'hectares bio et seulement à la 8e place en pourcentage de la surface agricole utile (SAU) dédiée au bio. "Le tissu agricole et viticole régional compte beaucoup de productions de qualité plutôt rémunératrices donc la conversion vers le bio s'est faite moins naturellement qu'ailleurs. Mais aujourd'hui des coopératives se mettent au bio, ce qui permet des conversions collectives", analyse Jérôme Cinel. Fin 2017, le bio représentait 6,5 % de la SAU au niveau national contre 5,5 % en Nouvelle-Aquitaine. C'est le Sud-Est qui se montre particulièrement en avance en la matière.
Les situations restent contrastées selon les productions. La viticulture (à l'exception du Cognaçais), les fruits et légumes et certaines grandes cultures - céréales et oléagineux - figurent parmi les secteurs les plus en pointe dans la région tandis que l'élevage est beaucoup plus timide, notamment les producteurs laitiers et les élevages porcins et caprins. Et malgré les conditions climatiques particulièrement difficiles pour les vignes du Bordelais ces derniers mois - menaces liées au mildiou après les fortes pluies hivernales puis les épisodes de grêle destructeurs du printemps - l'Orab n'a pas constaté de déconversions en 2018
La croissance des volumes sera-t-elle suffisante pour diminuer les coûts de production et les prix facturés aux producteurs comme aux consommateurs ?
Pour y arriver, il identifie un autre défi pour la filière : "Maintenir constamment l'amélioration et l'expérimentation de techniques efficientes et innovantes et poursuivre la R&D pour optimiser les rendements."
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D'autant que des obstacles demeurent à la conversion bio, notamment sur le plan financier. Les retards de paiement des aides de l'Etat et européennes à la conversion et au maintien de l'agriculture biologique peuvent en effet atteindre trois ans, avec des conséquences parfois rédhibitoires pour les producteurs.
(crédits : observatoire régional de l'agriculture biologique Nouvelle-Aquitaine)
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(*) L'Observatoire régional de l'agriculture biologique vise à produire des données exhaustives et partagées sur le secteur en Nouvelle-Aquitaine. Il associe les chambres d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine, la Fédération régionale d'agriculture biologique, l'interprofessionnelle InterBio, l'Agence du bio, la Région Nouvelle-Aquitaine et le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation.
Pierre Cheminade