Avec le début du premier confinement, en mars 2020, la fermeture des cafés et restaurants est venue s'additionner aux annonces d'annulations en cascade des salons professionnels consacrés aux vins. Après la petite accalmie de l'été, le couperet de la fermeture des cafés-restaurants est brutalement retombé depuis le mois de novembre. Venant gonfler un coussin de mauvaises nouvelles déjà épaissi par les représailles douanières américaines appliquées sur les producteurs français de vins, dans le cadre du conflit commercial entre Boeing et Airbus, finalement suspendues il y a quelques semaines.
Miné par une crise commerciale qui n'en finit plus de rebondir depuis une dizaine d'années, le vignoble bordelais a beaucoup souffert en 2017, frappé par un épisode de gel dévastateur qui a fait chuter la production et mis l'année suivante sous pression, puisque les ventes de ce millésime ont été déséquilibrées par le manque de volumes. Au lieu d'alléger la pression d'une offre devenue surabondante sur le marché en France, cette chute a provoqué, a souligné le CIVB (Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux), présidée par Bernard Farges, un recul des ventes à cause d'un manque de bouteilles de bordeaux estampillées 2017 à mettre en vente dans les linéaires. Cette raréfaction provoquant une hausse des prix.
Au bout du compte l'année 2020 s'est traduit par une baisse des volumes vendus de -5 % par rapport à 2019, soit 3,9 millions d'hectolitres, et, encore plus préoccupant, de -10,3 % en valeur, à 3,5 milliards d'euros. Pour mémoire, les ventes de vins de Bordeaux avaient déjà reculé en volume à 4,1 millions d'hectolitres en 2019 et à 3,9 milliards d'euros en valeur (-4 %). Aux éléments purement conjoncturels liés à la météo, à la pandémie de coronavirus et au bras de fer commercial avec les Etats-Unis, le CIVB rajoute des changements qui vont durer.