« Solution d'avenir » ou « projet du monde d'hier » ? Alors que plusieurs fermes-usines d'élevage de saumons tentent d'éclore, comme Pure Salmon au Verdon-sur-mer, dans le Médoc, en Gironde, des opposants écologistes assurent que ces projets nagent à contre-courant. Ils se sont mobilisés sur place le 27 janvier.À l'embouchure de la Gironde, là où se rencontrent le fleuve et l'Atlantique, un petit groupe de militants et d'élus écologistes arpente une plage limitrophe d'un vaste terrain appartenant au Grand port maritime de Bordeaux, ce vendredi 27 janvier. De hautes grues de déchargement témoignent du passé industriel de ce site côtier, actuellement inutilisé mais prêt à l'emploi, où Pure Salmon espère bien implanter sur 14 hectares une grande ferme d'élevage et une unité de transformation de saumons. Une « méga-usine », jugent plutôt ses opposants.
Détenue par un fonds d'investissement domicilié à Singapour, la société espère, via un investissement de 275 millions d'euros, produire à partir de 2026 10.000 tonnes annuelles de saumon Made in Médoc, soit environ 5 % de la consommation française. Les poissons seront élevés dans 24 bassins de 25 mètres de diamètre et 7 mètres de profondeur, grâce à une technologie de recirculation de l'eau permanente que Pure Salmon a acquise en achetant à Veolia une société spécialisée.
« Le saumon est le poisson le plus consommé par les Français mais nous l'importons à 100% », de Norvège, d'Ecosse ou du Chili, en contradiction avec l'objectif de souveraineté alimentaire, explique à l'AFP son président Xavier Govare.
«Protéine de qualité» ou «greenwashing» ?
Avec cette ferme, Pure Salmon souhaite « nourrir les Français d'une protéine de qualité produite localement dans le plus strict respect de l'environnement et du bien-être animal, et dans une installation complètement biosécurisée », dit-il. « Greenwashing », rétorque Esther Dufaure, du collectif « Eaux secours Agissons ». Elle dénonce notamment une consommation énergétique annuelle équivalente à « celle d'une ville de 10.000 habitants » et un besoin en eau égal à « deux ans de maraîchage sur un hectare de terres », dans une zone « à risques de submersion marine ».
Benoît Petit, AFP, au Verdon-sur-Mer