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Agroalimentaire - La Tribune Bordeaux

Les prix des vins de Bordeaux en forte baisse au second semestre 2022

Latribune.fr avec AFP

Publié le 16 mars 2023 à 15:16 - Mis à jour le 16 mars 2023 à 15:16

Crise viticole

Le prix payé pour les vins de Bordeaux recule de 5 % en 2022.

Agence APPA

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Après d'excellentes vendanges 2022, la production viticole française promet d'être abondante et de remplir les chais, mais les prix payés aux viticulteurs s'effritent sur la fin de l'année, tout particulièrement pour les vins de Bordeaux rouges. D'août à décembre 2022, leurs prix dévissent ainsi de 21 % par rapport à la moyenne sur cinq ans. Les premiers arrachages de vignes sont prévus dans le vignoble bordelais dès octobre 2023.

La France aurait produit 45,8 millions d'hectolitres de vin en 2022, un volume en hausse de 21% par rapport à une récolte 2021 « historiquement basse » à cause de calamités climatiques à répétition (gel, grêle et sécheresses), a indiqué mardi 14 mars l'Agreste, le service statistique du ministère, en s'appuyant sur les données des douanes. La récole 2022 dépasserait ainsi de 7 % la moyenne des cinq dernières années (2017-2021). Si la sécheresse exceptionnelle de l'été 2022 a limité le potentiel de rendement dans certaines régions, la production viticole a rebondi sur un an dans la plupart des bassins.

«Les pluies de fin d'été ont permis la maturation finale du raisin et atténué les effets de la sécheresse sur les volumes. Ces conditions favorables n'ont cependant pas été suffisantes dans les vignobles du Sud-Ouest et des Charentes», à nouveau touchés par des gelées puis par de la grêle.

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Trajectoires de prix disparates

Sur la période d'août à décembre 2022, qui correspond à la première partie de la campagne de commercialisation 2022-2023, les prix à la production des vins d'appellation hors champagne, qui sont les prix perçus par les viticulteurs, « s'orientent à la baisse », de 3% sur un an, selon l'Agreste. Ce repli cache toutefois des disparités : le prix payé pour les vins de Bordeaux recule de 5 %, plombé par les vins rouges, et s'effrite de 7 % pour les côtes-du-rhône, alors qu'il progresse de 4 % pour les vins du Roussillon et de 2 % pour le champagne.

En élargissant la focale, il ressort une baisse de 18 % des prix des vins de Bordeaux d'août à décembre 2022 par rapport à la moyenne des cinq dernières années. C'est de très loin la plus forte baisse de tous les vignobles français sur cette période. La chute atteint même -21 % pour les seuls bordeaux rouges tandis, qu'à l'inverse, les prix des bordeaux blancs progressent de 14 % sur la même période. Des évolutions baissières qui avaient incité le CIVB à carrément suspendre la cotation des vins en vrac dans le bordelais en novembre dernier.

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«La baisse des ventes de vins rouges en GMS (grandes et moyennes surfaces), estimée entre 10% et 15%, affecte particulièrement les crus du bordelais, plus grand vignoble AOP de France (110.000 hectares dont 85% en rouge) dont la moitié des volumes produits s'écoulent dans lesgrandes enseignes», constate l'étude, rappelant quela région bordelaise «est aussi touchée parle décrochage de ses ventes sur le marché chinois, sa première zone d'exportation depuis 2015».

Comme pour l'alimentation, l'inflation pèse en effet sur les achats de vins des Français en grandes et moyennes surfaces (GMS). En 2022, selon le panel IRI cité par l'Agreste, les ventes de vins tranquilles auraient baissé de 6 % sur un an, « davantage sur les rouges (-9 %) que sur les blancs (-6 %) ou les rosés (-1 %) ». La production mondiale de vin devrait rester stable en 2022, à 262 millions d'hectolitres, selon l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), la France arrivant deuxième derrière l'Italie parmi les plus importants producteurs.

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Arrachage dès septembre 2023 à Bordeaux

En Gironde, la cellule de crise sur la viticulture s'est à nouveau réunie le 15 mars pour détailler les annonces du début du mois sur le plan d'arrachage des vignes de 67 millions d'euros abondé par l'Etat, la Région Nouvelle-Aquitaine et le CIVB (Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux).« Chaque hectare arraché pourra bénéficier d'une aide de 6.000 euros », rappelle la préfecture qui précise : « Le calendrier prévisionnel du plan d'arrachage sanitaire a ensuite été présenté avec un objectif des premiers arrachages en octobre 2023 et des premiers versements aux viticulteurs pour le début d'année 2024 ». Un numéro dédié à l'accompagnement des agriculteurs en difficulté a été mis en place : 0 800 620 069

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