Vinexpo, le grand salon international des vins et spiritueux, retrouve Hong Kong du 28 au 30 mai avec plus de 10.000 professionnels attendus. Si les grands crus bordelais tirent leur épingle du jeu en Asie, les châteaux moins prestigieux de l'appellation doivent jouer des coudes pour s'imposer face à leurs concurrents chiliens ou australiens, comme en témoigne ce Français de Tokyo, représentant d'une grande maison de négoce bordelaise.Bien sûr, l'Asie reste le premier marché à l'export pour les vins de Bordeaux. Pourtant, selon les chiffres de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France, l'appellation, toutes catégories confondues, est passée entre 2019 (l'avant-Covid) et 2023 de 7,2 millions de caisses écoulées à 5 millions, avec une baisse en valeur de plus de 135 millions d'euros sur ces cinq années. Rien que pour la Chine, selon les derniers chiffres du CIVB (Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux), la chute des exportations a atteint l'an dernier 17% sur un an.
La pente sera sans doute longue à remonter. Pourtant le terroir girondin ne manque pas d'atouts aux yeux des consommateurs en Asie, selon Jérémie Roumegoux, responsable Asie-Pacifique pour la société de négoce Clarence Dillon Wines, dont il animera aussi le stand à Vinexpo Hong Kong : « Il y a la qualité intrinsèque du terroir, un côté ancien monde qui bénéficie du climat océanique, avec beaucoup plus de finesse et de fraîcheur et des vins plus digestes. Bordeaux, c'est le premier vignoble AOC (appellation d'origine contrôlée) en France de par sa taille avec les plus importants volumes de vin premium au monde. »
Pas tous à la même enseigne
En Asie, les bordeaux partaient aussi avec un coup d'avance. En effet, ils ont pris pied sur le continent dès la fin des années 90, juste avant le passage à l'An 2000. « À partir de 1998-1999, on a vu une fièvre des vins de Bordeaux en particulier au Japon, qui est devenu alors le premier marché en Asie, se souvient le Français. Les grands crus classés étaient eux présents depuis des décennies, mais sur des volumes plus restreints. Ils bénéficiaient déjà d'un puissant réseau commercial dans tous les pays d'Asie sur lequel tous les acteurs ont pu s'appuyer. »
Emmanuel Langlois avec Pierre Cheminade