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Agroalimentaire - La Tribune Bordeaux

La tomate Label rouge, le nouveau pari des producteurs tricolores

Corentin Teissier

Publié le 20 juin 2024 à 09:20

Cerise vrac, cerise grappe, ronde grappe, allongée cœur : les tomates Label rouge se lancent pour de bon sur le marché en 2024.

Cerise vrac, cerise grappe, ronde grappe, allongée cœur : les tomates Label rouge se lancent pour de bon sur le marché en 2024.

Tomates Label Rouge

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Six années de travail ont été nécessaires pour élaborer le Label rouge dédié à la tomate française. À l'approche de la commercialisation, les agriculteurs du Sud-Ouest évoquent les intérêts de cette labellisation vise à séduire davantage de consommateurs tricolores mais qui reste un marché de niche.

En 2023, les agriculteurs français ont produit 475.000 tonnes de tomates, d'après l'Agreste. La tomate Label rouge, qui va prochainement faire son apparition sur les étals des marchés et supermarchés, ne représente que 0.2 % de ce total, avec seulement un millier de tonnes produites en 2023. Si les fruits labellisés subissent des contrôles en laboratoire chaque semaine, pour notamment maintenir un taux de sucre adéquat, la labellisation reste une démarche de niche initiée par l'Association des Fruits et Légumes du Lot-et-Garonne (AIFLG), la Région Nouvelle-Aquitaine, le Département du Lot-et-Garonne et la communauté d'agglomération Val de Garonne. À ce stade, seulement douze producteurs de tomates, tous basés dans le sud de la France (Lot-et-Garonne, Corrèze, Landes, Pyrénées-Orientales, Gard et Vaucluse), se sont lancés dans cette aventure.

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Le Label rouge permet de produire une tomate de qualité certes, mais qui sera logiquement vendue plus cher. À titre de comparaison, la fraise Label rouge, qui fête cette année ses quinze ans (lire encadré), coûte aujourd'hui environ 20 euros le kilo tandis que sa concurrente espagnole se vend à seulement 6 euros le kilo. Les agriculteurs labellisés sont bien conscients que le prix reste le principal critère de choix pour les consommateurs. « Nous savons que le grand public préfère généralement les tomates marocaines ou espagnoles, moins chères », affirme le producteur Frédéric Marchesin. Selon un rapport du Sénat de 2022 sur la compétitivité de la ferme française, plus de 36 % des tomates consommées en France sont importées du Maroc, de la Belgique, d'Espagne et des Pays-Bas.

« La visibilité auprès des consommateurs »

Les producteurs labellisés pensent cependant séduire quelques ménages, pourtant plus attentifs aux prix dans cette période d'inflation. « Le grand avantage du Label rouge, c'est sa visibilité auprès des consommateurs. Ils savent que le produit a suivi une procédure rigoureuse en amont pour garantir son goût », affirme Éric Cescatti, autre producteur de tomates labellisées. « C'est un avantage indéniable, étant donné que c'est un label français assimilé comme gage de qualité par les consommateurs », ajoute Jean-Hugues Belland, président d'Interfel Nouvelle-Aquitaine. « Mais c'est sûr que cela se répercutera sur le prix. »De plus, la récolte pourrait s'avérer peu fructueuse cette année, impactant aussi les prix. La faute aux conditions météorologiques, plus humides et moins ensoleillées qu'au cours des années précédentes. Les agriculteurs font alors appel à de nombreux outils et techniques qui se sont développés pour améliorer les rendements.

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« Nous avons tout intérêt à le faire », déclare Éric Cescatti. Réduire l'empreinte carbone est l'un des prochains défis de la filière. L'arrosage des serres est déjà régulé par un système de goutte à goutte, qui récupère, filtre et réutilise l'eau non absorbée par la plante. Les serres sont chauffées par cogénération, un moteur thermique produisant de la chaleur. Cette dernière est ensuite utilisée pour chauffer les serres, et le surplus d'énergie est revendu à EDF.

En cas d'apparition de nuisibles comme les mouches mineuses, les producteurs font appel à un autre insecte : le macrolophus. Une fois introduite dans la serre, cette petite punaise va dévorer les œufs pondus dans les feuilles de tomates. « Les pesticides et autres traitements ne sont utilisés qu'en cas de catastrophe », ajoute Frédéric Marchesin. Les producteurs labellisés se sont engagés à réduire leurs émissions de carbone de 5 % tous les cinq ans. Il faudra encore du temps pour que de nouvelles résolutions soient mises en place, afin de réduire plus significativement l'empreinte carbone liée à la production.

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La fraise Label rouge a quinze ans

Gariguette, Ciflorette, Charlotte et Mariguette : les fraises Label rouge soufflent leur 15e bougie avec une récolte compliquée. « La saison 2024 a été marquée par une importante pluviométrie et un manque de lumière, créant des conditions propices au développement des champignons et retardant la maturation des fraises », indique la filière, déplorant des retards de commercialisation. Mais outre la bonne qualité des produits, ce décalage a contribué à tirer les prix vers le haut : « Les barquettes de fraises ont continué à se vendre à des prix élevés (jusqu'à 4,50 € pour 250 grammes) en raison de la demande supérieure à l'offre et de l'absence de surproduction. » La production 2024 de fraises Label rouge devrait à nouveau atteindre 500 tonnes cette année, soit moins de 5 % de la production tricolore.

Corentin Teissier

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