REPORTAGE. A la veille d'une rencontre à Bruxelles avec le ministre chinois du Commerce, les viticulteurs de Cognac et d'Armagnac ont manifesté ce mardi pour protester contre la menace de surtaxes douanières en Chine. En pleine chute des vente, la filière doit affronter une crise violente pour le vignoble où les responsabilités sont rejetées à la fois sur le contexte géopolitique et sur les choix de l'interprofession.
À Cognac, la figure de François 1er habite encore les vieux murs de la ville. Pour le roi de France natif de la cité, la Charente constituait, disait-il, « le fleuve le plus tranquille de mon royaume ». Il est vrai que l'agitation n'est pas de mise dans la sous-préfecture charentaise. La dernière manifestation du monde viticole datait de 1998. Le compte est remis à zéro ce 17 septembre avec une mobilisation du vignoble qui a réunit 1.200 personnes selon l'organisation, du début de la matinée jusqu'à l'après-midi.
À l'appel de l'Union générale des viticulteurs de Cognac, près de 120 tracteurs ont défilé ce mardi pour protester contre la menace de surtaxes douanières imposées par la Chine. La puissance asiatique pourrait appliquer une taxe de 35 % sur les spiritueux européens - dont le cognac et l'armagnac - si le Vieux continent choisit d'appliquer une surtaxe sur les véhicules électriques importés d'Asie. Une guerre commerciale contemporaine dont la viticulture pourrait être la première à trinquer.
« Nous n'acceptons pas d'être les victimes collatérales. C'est injuste », peste Anthony Brun, viticulteur et président de l'UGVC en parlant d'« une économie locale qui fait vivre 70.000 personnes ». « On nous a dit que les enjeux nous dépassent. Mais les élus n'ont pas été à la hauteur. » Reçus à la sous-préfecture dans l'après-midi, les représentants ont finalement obtenu la promesse d'un rendez-vous dans les prochaines semaines avec Michel Barnier.