La fièvre du houblon a commencé à apparaître un peu partout en France entre 2010 et 2015. « A cette époque, une nouvelle brasserie apparaissait chaque jour », relate Magali Filhue, déléguée générale des Brasseurs de France, syndicat qui représente 98% de la production nationale de bière. La barre symbolique des 1.000 unités de production est dépassée en 2016 avant de franchir le cap des 2.000 brasseries quatre ans plus tard, avec des modèles économiques divers (micro-brasseries, fermes brasseries...). Portées par les nouvelles attentes des consommateurs, les brasseries artisanales ont alors le vent en poupe. C'est, à l'époque, le phénomène « craft beer », né aux Etats-Unis.
Mais l'élan a été freiné par la crise sanitaire. « Les entreprises jeunes en pleine phase d'investissement ont été frappées de plein fouet. Du jour au lendemain, tout s'est arrêté », poursuit-elle. S'ensuit une conjonction de plusieurs phénomènes : remboursement des Prêts Garantis par l'État, retournement de la demande, flambée des coûts des matières premières, concurrence exacerbée... sans oublier la crise énergétique. « J'ai perdu plus de 45.000 euros de trésorerie », se souvient Jean-François Drouin (Brasseurs de Lorraine) installé depuis 2003 en Meurthe-et-Moselle et président du Syndicat National des Brasseries indépendantes (SNBi, 850 adhérents soit environ 1.370 emplois).