Dans une réalité parallèle, nous sommes fin 2024 et les premiers œufs de saumon éclosent dans l'usine flambante neuve de Pure Salmon au Verdon-sur-Mer. Mais cette projection a volé en éclats face aux réalités des procédures administratives et environnementales. Nous sommes bien fin 2024 mais les études de Pure Salmon en sont encore au stade d'être passées au crible des services de l'État.
À l'embouchure de l'estuaire de la Gironde, la société, promotrice de l'élevage en bassin couvert et perfusé à un fonds singapourien, porte un investissement de 275 millions d'euros pour 250 emplois promis. Sur la friche industrielle visée pour l'implantation s'organise un défilé non pas de poissons d'élevage mais d'hydrogéologues, tous chargés d'évaluer l'incidence des forages industriels sur les nappes d'eau souterraines. L'alimentation hydrique du futur site a irrigué le retard de l'industriel qui en septembre 2023 a été contraint de retirer ses demandes d'autorisation jugées trop lacunaires.
Pour produire 10.000 tonnes de saumon par an, les bassins d'élevage et l'atelier de transformation vont consommer 6.800 m3 d'eau par jour, dont 5 % d'eau potable. La majorité de la ressource utilisée sera de l'eau saumâtre prélevée dans une nappe profonde en contact avec l'estuaire de la Gironde. La commission locale de l'eau a reconnu au printemps que ce forage n'aurait pas d'incidence sur une nappe inférieure d'eau potable, mais a conditionné son avis favorable à une contre-expertise du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). Celle-ci est en cours de finalisation.