Ce n'est pas un coup d'arrêt pour le projet de Pure Salmon en Gironde, mais au moins un contretemps certain. La Tribune a appris que l'industriel a retiré au printemps les demandes d'autorisation environnementale et de permis de construire à la suite d'une instruction préliminaire des services de l'État. Lesquels ont pointé un manque d'informations quant à l'impact des prélèvements en eau sur les nappes depuis le terminal industriel du Verdon. Un site à l'arrêt depuis plus de huit ans et propriété du Grand port maritime de Bordeaux (GPMB) qui voit ici la possibilité de redynamiser enfin un site à l'abandon, puisque 250 emplois sont promis pour 275 millions d'euros d'investissement.
La société, qui veut produire jusqu'à 10.000 tonnes de saumon chaque année sur le site, doit puiser dans une nappe d'eau saumâtre trois fois moins salée que la mer, afin de faire fonctionner ses futurs bassins d'élevage. Une façon d'éviter leur alimentation via le réseau d'eau potable de la pointe girondine, à laquelle les services de l'État se sont opposés. Mais la géomorphologie de la nappe d'eau saumâtre est mal connue puisqu'elle n'est exploitée par aucune activité. Son positionnement, au-dessus de la nappe de l'éocène, qui à une centaine de kilomètres de là est prélevée pour alimenter en eau potable toute la métropole bordelaise, oblige les services administratifs à la plus grande vigilance.