À compter du 22 janvier 2025, plusieurs centaines de bateaux resteront à quai : le Conseil d’État a confirmé l'interdiction de pêche dans le Golfe de Gascogne pour un mois afin de réduire la mortalité des dauphins et marsouins. Au sud, la pêche du saumon atlantique va quant à elle disparaître.L'interdiction de pêche vient une fois de plus d'être confirmée. Par son avis du 30 décembre 2024, le Conseil d'État a approuvé « la nécessité d'une fermeture de la pêche dans le Golfe de Gascogne, durant quatre semaines, au cours de l'hiver ». Un jugement rendu alors que la Commission Européenne avait déjà prononcé la même interdiction en septembre. Les bateaux de plus de huit mètres de long qui utilisent des chaluts pélagiques (en haute-mer), des chaluts-bœufs de fond, des sennes pélagiques (filets d'encerclement), et d'autres types de filets (maillants lestés d'un poids, trémails, maillants combinés) ne pourront pas pêcher du 22 janvier au 20 février en 2025 et en 2026.
Une mesure radicale pour enrayer les dégâts sur les cétacés, en particulier le grand dauphin, le dauphin commun et le marsouin commun. Il y avait urgence à stopper l'hémorragie : entre 2017 et 2023, 6.100 individus en moyenne venaient chaque année s'échouer sur les plages atlantiques. La fermeture du Golfe de Gascogne à la pêche, prononcée pour la première fois à l'hiver 2024 pour un mois, a permis de faire chuter cette mortalité de 75 % sur la saison selon l'observatoire Pelagis.
«Un non-sens»
L'ex-ministère de la Mer s'est félicité en novembre de l'efficacité de la fermeture : « Ce bilan montre que la fermeture de quatre semaines a incontestablement permis de protéger les espèces de petits cétacés du risque de capture accidentelle par engin de pêche. Plusieurs autres facteurs ont pu également contribuer à l'ampleur de cette baisse, notamment les dispositifs techniques de réduction des captures accidentelles en cours d'expérimentation à grande échelle, déjà déployés pour certains navires lors de l'hiver 2023-2024 », écrivait alors Fabrice Loher par communiqué.
Si la reconduction était attendue, elle provoque tout de même l'ire des pêcheurs français qui vont devoir rester à quai. « C'est un non-sens d'en arriver là, peste Olivier Le Nézet, président du comité national des pêches maritimes. Nous avons développé depuis 2017 des dispositifs technologiques pour limiter les impacts sur les cétacés. C'est un plan d'action unique au monde sur un espace maritime si grand avec autant de bateaux », fait-il valoir à La Tribune. Pourtant, de l'aveu du premier pêcheur de France, les connaissances scientifiques autour de l'impact de la pêche sur les cétacés sont encore lacunaires. Plusieurs programmes de recherche sont en cours.
Maxime Giraudeau, avec AFP