La pêche au bulot menacée par le changement climatique
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

En France, Granville est le premier port de débarque du bulot
DR
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

En France, Granville est le premier port de débarque du bulot
DR
« La ressource s'épuise. Là où nous pêchions 900 kilos il y a cinq ans à chaque sortie, nous n'en remontons plus que 400 kilos, au mieux ». Johan Leguelinel, patron de l'Astragale, un chalutier caseyeur (à casiers) de Granville, est bien obligé d'en prendre acte. Les bulots deviennent de plus en plus rares sur la côte ouest du Cotentin, pourtant réputée pour abriter trois quarts du gisement français. La cause ? Le changement climatique. Au sommet de sa forme dans les eaux froides, ce met festif souffre du réchauffement progressif de la Manche, causé par des étés de plus en plus chauds et des hivers doux.
Dans la baie de Granville, berceau historique de l'exploitation du bulot, la température de la mer s'élève depuis une dizaine d'années, notamment durant les mois froids pendant lesquels le gastéropode se reproduit. « Lorsque la température de l'eau ne redescend pas suffisamment, il s'enfouit dans les sédiments et s'affaiblit. Cela entraîne une dégradation importante des pontes et de leur taux d'éclosion », souligne Laurence Hegron Macé, ingénieure au laboratoire de recherche SMEL de Saint Lô, qui étudie le gisement depuis une vingtaine d'années. Les derniers relevés que l'intéressée a effectués ne portent guère à l'optimisme. La température culminait à 9 degrés la semaine dernière au large « contre un peu moins de 6 degrés, à la même période en 2013 ».
À lire également
De quoi tarir le gisement autrefois riche en coquillages. Malgré une gestion au cordeau (quotas, périodes de pêche réduites, diminution du nombre de licences...), les pêcheurs ont vu chuter inexorablement leurs rendements et, avec eux, la rentabilité de leur outil de travail. Un rude coup pour la filière. « C'est la deuxième pêche en volume de la flotte normande après celle de la coquille saint-Jacques mais aujourd'hui, les professionnels n'arrivent plus à se projeter », constate Lucile Aumont, chargée de missions au Comité régional des pêches de Normandie.
Nathalie Jourdan
Pêche : la transformation artisanale, une solution pour survivre ?
Japon, États-Unis, Europe… Les pays où le nombre de millionnaires a le plus augmenté en 2025
17 colis par an par Francilien : l'impact massif des livraisons en Île-de-France
La pérennisation du dispositif zéro chômeur longue durée à l’épreuve des contraintes budgétaires