C'est un "NON" ferme et définitif que le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) oppose au projet de parc éolien offshore prévu au large de la Charente-Maritime. Et pour cause : "les éoliennes seront tout pile dans la zone de pêche", résume Johnny Wahl, vice-président du comité et figure de proue de l'opposition locale.
La zone d'étude en mer sur laquelle le projet est envisagé, passée de 300 km2 à 743 km2 au cours du débat public, est en effet située dans la bande des 20 miles nautiques, au-delà de laquelle les bateaux de moins de 12 mètres ne peuvent pas naviguer. Soit près de 80 % des navires de pêche actifs en Charente-Maritime.
Le projet en bref
Porté par l'Etat et par RTE, le projet « éolien en mer en Sud-Atlantique » prévoit à horizon 2030 un premier parc de 35 à 70 éoliennes posées au large des côtes charentaises, d'une puissance cumulée de 0,5 à 1 GW. Et éventuellement un second parc, posé ou flottant, d'une puissance d'au plus 1 GW. Avec un coût global estimé entre 1,5 et 3 milliards d'euros. Il s'inscrit dans la continuité d'un premier projet de 600 MW envisagé dès 2015, et réorienté depuis, au regard des objectifs inscrits dans la Programmation pluriannuelle de l'énergie : le lancement de projets éoliens pour une puissance cumulée de 3,35 GW entre 2019 et 2023, puis d'un GW par an ensuite.
Certes, à ce stade, le maintien d'une activité de pêche reste envisagé sur le futur parc - sachant que la décision finale reviendra au préfet maritime, qui confirmera ou non l'autorisation de pêche au moment de la mise en service. Quand bien même, l'expérience des pêcheurs étrangers laisse leurs confrères français perplexes.