L’union CDC-Caisses d'Epargne, premier pas vers la taille critique

Nécessaire, mais peut-être pas suffisant. Présenté par Laurent Fabius comme la réponse à un environnement bancaire européen toujours plus concentré, le nouveau groupe issu du rapprochement des activités concurrentielles de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et du Groupe Caisse d'Epargne (GCE) n'en restera pas moins un acteur bancaire de second plan sur le Vieux Continent.L'Alliance, ainsi que le projet a été provisoirement baptisé par les dirigeants de CDC et de GCE, donnera certes naissance au troisième groupe bancaire français derrière le Crédit Agricole et BNP Paribas et devant la Société Générale et le Crédit Lyonnais. Toutefois, les 16,6 milliards d'euros de fonds propres revendiqués par la nouvelle société n'en resteront pas moins largement inférieurs aux 40 milliards d'euros du britannique HSBC, aux 30 milliards d'euros de Royal Bank of Scotland ou aux 27 milliards d'euros de Deutsche Bank. Et encore les 16,6 milliards d'euros de fonds propres ne reflètent-ils pas totalement la réalité du "nouveau champion bancaire public et semi-public" salué par Laurent Fabius. Dans leur calcul, CDC et CGE ont en effet intégré à 100% les capitaux propres de CDC Ixis alors même que cette activité restera détenue en direct à près de 50% par la Caisse des dépôts.Pour désamorcer les critiques sur la taille de l'Alliance, les dirigeants de CDC et de GCE se sont attachés à dépeindre la fusion comme une première étape vers de nouveaux rapprochements. Définie comme une structure ouverte, la nouvelle entité a selon eux vocation à nouer des partenariats au niveau français et européen, notamment dans la distribution des produits financiers. La porte reste par exemple ouverte pour des collaborations avec les services financiers de la Poste, ont rappelé Daniel Lebègue et Charles Milhaud. Le nouveau groupe bancaire pourrait également être amené à grossir par acquisitions même si le statut public du nouvel établissement rend difficile de telles opérations. A ce titre, la cotation en Bourse de CDC Ixis, la filiale de banque de financement et d'investissement du groupe, pourrait rapidement s'avérer nécessaire. "On commence à y réfléchir, a indiqué Daniel Lebègue. Dès lors que CDC Ixis aura bien affirmé sa crédibilité, on pourra songer à une mise sur le marché".La taille n'est pas le seul handicap de l'Alliance. La nouvelle société se prépare en effet à entrer dans la compétition européenne avec des ratios de rentabilité largement inférieurs à ceux de ses concurrents. En 2000, elle aurait ainsi dégagé un ratio de rentabilité sur fonds propres de 9 à 10%, alors que la Société Générale, son challenger à la place de troisième banque française, a dans le même temps affiché une rentabilité de 22,4%. A 1,5 milliard d'euros, le bénéfice net agrégé du groupe aurait quant à lui été inférieur de près de 50% à celui de l'établissement dirigé par Daniel Bouton alors même que la Société Générale a des fonds propres moins élevés de 20%.A cet argument, Daniel Lebègue et Charles Milhaud répondent par un mot: synergies. Le deux dirigeants espèrent en effet que la fusion va favoriser des économies importantes, notamment dans l'immobilier et les activités de banques de financement et d'investissement. Le pôle financier de la Caisse nationale des Caisses d'Epargne sera par exemple totalement intégré à CDC Ixis, ce qui devrait permettre un redéploiement des compétences au sein de la filiale de banque de financement et d'investissement du nouveau groupe. Le développement en commun de nouveaux produits financiers devrait également constituer un vecteur d'économies.Jean-Noël Roffiae
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