Le marché de l'art européen pénalisé par la fiscalité

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Rendu public à l'occasion de l'exposition de haut niveau artistique "Tefaf" de Maastricht, aux Pays-Bas, qui ouvre ses portes ce vendredi, le rapport sur "Le marché de l'art européen en 2002" dresse un bilan sévère de la politique menée en la matière dans l'Union européenne. Cette étude indépendante souligne notamment la perte de compétitivité constante du Vieux continent face aux Etats Unis depuis 1988.Dans un secteur très fragmenté, puisque 6.000 marchands génèrent 54% du marché et les maisons de vente 46% (proportion inversée de l'autre côté de l'Atlantique), l'Europe réalise 12 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, soit 45% du marché mondial. Problème : cette domination est de plus en plus battue en brèche par les Etats-Unis. La part européenne a en effet décliné de 7% en quinze ans. Au niveau mondial, le prix moyen des oeuvres et objets d'art vendus aux enchères a augmenté de 63% depuis 1991, soit une moyenne annuelle de 6% (avec une baisse moyenne de 9% entre 1992 et 94). Problème là encore, le prix moyen d'une oeuvre adjugée en vente publique en Europe a chuté de 36% ces trois dernières années, à 7.812 euros. A titre d'exemple, les prix moyens obtenus pour un tableau impressionniste français sur le Vieux continent n'ont cessé de baisser depuis 1989, perdant 7,5% par an, alors qu'aux Etats-Unis, ils ont progressé de 12,4%. Ainsi, la France, dans ses transactions transatlantiques, exporte sept fois la valeur de ses importations, soit 56% de la valeur totale de toutes les oeuvres et antiquités vendues dans l'Hexagone.Pour les auteurs du rapport, la cause est évidente : "Bruxelles n'a pas voulu prendre en compte l'impact sur le commerce international de l'introduction du droit de suite et de la TVA à l'importation, préférant donner la priorité à l'harmonisation intra-européenne plutôt qu'à la compétitivité de l'Europe sur la scène mondiale". Autrement dit, le marché de l'art européen qui emploie 134.000 personnes, est à contre courant de l'évolution actuelle, pénalisé par une fiscalité plus contraignante et des réglementations nationales trop protectrices. Par définition, le marché de l'art a toujours ignoré les frontières. A l'heure de la mondialisation, cela est encore plus vrai, grâce aux nouveaux moyens technologiques. Or, les marchands européens ne consacrent qu'un pour cent de leur chiffre d'affaires aux investissements informatiques, un montant trop faible qui devrait creuser davantage encore l'écart avec leurs concurrents américains. Et le rapport de conclure que, désagréablement impressionnés par un marché trop coûteux, trop complexe, trop réglementé, les collectionneurs, qui sont parmi les plus cultivés et les plus fortunés, vont continuer de chercher ailleurs les meilleures alternatives: "C'est le plus grand danger pour le marché de l'art européen". Jérôme Ste

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