Risques d'affaiblissement de la consommation américaine

Le consommateur américain, inquiet de la hausse du pétrole et de la légère remontée du chômage, fait grise mine pour le moment. C'est en tout cas ce que prouvent deux indices publiés aujourd'hui. D'abord, l'indice de confiance de l'Université du Michigan s'effrite. Il perd 1,3 point et s'inscrit à 94,4 contre 95,7. Les économistes attendaient dans l'ensemble une légère progression, comme le prouve le consensus Reuters qui se situait à 96,5. Certes, le consommateur américain voit sa situation s'améliorer, comme le prouve l'indice des conditions actuelles qui passe de 100,4 à 100,9. Mais il est de plus en plus inquiet pour l'avenir. Ainsi, l'indice des anticipations sur 12 mois recule de 2,5 points à 90,2. Perturbé par le risque du choc pétrolier, le consommateur américain, qui a vu le taux de chômage repasser à 5,7% en mars, recommence à craindre pour son emploi. En conséquence, on assiste à un tarissement de la consommation aux Etats-Unis, comme le prouve le second chiffre important de la journée, celui des ventes de détail.Ces dernières ont progressé le mois dernier de 0,2%, après une hausse de 0,3% en février. Les économistes s'attendaient là aussi à une légère accélération des ventes en mars, le consensus se situant à +0,4%. Hors automobile, les ventes de détails ont progressé de 0,4%. Les ventes d'automobiles ont lourdement reculé, de 3,1%. Une chute surprenante dans la mesure où les économistes attendaient une reprise des ventes d'automobiles, compte tenu de la bonne tenue de la confiance des ménages. Les ventes ont également reculé dans les magasins d'habillement (-0,3%) et dans les grands magasins (-0,2%). Cette baisse était attendue après la publication mardi des chiffres des ventes des chaînes de la grande distribution, qui avaient montré un net fléchissement.En revanche, les ventes de biens d'équipement restent soutenues. Les ventes de matériaux de construction progressent de 0,7%, tandis que celles d'équipements électroniques gagnent 0,5%. Mais la hausse la plus marquée est celle des ventes dans les stations-services qui, compte tenu de l'effet prix, progressent de 3,8% sur un mois.Il n'y a cependant pas péril en la demeure. La consommation américaine reste soutenue et les ventes de détails de mars 2002 sont supérieures de 3,6% à celles de mars 2001. Néanmoins, il semble que désormais la croissance des ventes se ralentit légèrement, notamment dans le domaine des biens de consommation. Cette tendance est confirmée par la révision à la baisse des ventes de détail en février. Initialement annoncée en hausse de 0,3%, le département du Commerce a indiqué que cette hausse n'avait été que de 0,2%. Pour Alan Ruskin, directeur de la recherche de 4Cast, interrogé par Reuters, "ces chiffres laissent penser que la consommation pourrait ralentir dans les prochains mois".Or, la consommation est le moteur essentiel de la croissance américaine, la demande des entreprises restant encore majoritairement atone. Il se confirme donc que le 7 mai, la Fed conservera ses taux inchangés afin de ne pas nuire à une reprise qui sera très progressive et qui nécessite encore d'être soutenue. D'autant que les prix à la production publiés aujourd'hui ont progressé de 1% en mars, mais seulement de 0,1% si l'on exclut l'alimentation et l'énergie. Dans la mesure où il se confirme que la flambée du pétrole tourne court, le risque d'inflation est quasiment inexistant.En conséquence, les marchés ont bien réagi à ce qui pourrait pourtant affaiblir la croissance américaine. A 18h15, le Dow Jones était stable et le Nasdaq progressait de 0,83%.latribune.f

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