La Banque du Japon prudemment optimiste

/>Emboîtant le pas aux déclarations récentes du gouvernement, la Banque du Japon (BoJ) semble voir la fin du tunnel pour l'économie nippone. Mais la banque centrale reste plus prudente. Dans son rapport de mars sur "les développements économiques et financiers récents" publié cette nuit à Tokyo, la banque centrale rappelle que "dans son ensemble, l'économie japonaise continue à se détériorer". Ce terme de "détérioration de l'économie" avait pourtant été abandonné il y a une semaine - et pour la première fois depuis juin 2001 - par le gouvernement (lire ci-contre).La BoJ explique cette prudence par la faiblesse chronique de certaines composantes de la demande finale dans l'archipel, notamment la consommation des ménages qui reste "faible" et les investissements qui "continuent de baisser". "De plus, ajoute la BoJ, la construction de logements et l'investissement public poursuivent leur baisse". Enfin, les entreprises restent toujours à la recherche du profit et continuent de réduire leurs masses salariales.L'économie japonaise serait donc encore loin d'être sortie du marasme. Pourtant, la BoJ relève certains signes qui la rendent optimiste : les stocks sont au plus bas et le déclin des exportations est moins marqué qu'auparavant. Cette annonce fait suite à deux mois de réduction de l'excédent commercial japonais, qui s'était accompagné d'une chute des exportations, malgré les signes du rebond américain (lire ci-contre). La BoJ s'attend d'abord à une stabilisation des exportations, puis à une remontée de ces dernières vers le "milieu de l'année 2002".A l'appui de cette prévision, la BoJ considère que "l'ajustement des stocks mondiaux dans le domaine des biens technologiques est sur le point de se terminer", ce qui devrait donner un coup de fouet aux exportations japonaises. La banque centrale nippone espère également que la reprise américaine, conjuguée au faible niveau du yen, devrait stimuler le commerce extérieur japonais. Les premiers signes de ce redressement transparaissent, selon elle, dans le "déclin moins important" de la production industrielle.Néanmoins, ce scénario d'un rebond japonais tiré par les exportations dépend toujours, pour la BoJ, du maintien d'un "contrôle étroit" du secteur financier du pays. Les institutions de crédit de l'archipel continuent à manquer de liquidités et le risque de faillites bancaires n'est pas écarté. Mercredi, à l'approche de la fin de l'année fiscale japonaise (le 31 mars), la BoJ avait annoncé être "prête à fournir les liquidités nécessaires pour empêcher une crise financière". Cette annonce a rassuré les observateurs qui craignaient le rapatriement massif des actifs japonais à l'étranger à cette occasion pour éviter les faillites.En résumé, la deuxième économie du monde reste loin d'un véritable rebond. Seuls les prochains indicateurs publiés pour mars et avril permettront de dire si l'optimisme de la BoJ et du gouvernement était justifié.

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