Le Conseil d'administration de Vivendi Universal place Messier sous surveillance

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Après plus de huit heures d'une intense discussion, le conseil d'administration de Vivendi Universal (VU), qui se tenait hier à New York, s'est séparé après avoir décidé de la mise en place d'un "groupe de travail interne sur le gouvernement d'entreprise", renoncé à la convocation d'une nouvelle assemblée annuelle, et "émis le souhait que l'équipe dirigeante puisse poursuivre sereinement (la) mise en oeuvre" de sa stratégie. Cette stratégie, a-t-il été précisé dans un communiqué d'une page publié dans la soirée, "repose sur la poursuite active du programme de désendettement et la croissance interne des métiers du groupe."Ceux qui attendaient des annonces concrètes au sujet du désendettement, et notamment de la sortie partielle du capital de Vivendi Environnement, dont VU détient environ 63%, en seront pour leurs frais. Les opérations de désendettement ont bien été discutées en détail lors du conseil mais "elles ne seront commentées qu'après leur réalisation effective."Le groupe de travail sur le gouvernement d'entreprise sera co-présidé par Edgar Bronfman Jr, l'actuel vice-président du conseil d'administration, et Marc Viénot, ex-PDG de la Société Générale et actuel président du Comité des Comptes au sein du conseil d'administration de VU. Ces deux noms garantissent que la pression sur Jean-Marie Messier, le PDG de VU, et les principaux dirigeants du groupe sera sans relâche. Edgar Bronfman Jr représente la famille héritière du groupe canadien Seagram, qui demeure le premier actionnaire de Vivendi Universal avec une participation de 5,5% environ, et a vu sa fortune fondre de près de moitié depuis le début de l'année. Quant à Marc Viénot, il n'a pas ménagé Jean-Marie Messier, déclarant au Wall Street Journal le 18 mars dernier : "Je lui ai dit souvent qu'il va trop loin. Mais on ne peut pas le changer. Cela fait partie de sa personnalité. C'est presque puéril."Le comité "est chargé de présenter des mesures nouvelles s'inspirant des meilleures pratiques internationales dans ce domaine," indique le communiqué de VU. Pratiquement, explique-t-on, il s'agira de s'assurer que toutes les décisions prises par le management le sont "dans le meilleur intérêt des actionnaires."L'atmosphère du conseil était décrite comme intense et studieuse par une source familière de son déroulement, selon laquelle les administrateurs se sont séparés satisfaits de son résultat. Outre Jean-Marie Messier et Eric Licoys, le directeur général de VU, les quatorze administrateurs indépendants de VU étaient soient présents physiquement, soit représentés à New York, à l'exception de Jean-Marc Espalioux, président d'Accor, et Henri Lachmann, patron de Schneider, qui ont tous deux eu recours à une visio-conférence. Ils se sont livrés à un examen particulièrement scrupuleux des objectifs opérationnels et financiers pour 2002 et 2003.Au bout du compte, Jean-Marie Messier semble être parvenu à obtenir la bouffée d'oxygène dont il avait tant besoin. "Le conseil a émis le souhait que l'équipe dirigeante puisse poursuivre sereinement" ("sans interférence," dit la version anglaise) la mise en oeuvre de sa stratégie, fait savoir le communiqué. Le PDG de VU sauve la face en faisant savoir que le groupe de travail sur le gouvernement d'entreprise est mis en place "sur (sa) proposition".Jeudi à Paris, le marché ne masque pas sa déception face aux questions restées sans réponse. D'autant que les TMT sont sous pression. Le titre lâche 5,1% à 32,02 euros.

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