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SNCF : le PDG Jean-Pierre Farandou ne sera pas reconduit pour un deuxième mandat

latribune.fr

Publié le 07 mai 2024 à 14:22 - Mis à jour le 07 mai 2024 à 14:23

Après la compétition, « la présidente de l'Assemblée nationale et le président du Sénat seront saisis par le président de la République du nom du successeur envisagé de M. Jean-Pierre Farandou », qui préside le groupe depuis 2019, précise le communiqué du gouvernement.

Après la compétition, « la présidente de l'Assemblée nationale et le président du Sénat seront saisis par le président de la République du nom du successeur envisagé de M. Jean-Pierre Farandou », qui préside le groupe depuis 2019, précise le communiqué...

Reuters

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Le PDG de la SNCF poursuivra néanmoins sa mission jusqu'à la fin des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris cet été. Cette annonce intervient peu de temps après la convocation du patron par Bruno Le Maire, à la suite d'un accord passé avec les syndicats du rail, jugé peu satisfaisant par le ministre de l'Economie.

[Article publié le mardi 07 mai 2024 à 11h54 et mis à jour à 16h22] Le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou ne sera pas reconduit pour un deuxième mandat à la tête du groupe ferroviaire, mais poursuivra sa mission pendant l'été « afin de garantir la bonne organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques », a annoncé le gouvernement ce mardi.

Après la compétition, «la présidente de l'Assemblée nationale et le président du Sénat seront saisis par le président de la République du nom du successeur envisagé de M. Jean-Pierre Farandou», qui préside le groupe depuis 2019, a détaillé le communiqué.

Jean-Pierre Farandou a toujours fait part de son souhait de rempiler pour un second mandat, même si, en atteignant la limite d'âge (68 ans) en juillet 2025, il aurait été contraint d'abandonner son poste.

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Un accord qui passe mal

L'annonce est survenue quelques heures avant son audition devant la commission Aménagement du territoire et développement durable du Sénat, pour s'expliquer notamment sur l'accord sur les fins de carrière dans l'entreprise publique, signé fin avril avec l'ensemble des syndicats.

Il a défendu un accord sur les fins de carrière selon lui « raisonnable, équilibré et utile », lors de son audition, tout en laissant poindre une certaine colère face à la polémique soulevée par cet accord. « On ne peut pas transformer contre ses salariés une entreprise publique de 150.000 cheminots à forte culture maison », a-t-il martelé.

« C'est un bon accord, qui ne contourne pas la loi sur les retraites, qui est dans les pratiques des grandes entreprises publiques et privées », a souligné Jean-Pierre Farandou, insistant sur sont coût « raisonnable », évalué à 35 millions d'euros, sans impact pour le contribuable ni sur le prix des billets, a-t-il assuré.

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Il a également nié avoir négocié en douce, comme on l'en a accusé, affirmant avoir toujours mis dans la boucle le ministère des Transports et Matignon. « Les pouvoirs publics nous ont demandé à l'automne 2023 d'engager des négociations sur la cessation d'activité sur les fins de carrière liées à la pénibilité », a-t-il même relevé.

Cet accord, qui prévoit un échelon de rémunération supplémentaire pour les cheminots en fin de carrière et des mesures de retraite anticipée pour certaines professions comme les conducteurs ou les contrôleurs, a provoqué la colère de la droite et d'une partie du gouvernement, qui y a vu un contournement de la réforme des retraites.

Jeudi dernier, Bruno Le Maire annonçait même la convocation du PDG de la SNCF à Bercy pour s'expliquer, notamment sur le financement de la mesure, évaluée à environ 35 millions d'euros selon des sources ferroviaires. Le ministre de l'Economie et des Finances a qualifié cet accord jeudi dernier de « pas satisfaisant » et « provocant ».

«J'ai en partie avec d'autres, la tutelle de la SNCF, notamment la tutelle financière. Un accord est signé qui engage effectivement les équilibres de la réforme des retraites et les équilibres financiers de la SNCF. Je n'ai pas été averti», s'est désolé Bruno Le Maire, interrogé sur BFMTV/RMC.

Le ministre de l'Economie a rappelé que l'Etat avait aidé la SNCF à rééquilibrer ses comptes avec 35 milliards d'euros de reprise de dette en 2018, et qu'il était « en droit » de lui demander des comptes.

«Je tiens à ce qu'il m'explique comment il finance cet accord qu'il a conclu avec les syndicats sans que nous soyons avertis», a déclaré Bruno Le Maire. «Cet accord n'est pas satisfaisant à mes yeux et il y a eu un dysfonctionnement (...) il pose des problèmes financiers», a-t-il asséné.

« Un coté un peu injuste »

Une annonce qui passe mal du côté des syndicats. « On a une frange d'hommes politiques en France qui exècrent les syndicats et qui voudraient que ça soit la jungle partout », a assuré à l'AFP le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Thierry Nier. « J'ose espérer que le mandat du futur PDG ne sera pas de remettre en cause l'accord qu'on vient de signer, parce que ce serait un scandale », a-t-il prévenu.

« Maintenant, c'est quoi le projet du gouvernement pour la SNCF et le corps social cheminot ? », s'est interrogé auprès de l'AFP le secrétaire général de la CFDT-Cheminots Thomas Cavel, inquiet de voir partir le PDG qui avait annoncé la mise en place d'une « plateforme de progrès social » en février pour désamorcer la crise provoquée par la grève des contrôleurs. L'annonce de la fin du mandat de Jean-Pierre Farandou « semble mettre un frein à cette ambition et ce n'est pas un bon signe », a-t-il déploré.

«C'est du deux poids, deux mesures. Le gouvernement préfère convoquer un dirigeant d'entreprise qui a négocié et respecté le dialogue social pour éviter des grèves et des désagréments pour les usagers», a déclaré le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel.

Du côté de Sud-Rail, syndicat en pointe dans les luttes sociales au sein de la SNCF, Fabien Villedieu a confié à l'AFP avoir « un sentiment ambivalent ». « C'est un PDG avec lequel on s'est beaucoup opposés, mais je trouve que là, il y a quand même un coté un peu injuste ».

Comptes dans le vert

Nommé en 2019, Jean-Pierre Farandou avait pour mission principale de redresser les comptes de la SNCF et de faire appliquer la réforme ferroviaire de 2018. Son mandat a été marqué par plusieurs crises, à commencer par celle de la pandémie de Covid-19, qui a mis les trains à l'arrêt pendant plusieurs mois et nécessité d'organiser des trains sanitaires pour transporter les malades dans le pays.

Deux grosses grèves auront également marqué son passage à la tête du groupe, en 2019-2020 et en 2023, à chaque fois pour s'opposer à la réforme des retraites proposée par les gouvernements d'Emmanuel Macron.

Jean-Pierre Farandou a aussi ramené les comptes de l'entreprise dans le vert avec un bénéfice historique de 2,4 milliards d'euros en 2022 et à nouveau 1,3 milliard en 2023, permettant de financer de nombreux investissements, à commencer par la régénération du réseau et l'achat de nouveaux trains comme les fameux TGV M, attendus pour le second semestre 2025.

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Augustin de Romanet va aussi lâcher les commandes d'ADP après les JO

Tout comme Jean-Pierre Farandou, le PDG du groupe ADP (ex-Aéroports de Paris) Augustin de Romanet, à la tête de l'entreprise publique depuis 2012, va bientôt quitter son poste. Ce dernier a été renouvelé, mais uniquement jusqu'à la fin des Jeux Olympiques et non pour un mandat complet de cinq ans, avait annoncé Matignon en mars. Une décision qui a pour but de « garantir (la) bonne organisation » des jeux. Il faut dire que les statuts d'ADP imposent une limite d'âge à 65 ans.

Alors qu'Augustin de Romanet approche des 63 ans, le renouvellement total de son mandat aurait probablement obligé l'État à mettre fin à cette contrainte. « À l'issue des JO, la présidente de l'Assemblée nationale et le président du Sénat seront saisis par le président de la République du nom du successeur envisagé », ont ajouté les services du Premier ministre.

(Avec AFP)

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