Noir, c'est noir

"Je ne plus supporter les pertes", dit le gestionnaire d'un patrimoine de 450 milliards de dollars pour la Deutsche Bank. "On n'a même pas encore commencé à parler de terrorisme", ajoute-t-il, comme s'il se cherchait des raisons de déprimer encore davantage.Le marché s'effondre parce qu'il n'a plus d'acheteurs. L'argent file sur le marché monétaire, qui vient de recueillir près de 22 milliards de dollars en une semaine. On n'avait pas vu cela depuis longtemps.Après une telle succession de claques, rien d'étonnant à ce que Wall Street soit incapable de faire autre chose que broyer du noir. Le feuilleton des scandales financiers est quotidien - Qwest Communications a annoncé hier faire à son tour l'objet d'une enquête criminelle. Bienvenue au club.Le président Bush tape du poing sur la table et promet de nettoyer les milieux d'affaires américaines de leurs brebis galeuses : les investisseurs haussent les épaules. Le lendemain, une association porte plainte contre le vice-président Dick Cheney, accusé d'avoir manipulé les comptes du groupe pétrolier Halliburton du temps où il en était le PDG. Pour faire bonne mesure, des amis qui veulent manifestement du bien à Dick Cheney diffusent un enregistrement datant de 1996 dans lequel il salue le travail exceptionnel, "bien au delà des tâches routinières", mené pour Halliburton par... Arthur Andersen.Si l'on prend pour référence la mesure la plus large du marché boursier américain, l'indice Wilshire, ce sont près de 311 milliards de dollars qui sont partis en fumée, hier, en l'espace d'une seule séance. Depuis mars 2000, l'addition se monte à 7.000 milliards de dollars. Soit une destruction de richesse qui représente environ 70% du PIB américain.Pour ceux qui voient les choses de loin, il y a semble-t-il des raisons d'espérer. Il y a une semaine, Keith Skeock, qui gère 116 milliards de dollars pour le compte du géant écossais des assurances Standard Life, a fait savoir qu'il n'y avait jamais eu de meilleur moment pour acheter des actions. "Je n'ai jamais vu un tel décalage entre l'état de l'économie mondiale et l'état des marchés financiers," a-t-il expliqué.Ses homologues américains ont des préoccupations plus immédiates : éviter de devenir fous ou de sombrer dans la dépression. Ils fréquentent en nombre record, dit-on, les divans des psys new-yorkais.
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