Ahold fortement pénalisé par l'euro fort

 |  | 526 mots
Ahold, victime idéale des effets de change... Pour le quatrième trimestre de 2003, le distributeur néerlandais a présenté un chiffre d'affaires de 12,7 milliards d'euros, en baisse de 10,8% sur un an. Un chiffre quasiment conforme aux attentes des analystes de Reuters qui prévoyaient des ventes trimestrielles de 12,8 milliards d'euros. Sur l'année 2003, le chiffre d'affaires d'Ahold est de 56,1 milliards d'euros, soit une baisse annuelle de 10,5%. Un chiffre là aussi en ligne avec les attentes du marché.L'aspect le plus marquant de ce chiffre d'affaires trimestriel est évidemment l'impact des taux de change. La baisse annuelle de 10,8% au quatrième trimestre est en effet intégralement due aux effets de change. Si l'on efface ces effets, les ventes du groupe de Zaandam progressent de 0,7%. Sur l'ensemble de l'année 2003, l'effet est encore plus marqué puisqu'on passe d'une baisse de 10,5% à une hausse de 2,7% hors impact des taux de change. Le groupe néerlandais joue donc de malchance. Au moment où il tente de sortir la tête de l'eau après la crise de février dernier, l'euro fort gâche tous ses efforts, notamment en ce qui concerne sa filiale américaine. Car cette dernière, US Foodservice, d'où est parti le scandale et qui représente 28% des ventes du groupe, a réussi une belle performance en dollars sur la fin de l'année. Ses ventes se sont en effet appréciées dans cette devise de 6% sur un an. Mais, ramenées en euros, elles ont reculé de 10,8%. Or, le marché européen ne permet pas d'assurer la croissance. La morosité de la consommation sur le Vieux continent, notamment dans le Nord de celui-ci (que l'on songe aux chiffres livrés hier par Carrefour, lire ci-contre) a ainsi fait reculer en un an le chiffre d'affaires européen d'Ahold de 0,4%, au quatrième trimestre. La nouvelle direction du groupe se trouve donc face à une équation insoluble: la croissance américaine ne se répercute pas sur les comptes et la croissance européenne est inexistante. Un environnement bien délicat, mais les investisseurs ont confiance et ne veulent retenir que le redressement de US Foodservice. En fin de séance, le titre progresse de 9,73%. Metro qui rit, KarstadtQuelle qui pleure...Performances contrastées pour les groupes de distribution allemands. Metro, numéro un du secteur, a enregistré l'année dernière une progression de 4% de son chiffre d'affaires à 53,6 milliards d'euros (et de 5,7% hors effets de change), tandis que le groupe de grands magasins KarstadtQuelle a vu le sien reculer de 3,5%, à 15,3 milliards d'euros. Explication de ces résultats divergents : KarstadtQuelle a durement souffert de la morosité de la consommation en Allemagne, où les consommateurs sont particulièrement déprimés. Metro a souffert du même phénomène, mais a tiré son épingle du jeu grâce à la bonne tenue de ses activités à l'étranger, qui ont progressé en 2003 de 6,1% en données brutes, et de 10% en données corrigées des effets de change. Du coup, le groupe a renouvelé sa prévision d'une "croissance du bénéfice par action dans le haut d'une fourchette comprise entre 6% et 10%" pour 2003.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :