La dette de Parmalat huit fois plus élevée que prévu

Appelé à la rescousse pour mener une "révision critique" des comptes de Parmalat, PricewaterhouseCoopers vient de rendre des premières conclusions pour le moins spectaculaires. Ainsi que le précise un communiqué du groupe italien, l'endettement serait huit fois plus lourd qu'annoncé par l'ancienne direction. Il culminerait à 14,3 milliards d'euros.Le bilan est donc sévère. D'autant que, parallèlement, la société d'audit révèle que la trésorerie est "négligeable". L'ancienne équipe dirigeante avait pourtant fait état de disponibilités de plus de 4 milliards d'euros.Les ajustements ne s'arrêtent pas là. PwC s'est aussi attaqué aux comptes publiés par la société avant la révélation du scandale financier. Il en ressort que plusieurs indicateurs ont de la même façon été surévalués. A fin septembre (neuf mois d'exercice), l'excédent brut d'exploitation (EBE) n'était pas de 651 millions d'euros mais de 121 millions d'euros, pour des ventes de 4 milliards d'euros et non de 5,37 milliards comme annoncé initialement. Même chose pour les résultats 2002. L'EBE n'a pas dépassé les 286 millions d'euros (au lieu de 931 millions), tandis que le chiffre d'affaires est ressorti à 6,2 milliards (contre 7,72 milliards annoncés).Reste que si la situation est préoccupante, le groupe soutient qu'il est en mesure de faire face au paiement de ses "fournitures courantes", c'est-à-dire le lait frais acheté auprès des coopératives. Et s'il reconnaît être en cessation de paiement dans ses activités laitières aux Etats-Unis et dans sa filiale brésilienne, il affirme que ses "équipes de crise" sont à pied d'oeuvre pour négocier des accords avec les banques.Les banques, il en a d'ailleurs longuement été question ces derniers jours (voir ci-contre), les enquêteurs cherchant à savoir si elles étaient au courant de la situation périlleuse de la société et si elles ont couvert l'ancienne direction, comme l'aurait indiqué Calisto Tanzi, ancien patron du groupe actuellement sous les verrous. Les perquisitions se sont donc succédées la semaine dernière chez Nextra (filiale d'Intesa), Morgan Stanley et Deutsche Bank mais aussi chez Standard & Poor's. Toutefois, pour l'heure, "ni les banques ni les institutions financières" ne font l'objet de poursuites judiciaires, a affirmé le parquet de Milan.latribune.frNestlé propose son aideLors d'une conférence, l'administrateur délégué de Nestlé Peter Barbeck a offert l'aide de son groupe dans la crise que traverse le secteur laitier, notamment en Amérique latine, suite à la débâcle financière de Parmalat. "Si un gouvernement reprend une usine, nous sommes prêts à l'aider à diriger l'usine", a-t-il annoncé en ajoutant que Nestlé pouvait "assurer la collecte du lait". En revanche, le géant suisse a affirmé qu'il n'achèterait aucun actif de Parmalat.

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