Très cher Steve, la gourmandise est un vilain défaut

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La renégociation du contrat entre les majors du disque et Apple pour la mise à disposition de leurs titres sur iTunes s'annonce délicate. A 99 cent le titre, le prix imposé par Apple lors du lancement d'iTunes, les majors de disque se plaignent de ne pas dégager de marges suffisantes. Encore moins en Europe où il faut encore déduire la TVA et les droits d'auteur du prix public de 99 centimes d'euros, pour obtenir le prix de gros perçu par le producteur. Les majors du disque voudraient pouvoir moduler le prix des morceaux, en vendant plus cher les nouveautés par exemple. Mais Steve Jobs n'en démord pas: "Si les prix grimpent, les clients vont se tourner de nouveau vers les sites pirates et tout le monde y perdra. S'ils veulent augmenter les prix, cela signifie qu'ils sont devenus "greedy". Le dictionnaire traduit "greedy" par "cupide". Les agences de presse, aimables, ont traduit par "gourmandes".La "cupidité" est bien sûr un sentiment totalement étranger à l'homme fort d'Apple. Lui vend la musique à bas prix pour populariser la vente légale en ligne, et il détient plus de 80% du marché américain légal de musique en ligne, sans quasiment faire de marge sur les quelque 500 millions de chansons vendues à ce jour. Accessoirement, il vend des baladeurs iPod pour l'écouter, et en tire de confortables bénéfices. Un ralentissement de l'activité d'iTunes Music Store pour cause de hausse des prix pourrait être préjudiciable aux ventes de l'iPod. Surtout au moment où il vient de lancer une pure merveille de design et de miniaturisation, l'iPod nano. Presque aussi plat qu'une carte de crédit (0,7 centimètre d'épaisseur), léger comme une plume mais doté de la si ergonomique molette de navigation qui a fait le succès de l'iPod, ce baladeur peut contenir 1.000 chansons. Un must dont la seule image sur une affiche déclenche une irrésistible envie. Seul hic pour les Français: le prix. Le modèle haut de gamme est vendu 319 euros, soit 70 de plus qu'en Allemagne et en Espagne.Outre la TVA plus élevée en France, c'est la redevance sur la copie privée, destinée à rémunérer les ayants-droits pour la copie de leurs oeuvres, qui est en cause. Doté d'une mémoire flash, l'iPod nano est beaucoup plus lourdement taxé que d'autres supports à disque dur. De 8 euros pour un iPod mini, la taxe passe à 51 pour le l'iPod nano. La Commission de la copie privée avait décidé en 2000 de taxer les mémoires flash proportionnellement à leur capacité. Depuis, cette dernière a explosé et la taxe a suivi. Une anomalie que la Commission a promis de corriger, peut être dès sa prochaine réunion, le 13 octobre, pour aligner la taxe à la baisse dès le 1er novembre. Mais Apple ne s'embarrasse pas de ces particularismes franco-français. Il a décidé de répercuter sur le prix de vente de l'iPod nano l'intégralité de la redevance pour copie privée. Pas question d'écorner ses marges en attendant sa baisse. De fait, cette attitude fait pression sur la Commission qui doit réagir très vite. Mais tout de même, n'est-ce pas un peu "greedy", Mr. Jobs?

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