Warren Buffett n'a plus d'argent ! ! !

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Le deuxième homme le plus riche du monde, après son ami Bill Gates, a liquidé son stock d'argent avant que le prix du précieux métal ne batte un record historique. Vexé, le président de Berkshire Hathaway clame que le marché des matières premières est devenu par trop spéculatif.

L'adage est bien connu, l'argent ne fait pas le bonheur. En tout cas, il ne fait plus celui de Warren Buffet, le président de la holding Berkshire Hathaway, qui, réunissant ses ouailles et actionnaires le week-end dernier à Omaha, Nebraska, a indiqué avoir cédé toutes ses réserves du précieux métal. Une annonce à laquelle ne sont pas restés insensibles les traders, de part et d'autre de l'Atlantique. Lundi matin, dès l'ouverture du New York Mercantile Exchange (Nymex), les contrats à terme sur l'argent à échéance de mai 2006 ont reculé de 2,3% à 13,57 dollars l'once.

Après avoir acheté un cinquième de la production mondiale d'argent en 1998, "l'oracle d'Omaha" a préféré prendre l'ensemble de ses bénéfices. "Il fut un temps où nous avons eu beaucoup d'argent mais désormais nous n'en avons plus", a tout simplement lâché le financier. Celui-ci a dû admettre devant les 24.000 adeptes venus écouter sa bonne parole qu'il "avait acheté trop tôt avant de revendre bien trop tôt", assumant seul la responsabilité de cette décision. "L'erreur m'est entièrement imputable", a admis le vieux "sage".

En février 1998, Berkshire Hathaway s'était porté acquéreur de 129,7 millions d'onces d'argent, annonce qui avait alors propulsé les prix du précieux métal de 10% en l'espace de deux séances. Las! Le "Michel-Ange des affaires" a revendu son stock d'argent bien avant que les cours mondiaux ne franchissent le cap de 14,68 dollars l'once voilà trois semaines, lorsqu'ils ont atteint leur plus haut niveau en vingt-trois ans. "Nous nous sommes fait quelques dollars à l'occasion" de la vente, a pondéré Warren Buffett.

Vexé d'avoir raté un bon coup, le "magicien d'Omaha" a dit tout le mal qu'il pensait désormais du marché des matières premières, tout en justifiant sa sortie du métal. "Ce que l'homme sage a entrepris au début, l'idiot le fera à la fin... n'importe quel actif dont le prix est tiré par des fondamentaux finira par attirer les spéculateurs", a affirmé le financier, dénonçant la "spéculation" qu'il constate actuellement sur le cuivre, dont le prix vient de battre un record historique, tandis que celui de l'or a récemment retrouvé son plus haut niveau en vingt-cinq ans.

S'il a donc tourné le dos au métal, Warren Buffett a aussi déclaré ce week-end qu'il n'avait plus l'intention de parier contre le dollar en investissant dans des contrats futures en devises étrangères. L'an dernier, ce petit jeu a coûté la bagatelle de 955 millions de dollars à Berkshire Hathaway qui, du coup, a réduit son exposition sur ce type de contrats de 61%, à 5,4 milliards de dollars.

On ne l'y reprendra plus. Warren Buffett, qui tarde à dévoiler le nom de son successeur, a affirmé que Berkshire Hathaway avait l'intention de concentrer ses investissements sur des sociétés dont la comptabilité est saine et le "business model" facile à cerner. A la veille du week-end, l'entreprise a annoncé avoir dépensé quatre milliards de dollars pour acquérir 80% du fabriquant israélien de machines-outils Iscar. Un retour, en somme, vers une stratégie qui, depuis qu'il a pris les rênes de Berkshire Hathaway en 1965, a plutôt réussi au deuxième homme le plus riche de la planète.

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