De la différence entre Hank Paulson et Antoine Zacharias

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Le premier a abandonné un salaire de 38 millions de dollars pour servir son pays. L'autre a cherché à avoir plus, toujours plus, sans rien rendre à la société. Une tradition différente de part et d'autre de l'Atlantique.

L'un est admiré, l'autre honni. Dans les deux cas, les hommes qui ont fait la une de l'actualité ces derniers jours ont respecté ce qui semble être une tradition sur leur continent respectif. Dans le premier, celui de Hank Paulson, il s'est agi d'abandonner un package de 38 millions de dollars par an, à la tête de l'une des plus prestigieuses banques du monde, Goldman Sachs, pour prendre les commandes du Trésor américain. Un poste où, même si l'on est au coeur de "l'empire", on fait en fait presque de la figuration. Le tout pour seulement 183.000 dollars par an...

Mais Hank Paulson peut se le permettre. Comme d'autres banquiers - on pense notamment à John Thain, lui aussi issu de Goldman Sachs et parti remplacer le flamboyant Dick Grasso à la tête du New York Stock Exchange, Hank Paulson n'a franchement plus besoin d'argent. Il "pèserait", selon l'expression américaine, 700 millions de dollars, rien qu'en actions Goldman. Bref, dans la grande tradition américaine, qui veut que l'on remercie Dieu et la société, surtout quand les deux vous ont bien traité, Paulson a décidé de "rendre" à la société.

La vision est pour le moins différente en Europe. Pas question de rendre quoique ce soit à qui que ce soit, au contraire, il faut, semble-t-il, obtenir toujours plus. C'est bien ce qui a fait tomber Antoine Zacharias, l'ancien patron de Vinci. A vouloir toujours plus - plus de salaire, plus d'avantages, plus de beaux appartements, plus de bonus, sa cupidité a fini par écoeurer.

Est-ce un rapport à l'argent bien différent de part et d'autre de l'Atlantique qui explique cette attitude diamétralement opposée? Ou le fait qu'un certain civisme soit encore vif aux Etats-Unis mais considéré comme naïf, quasiment, en Europe et en particulier en France? Ou encore, une foi, en soi et en Dieu, là aussi totalement différente entre les citoyens des deux zones?

Toutes ces d'explications sont plausibles, même si les Américains ne sont pas non plus des anges: certains patrons manquant de morale personnelle se sont aussi vus contraints de démissionner ces dernières années. Mais là aussi il existe une différence: il y a toujours, aux Etats-Unis, la possibilité de se racheter, de faire amende honorable et de retrouver sa place dans la société. Au contraire, en Europe, finalement, la loi est plus dure: on reste souvent paria ou on doit au moins se faire oublier. De quoi avoir le temps de savourer sa retraite au soleil...

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