L'honneur lavé de Halliburton

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Contre toute attente et dans une opacité totale, le Génie militaire a pratiquement innocenté le para-pétrolier qui était accusé de surfacturation en Irak. Le vice-président Dick Cheney, qui l'a dirigé pendant cinq ans, n'y est pour rien. Promis juré!

Blanc comme neige. Ou presque. Au terme d'une enquête démarrée en 2004, le Génie militaire vient d'innocenter Halliburton, le groupe para-pétrolier accusé par des parlementaires d'avoir surfacturé certains de ses contrats passés avec l'armée américaine en Irak. De fait, ce même corps d'armée a fini par lâcher l'essentiel de l'argent que lui réclamait la filiale d'Halliburton, Kellogg Brown & Root (KBR), au titre des dépenses qu'elle a engagées dans son travail de reconstruction de l'ancienne Mésopotamie.

Chargée dans le cadre d'un contrat de 2,4 milliards de dollars de restaurer des puits de pétrole puis d'extraire et de livrer de l'or noir irakien, cette filiale s'était vue contester 222 millions de dollars de facturation. Mais les auditeurs du Pentagone ont rendu leur verdict: seuls 9 millions de dollars auraient été surfacturés ou indûment réclamés par l'entreprise qui, pour sa défense, évoque de " petits ajustements liés à des coûts administratifs ".

En théorie, cette conclusion n'aurait pas dû susciter de polémique aux Etats-Unis si elle n'avait pas été accompagnée de surprenants commentaires du Génie militaire. " Dans le cadre d'un contrat de remboursement des dépenses engagées, un contractant n'est pas tenu d'accomplir sa mission parfaitement pour avoir le droit d'être remboursé ", a indiqué sa porte-parole Rhonda James.

Pour la minorité démocrate, c'est un peu court. D'autant que l'armée a procédé au " remboursement " de KBR en catimini et s'est jusqu'à présent refusée à divulguer les pièces justifiant sa décision. L'affaire n'est pas close et Henry Waxman, membre de la Commission de la réforme gouvernementale de la Chambre des représentants, se démène pour qu'une action en justice soit menée.

Reste que pour Halliburton, les conclusions du Génie sont... géniales! Voilà le groupe lavé des accusations qui pesaient sur lui depuis l'intervention américaine en Irak voici trois ans. L'entreprise a-t-elle profité du fait qu'elle a été dirigée par le vice-président Dick Cheney de 1996 à 2000? "Non!", clament en choeur l'intéressé et le président George W. Bush.

Rien ne prouve en effet que Cheney soit personnellement intervenu pour faire de son ancienne entreprise le principal contractant de l'armée américaine en Irak, raflant de faramineux contrats, parfois sans qu'aucun appel d'offre n'ait été lancé. Depuis 2003 toutefois, le groupe est devenu le septième plus important contractant de l'armée américaine, alors qu'il languissait au trente-septième rang auparavant. Une performance saluée par Wall Street où l'action a bondi de 56% en un an.

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