Banque Mondiale : Paul Wolfowitz se rapproche de la porte de sortie

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Le comité d'éthique ad hoc chargé d'enquêter sur la spectaculaire hausse de salaire accordée par le président de la Banque Mondiale à sa compagne Shaha Riza estime qu'il a violé le règlement intérieur. Paul Wolfowitz a trois jours pour s'expliquer. Le conseil d'administration de la Banque Mondiale pourrait décider de démissionner son président en fin de semaine.

L'étau se resserre un peu plus sur le président de la Banque Mondiale. Le comité d'éthique chargé d'enquêter sur la forte hausse de salaire dont a bénéficié sa compagne estime que Paul Wolfowitz a violé les règlements de l'institution en intervenant dans le processus de promotion et d'augmentation de Shaha Riza. Selon une source proche du conseil d'administration de la Banque Mondiale, la commission a jugé qu'il y avait effectivement eu conflit d'intérêts.

La commission, qui a présenté lundi ses conclusions à l'intéressé, ne formule toutefois aucune recommandation sur les conséquences à tirer pour son avenir. L'ancien numéro deux du Pentagone, l'un des principaux promoteurs de la guerre en Irak, s'est vu accorder trois jours pour répondre aux conclusions de la commission. Une réunion des 24 membres du conseil d'administration est ensuite prévue pour examiner le rapport, peut-être vendredi, et pour décider de son sort.

Lundi, Kevin Kellems, l'un des deux principaux conseillers de Paul Wolfowitz a démissionné, invoquant la crise actuelle qui l'empêcherait d'agir efficacement à la tête de l'institution. Il avait en fait contribué à envenimer l'affaire par ses déclarations. Interrogé par la presse, Kevin Kellems avait assuré que l'augmentation de salaire octroyé par Paul Wolfowitz à Shaha Riza avait reçu le feu vert du Conseil d'administration. Or, les administrateurs ont affirmé qu'ils n'avaient pas été informés de cette promotion et qu'ils l'avaient encore moins approuvé.

Paul Wolfowitz, qui bénéficie toujours du soutien de la Maison Blanche, continue de faire face à la fronde des principaux actionnaires européens. "C'est impossible pour la Banque Mondiale d'aller parler partout de bonne gouvernance sans qu'il y ait une bonne gouvernance à l'intérieur de la Banque", a déclaré mardi le ministre belge des Finances Didier Reynders. La veille, le ministre néerlandais des Finances, Wouter Bos, soulignait à Bruxelles la nécessité de ne pas nuire à l'image de la Banque mondiale qui "ne peut faire du bon travail que si elle a bonne réputation".

En fin de semaine dernière, plus de 700 employés de la Banque mondiale ont signé une lettre dans laquelle ils expriment leur inquiétude et réclament un règlement rapide de la crise. Mais il n'est pas exclu, dit-on de source proche du dossier, que Washington mette tout son poids dans la balance pour permettre à Paul Wolfowitz de rester, en faisant pression sur les directeurs, notamment les Européens. La Maison Blanche a dit à plusieurs reprises que le président George Bush avait toute confiance en Paul Wolfowitz, qui se présente comme la victime d'une campagne de dénigrement.

Le conseil d'administration, qui a jusqu'ici tergiversé dans l'attente d'une décision de la Maison Blanche, pourrait donc être conduit à prendre la décision sans précédent de démettre le président de la Banque Mondiale.

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