Quand le dragon éternue

Les secousses en Asie de la fin février défient le vieil adage selon lequel quand les Etats-Unis éternuent, le reste du monde tousse. Avec la très forte expansion économique de la Chine dans le monde, de nombreux investisseurs se tournent maintenant plutôt vers les économies de l'Est que vers celles de l'Ouest. Aussi, si le dragon chinois éternue, le reste du monde va-t-il s'enrhumer à son tour ? Le point de vue de Lilian Co, gérante du fonds Baring Hong Kong China.

Les événements récents vont dans le sens d'un impact sur les marchés financiers. Le marché chinois des actions "A" a fortement baissé le 27 février, avant de regagner une partie du terrain perdu. Dans la foulée, les bourses américaines et européennes ont cédé une partie de leurs récentes hausses.

Comme raisons de cette chute, on peut pointer du doigt la forte valorisation des actions chinoises "A" et les inquiétudes liées à la hausse des exigences en termes de réserves. Cependant, ces événements sont intervenus avant le nouvel an chinois et le marché avait eu le temps de digérer ces nouvelles. Nous croyons plutôt que ces prises de bénéfices ont été déclenchées par l'effet cumulé d'inquiétudes persistantes sur les taux d'intérêt dans le monde et du très fort rally sur les marchés dans les semaines qui ont précédé le nouvel an chinois.

Après les remarquables performances enregistrées à Hong Kong et en Chine ces dernières années, il est facile d'oublier que la volatilité des bourses était à son plus bas sur dix ans avant cet accès de faiblesse. Alors qu'à travers le monde les banques centrales augmentent leurs taux d'intérêt, il n'est que normal de voir une hausse de la volatilité. Cependant, anticiper une hausse de la volatilité n'implique pas qu'il faille devenir plus négatif sur les perspectives des bourses asiatiques.

Même si nous ne nous attendons pas à une réédition de l'année 2006, nous sommes positifs sur les perspectives pour la bourse chinoise cette année. Les valorisations ne sont plus aussi attractives qu'elles ne l'étaient il y a douze mois et il n'y a plus non plus de nouvelles offres publiques sur le marché pour y attirer des flux de capitaux. Néanmoins, les fondamentaux de l'économie et le contexte pour les entreprises restent porteurs pour les investisseurs.

Avec un taux de croissance annuel prévisionnel du PIB de 9 à 10 %, nous pensons que les sociétés vont conserver de bonnes perspectives de croissance et de bénéfices. Si on y ajoute une amélioration de la gouvernance des entreprises, nous nous attendons à un relèvement de la notation des actions chinoises, ce qui contribuerait à soutenir les cours en 2007.

Pour 2007, notre principal thème d'investissement reste la consommation domestique, dont la tendance est nettement haussière compte tenu de l'accumulation de richesses depuis plusieurs années de forte croissance économique. Un second thème est lié aux bénéfices de la hausse des dépenses d'infrastructure. Dans son dernier plan quinquennal, le gouvernement chinois a fait des investissements d'infrastructure une de ses priorités. Aussi croyons-nous que les valeurs liées à ce secteur devraient, à terme, en bénéficier.

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