La manipulation de cours coûtera 604 millions d'euros à WestLB

WestLB a fortement revu à la hausse, à 604 millions d'euros, le coût des manipulations boursières hasardeuses découverte au printemps dernier, alors même qu'une enquête vient d'être ouverte sur des membres de son directoire.

L'été a un goût toujours aussi amer pour la WestLB. Déjà secouée par de nombreuses difficultés, la banque allemande a dû revoir à la hausse le coût des spéculations boursières hasardeuses découvertes le printemps dernier. Certains salariés auraient manipulé des cours de clôture, afin d'inscrire des bénéfices importants et s'assurer des bonus en conséquence. Jusqu'à présent, WestLB tablait sur une charge de 243 millions d'euros, tandis que la presse misait sur 500 millions d'euros. Mais c'est encore pire: selon le dernier décompte, les agissements spéculatifs de ces salariés devraient coûter 604 millions d'euros à la banque de Düsseldorf. Du coup, les résultats semestriels de l'établissement bancaire passent dans le rouge. WestLB accuse une perte nette de 170 millions d'euros.

Et la banque n'est pas encore tirée d'affaire. Le parquet de Düsseldorf a ouvert mercredi une enquête contre sept membres du directoire de la WestLB, dont l'ancien patron Thomas Fischer, suite à la découverte d'un rapport tronqué en juin 2006. La justice allemande examinera s'il y a eu manquement du devoir de communication du directoire à l'égard du Conseil de surveillance.

Et pour tout arranger, la banque est exposée à la crise du subprime. WestLB a reconnu être engagée à hauteur de 1,25 milliard d'euros sur le secteur des prêts hypothécaires à risque aux Etats-Unis. Elle a d'ailleurs provisionné 50 millions d'euros au premier semestre.

Avec un total de bilan de 296 milliards d'euros à la fin juin, WestLB souhaite rassurer les marchés sur sa performance annuelle. La banque prévoit toujours un bénéfice imposable si la crise du subprime ne s'aggrave pas. En 2006, elle avait réalisé un bénéfice net record de 799 millions d'euros, après plusieurs années difficiles.

L'avenir de la WestLB, prise dans la tourmente, est de plus en plus incertain. Les deux groupes de caisses d'épargne qui en détiennent la majorité veulent la rapprocher avec la banque publique régionale LBBW. Mais l'Etat régional, détenteur de 38% du capital, s'oppose à la cession, préférant envisager toutes les options avant de se séparer de WestLB.

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